Ueber Staar und Staaroperationen nebst anderen Beobachtungen und Erfahrungen / von Eduard Jaeger.
- Jaeger, Eduard, Ritter von Jaxtthal, 1818-1884.
- Date:
- 1854
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Credit: Ueber Staar und Staaroperationen nebst anderen Beobachtungen und Erfahrungen / von Eduard Jaeger. Source: Wellcome Collection.
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![Rien ne resseml>le plus ä la vive pei-suasioti quc Ic mauvais enretement: de la les parti';, les laloles , Ifs lieresies. — L'on nc pense pas toujours consiamm*n( d'an nieme sujet: 1' enietement et le dej;out se suivent de pres. Les grandes clioses «tunnenr, et les petites relmrent; nous nuus apprivoisuns avec les unes et les aufres par riiahiturie. Deux clioses tou'es i-ontraircs nous pre'viennent e'salemenf, riial>itude e» la nouveautc. II n' y a rien de plus has , e( qui convienne mieux au peuple , que de parier en des termes magnUiques de ceux memes dont 1' on pensait tres-modesfcmeni avant leur e'leva'ion. La faveur des prinies n' extUt pas le me'ritc , et ne le suppose pas aussi. de nous en servir puur pryjioncer sur le merite de« autres : la vojue , la faveur populaire , celle du prince , nous entrainent cumme un (orrent ; nous louuns ce «jui est loue, liien plus que ce qui est louftble. Je ne sais s' il n' y a rien au monde quj coüte davanta;« i approuver ei ä louer que ce qui est plus digne d* approtia'ion et de louan*e, et si lavertu, le meVUe, la beaut_e , les Lonnes actions , les beaux ouvra^es , ont un effel plus naiurcl et plus sür que l'envie, la jalwu-^ie et ['antipaHiie. Ce n* est ])as d'un saint dont un devot sait dire du bien , mais d' un «utre devot: si une belle femme approuve la beaute d' une aufre femme, on peut conclure qu' eile a mieux que ce qu' eile approuve ; faible penie ä s'approuver reclproquement ; attion, conduite , pensee , expression , rien ne plait , rien ne contenie ; ils sul>stituetit ä la place de ce qu'on leur recite , de ce qu'on leur dit , ou de ce qu' on leur lit , ce qu' ils auraient fait eux-memes en pareille conjoncture , ce qu' ils penscraient ou ce qu ils e'criraient sur un tel suje', et ils sont si Pleins de leurs ide'es , qu'il ny a plus de place pour cellcs d'autrui, Le commun des lioinmes est si enclin au det-e*!cineni et ä la ba;;atelle, et le monde est si plein d' exeniples ou pemiiieux ou ridicules , que je croirais assez que 1' espril de singularite, s' il pouvait avoir ses bomes et ne pas aller irop loin, approclierail fort de la droiie Nro. 2. raison el d'une conjuite reguliere. II faut faire comme les aulres ; maxime suspecle, qui signifie presque toujours , il faul mal faire, des qu'on s'etend au delä de ces choses purement exterieures, qui n'ont point desuite, qui dependent de l'usage, de la mode ou des bienseanees. Si les liommes sont hommes plutut qu'ours et pantheres , s'ils sont equitables, s'ils se font justice a eux-memes , et qu'ils la rendenl aux aulres, que deviennent les lois , leur texte, et le prodigieux accablement de leurs commentaires ? que devient le petiloire et le possessoire, et toul ce qu'on appelle jurisprudence ? oü se reduisent meme ceux qui doivent f out leur relief et toute leur enflure ä 1'autorite oü ils sont etablis d • faire valoir ces memes lois? Si ces niemes hommes ont de la droiture et de la sincerite , s'ils sont gueris de la prevenlion , oii sont evanouies les dispules de l'ecole, la scolastique et les conlroverses ? S'ils sont temperants, chasles et moderes , que leur sert le mvsterieux jargon de la medecine. et qui est une mine d' or pour ceux qui s' avisent de le parier? Legisles , docteurs, medecins , quelle cbüle pour \ ous , si nous pouvions tous nous donner le mot de devenir sages. De eombien de grands hommes dans les differents exer. ices de la paix et de la guerre aurait-on du se passer I A quel point de perfection et de raffinement n' a-t-on pas porte de certains arls et de certaines sciences qui ne devaient point elre necessaires, et qui sont dans le monde coinme des remedes ä tous les maux, dont notre malice est 1* unique source! Que de choses depuis Varron , que Varron a ignorees ! Ne nous suffirait-il pas meme de n' etre savants que comme Piaton ou comme Socrate? Tel , ä un sermon , ä une musique ou dans une galerie de peintures, a entendu ä sa droite et ä sa gaucbe , sur une cliose precisement la meme , des sentiments precisement opposes; cela me ferait dire volontiers que l'on peut hasarder , dans tout genre d'ouvrages, d'y meKre le hon el le mauvais; le hon plait aux uns, le mauvais aux Nro. 3. autres ; I' on ne risque guere davantage d' y mettre le pire , il a ses partisans. Le phenix de la poesie chantante reiiait de ses ceiidres ; il a vu mourir et revivre sa reputation en un meme jour; ee juge meme si infaillible et si ferme dans ses jugements, le public, a varie sur son sujet; ou il se trompe , ou il s' est trompe: eelui qui prononcerait aujourd'hui que 0 en un ccrtain genre, esl mauvais poele, parlerait presquc aussi mal que s'il eiit dit il y a quelque temps, il est hon poete. C. P. etait riche, et C. N. ne 1' etait pas; la Pucelle et Rodogune meritaient chaoune une autre aventure : ainsi 1' on a toujours demande pourquoi, dans teile ou teile profession , celui-ci avait fait sa fortune, et cet autre l'avait manquee; et en cela les bommes cherchentla raison de leurs propres caprices, qui, dans les conjonctures pressantes de leurs affaires, de leurs plaisirs , de leur sante , et de leur vie , leur font souvent laisser les meilleurs et prendre les pires. La condition des comediens elait infame cliez les Romains, et honorable chez les Grecs: qu'est eile chez nous'? On pense d'eux comme les Romains , ou vit avec eux comme les Grecs. II suffisait a Bathylle d'etre pantomime pour etre conru des danjes romaines , a Rhoe. de danser au theätre, a Roscie et a Nerine , de representcr Nro. 4. dans les choeurs, pour s'attirer une foule d'amants. La van te et l'audace, suites d'une trop grande puis- sanee, avaieiit ote aux Romains le goüt du seeret et du mystere; ils se plaisaient a faire du theätre public eelui de leurs ainours ; ils n'etaient point jaloux de 1'amphitheatre , et partageaient avec la multitude les Charmes de leurs maitresses; leur goiit n'allait qu'ä laisser voir qu'ils aimaient, non pas une belle personne, ou une excellente comedlenne, mais une comedienne. Rien ne d*»couvre mieux dans quelle disposition sont les hommes ä l'egard des sciences et des belles-lettres, et de quelle utilite ils les eroient dans la repu- blique, que le prix, qu' ils y ont mis, et 1' ide'e qu'ils se forment de ceux qui ont pris le parti de les cultiver. II n' y a point d' art si me'eanique, ni de si vile condition, oü les avantages ne soient plus siirs , plus prorapts et plus solides. Le comedien couche' dans son carrosse jette de la boue au visage de Corneille qui est ä pied. Chez plusieurs, savant et pt^dant sont synonymes. Souvent oü le riche parle et parle doctrine , c'est aux doctes a se taire, ä eoouter, a applaudir, s' ils veulent du moins ne passer que pour doctes. II y a une sorte Jaeger, Staar und Staaroperation.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2128474x_0173.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)