Introduction à la biologie expérimentale : les êtres organisés, activités, instincts, structures / par Paul Vignon.
- Paul Vignon
- Date:
- [1930]
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Credit: Introduction à la biologie expérimentale : les êtres organisés, activités, instincts, structures / par Paul Vignon. Source: Wellcome Collection.
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![tement s’effectue dans les mêmes conditions : il est toujours Y effet [je- souligne], d un processus nerveux complexe lié aux circonstances et se répé- tant semblable à lui-même quand les circonstances se renouvellent. [Ce com- portement] , l’animal, quel qu’il soit, ne l’apprend pas, il le sait [avons- nous coutume de dire, mais il le sait, soi-disant], parce qu’il l’effec- tue nécessairement et ne peut en effectuer un autre. » Tâchons de bien comprendre ce long passage... « Ce sont les circonstances extérieures, nous dit-on, qui agissent ». Par conséquent (ma fig. 168) la flèche du geste ne fait qu un avec la llèche du stimulus. Le stimulus nous t r a- ^ erse . physico-chimique en tant qu’excitation, il rencontre, il franchit des amas purement physico-chimiques eux-mêmes ; de proche en proche le mouvement antécédent ne cesse pas d’engendrer fatalement le consé- quent ; le mouvement conséquent est la cause mécanique, à son tour, du suivant, et ainsi de suite jusqu’à ce que tel membre ait remué. Il y a « instinct » quand, mécaniquement parlant, les voies de conduction sont fixées. Il y a « intelligence » [!] quand il se peut, mécaniquement,, aveuglément toujours, que l’influx nerveux passe par ici, ou bien par là. Mais jamais il n’y a choix : une voie est physico-chimiquement plus facile^ plus ouverte que la voisine, et voilà tout... Ainsi, jamais un geste n’est plus avisé ni plus habile qu un autre geste : il est celui qu’une plus grande souplesse des molécules a désigné, et imposé. Jamais une parole humaine n’est, en soi, fine, ou sotte : car, une parole, c’est un geste. Jamais un écri- vain n a raison, et jamais il n a tort : son opinion est moléculairement né- cessaire, elle est donc, dans tous les cas, automatiquement et fatalement ce qu elle doit être... Ainsi tout ce que pense un auteur est irréfutable. M. Rabaud est irréfutable. Je suis, du même coup, irréfutable. Et d’ailleurs il n’y a personne, ici, pour approuver ou pour blâmer. « Moi » par exemple, à cette seconde, je suis un enchaînement d'actions physiques à travers quoi passent les conséquences matérielles clés stimuli : cette façon d’exister qui est la mienne ne fait pas de moi un être, un être dont le juge- ment soit juste, ou faux, mais un agrégat brut, noyé dans un univers mort. N’est-ce pas, j’ai bien compris ? C’est bien cela que l’on veut dire ? Alors je reviens aux chiens de M. Rabaud. Est-ce pour des raisons pure- ment physiques qu’ils en agissent comme ils le font ? Eh bien non. Voyons- les par exemple galoper dans le lit desséché de leur torrent. Il y a là des inégalités du sol ; il y a là des pierres, grandes ou petites. Tels qu’ils nous sont dépeints, au premier obstacle, ces animaux vont capoter. — Mais on m arrête. Cet obstacle, ils le verront ! —- Non : ils ne « verront » quoi que ce soit. Il y aura des enchaînements de mouvements antécédents et conséquents, mais il n’y aura pas l’état subjectif de conscience appelé vision. Cela, pour deux motils : 1° il n’existera que des mouvements, et point d’activités, de qualités secrètes ; 2° personne ne sera là pour être le siège d’un de ces impossibles états qualitatifs internes. Pourtant je feins N](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29817638_0108.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)
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