Recherches historiques et critiques sur l'étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde / par Noël Gueneau de Mussy.
- Gueneau de Mussy, Noël.
- Date:
- 1877
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Credit: Recherches historiques et critiques sur l'étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde / par Noël Gueneau de Mussy. Source: Wellcome Collection.
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![CRlTlQlîK DE LA DiICTRIXE DE \.\ l'HOTOGENÈSE. Qiioi([u'il en soil, il n'en est pas moins vrai que, dans beaucoup de cas, on ne peut pas trouver le point de départ de la contagion dans les maladies les plus contagieuses; et, si cette obscurité d'origine suffit pour affirmer le développement spontané de la fièvre typboïde, la logique exige que cette interprétation s'applique à la variole. Je sais bien que certains médecins ne reculent pas devant cette conséquence et admet- tent que la variole peut naître de nooo (1). Mais cette opinion a peu do partisans, et, comme le dit le docteur Watson, l'histoire de celte maladie conduit à une conclusron tout op- posée. « En effet, elle était inconnue en Europe avant le commencement du huitième siècle. Les anciens médecins, dont les œuvres ont traversé les âges, n'en font aucune mention, et ils étaient des observateurs trop exacts et trop attentifs pour passer sous silence une maladie si envahis- sante, manifestée par des caractères si remarquables et si ai)parents, s'ils l'avaient eue sous les yeux (2). D'un autre côté, M. Moore, dans son Histoire de la variole, a montré que cette affection existait dans la Chine et dans l'indoustan plus de mille ans avant l'ère chrétienne. La séques- tration des malades ordonnée parles lois, la mer et les déserts qui sépa- rent l'Orient de l'Occident, la rareté et la lenteur des communications ont empêché que cette affection pénétrât plus tôt en Euro[)e. » Une fois introduite, elle s'y est répandue rapidement, pour n'en ])lus sortir, et y a fait d'épouvantables ravages. » Les conditions qui en favorisent l'évolution préexistaient donc dans nos contrées avant qu'elle y éclatât. )> Ces mêmes circonstances se sont reproduites en Améri([ue : avant l'arrivée de Colomb, en 1692, la variole y était inconnue. En 1517, la maladie fut importée à Saint-Domingue ; trois ans plus tard, dans une expédition des Espagnols de Cuha au Mexique, un nègre couvert depus- j'ai rencontre des malades pris de variole, huit à dix jours après une visite qu'ils avaient fiiite dans une salle d'iiùpilal où se trouvaient des varioleux, sans même s'être appro- ches des lits de ceux-ci. J'ai très-souvent dirige mes interrogatoires dans ce sens, et j'ai obtenu, dans beaucoup de cas, une réponse affirmative. (1) Docteur ChaufTard, Traite de la spécificité. — Trousseau, Clinique médicale, ti 1., art. : Contagion. (2) Dans les nombreux luisles-portraits que l'art antique nous a légués, et qui re- produisent souvent avec une scrupuleuse fidélité les défauts du visage liumain, pas un seuL comme on l'a remarqué^ ne représente les eu)prcintes de la variole. J'ai moi- même vainement étudié, à ce point de vue, les principales collections de France et d'Italie.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22295562_0104.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


