Recherches historiques et critiques sur l'étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde / par Noël Gueneau de Mussy.
- Gueneau de Mussy, Noël.
- Date:
- 1877
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Credit: Recherches historiques et critiques sur l'étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde / par Noël Gueneau de Mussy. Source: Wellcome Collection.
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![)^ Pour biiMi apprécier quelle énergi(]ue spécificité marque la genèse des poisons contagieux dans le corps humain, songeons qu'ils sont nom- breux, que tous sont multipliés dans le même milieu, nourris, par con- séquent, des mêmes matériaux organi([ues, qu'ils sont régis par la même loi, et que, néanmoins, chacun d'eux provoque une série de modifica- tions fonctionnelles qui aboutit constamment à la reproduction de son espèce propre : la variole engendre la variole ; la scarlatine engendre la scarlatine, et ainsi pour les autres. La variole et la rougeole sont actuel- lement à Londres ce qu'elles étaient en Arabie du temps de Rhazès; ce qu'elles sont chez les habitants de Londres, elles le sont également chez l'Indien de la prairie d'Amérique ou chez le nègre de la Côte d'Or. » Dans les races les plus diverses, dans les climats les plus variés, dans la diversité des temps comme dans celle des lieux, ces maladies présentent les mêmes caractères essentiels ; elles traversent une multi- tude de générations humaines, perpétuant leur espèce et maintenant leur identité propre par des signes distinclifs, aussi nettement tranchés que ceux qui séparent la ciguë du pavot, ou l'aspic de la vipère. Est-il vraisemblable que des agents (\m se reproduisent ainsi puissent naître d'une autre manière? » Un autre argument en laveur de l'origine unique des principes con- tagieux, c'est que la plupart des fièvres qu'ils produisent sont particu- lières à l'homme. S'ils pouvaient se développer en dehors de l'organisme humain, comment ne pourraient-ils y)as se multiplier dans le corps des animaux composés comme nous de chair et de sang, si semblables aux nôtres, et dont nous tirons notre subsistance? Ils constituent pour ces principes un milieu très-analogue à celui que nous pouvons leur oiïrir ; cependant dans des localités comme Chaiïcombe (observ. XLIV),- où presque tous les habitants furent atteints par l'action contagieuse, des chats, des chiens, des volailles, des bestiaux, des chevaux et des porcs remplissaient la cour; ils buvaient l'eau d'une mare infectée par le tribut d'un égout qui recevait toutes les déjections des malades, et ils continuèrent à jouir d'une excellente santé. » Le docteur Murchison a nourri un porc pendant trois mois avec les excrétions alvines de malades affectés de fièvres typhoïdes, v\ cette étrange addition à son régime habituel n'eut pour l'animal aucun incon- vénient. » D'une autre part, les animaux sont sujets à des maladies spécifiques, dont le plus grand nombre ne sont pas transmissibles à l'homme. » Si ces contagions ne se reproduisent pas dans des espèces animales](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22295562_0099.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


