Introduction à la biologie expérimentale : les êtres organisés, activités, instincts, structures / par Paul Vignon.
- Paul Vignon
- Date:
- [1930]
Licence: In copyright
Credit: Introduction à la biologie expérimentale : les êtres organisés, activités, instincts, structures / par Paul Vignon. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![recherches. Les directions des sorties étant quelconques, les rayons se répartissent sur le pourtour du gîte... Mais voici que par hasard un des trajets rencontre une poignée de graines : la fourmi saisit une de ces graines, puis revient au gîte par une marche rectiligne, en aveugle, et comme lancée ; après quoi elle repart, suivant la direction pour quoi elle est polar i s é e, et retrouve ainsi les graines. D'autres la suivent ou la rejoignent : une route s'est faite (1). La fourmi qui aura, la première, trouvé des graines repartira en s’éloi- gnant du nid dans la direction exacte de ces graines, et cela sur un terrain que pourtant M. Cornetz aura aussitôt lavé, balayé, voire trans- formé. Le deuxième aller n’en sera pas moins déjà presque aussi droit et net que le premier Retour l’avait été. Si l’insecte est seul à retourner aux graines, les allers successifs ne seront pas plus justes en direction que le second. Il s’agit bien entendu de la direction m o y e n n e. Le « rayon » de Huber est fait d’une suite de longues sinuosités aplaties sur un axe... Or, dans les steppes sahariennes, les pistes des bergers et chasseurs sont ainsi. « Fourmi, ou homme pour qui la civilisation n’a pas émoussé un certain sens primitif, l’on dirait, écrit M. Cornetz, que hêtre en mouvement com- pense les erreurs successives qu’il peut faire par rapport à un vecteur in- terneassocié au sentiment de la position du but invisible dans Vespace ». Mais la fourmi ne s’oriente-t-elle pas tout bonnement sur le soleil, ou à défaut sur un éclairage artificiel ? Telle était en effet l'opinion de Lubbock, i. Huber (1810, p. 161, en bas) m’écrit M. Cornetz, savait que les routes des four- mis s’en vont au loin comme des rayons. E. Robert (1842, p. 153) disait, à son tour, que les fourmis ont un instinct qui les fait aller en ligne droite. Mais ni l’un ni l’autre ne se demandaient encore quelle origine les trajets collectifs pouvaient avoir. Certains ont pensé que les routes dépendaient des commodités locales ; mais pourquoi, répon- dra-t-on, ces commodités engendreraient-elles des trajets inclus dans une bande de terrain rectiligne ? Voici maintenant les passages de Robert (1842, p. 153) à quoi M. Cornetz fait allu- sion dans sa lettre. Il s’agit de Formica rufa. « Toutes les routes, écrit l’auteur, vont à peu près en droite ligne depuis la fourmilière jusqu’à leurs extrémités, quelle que soit d’ailleurs la configuration du sol. Elles ne se détournent que dans le voisinage de gros arbres, mais ne tardent pas à reprendre leur direction primitive [Je souligne]. Dans la première des fourmilières examinées par moi, deux de ces routes, après avoir parcouru, depuis leur origine, une surface parfaitement plane, traversaient en ligne droite une profonde excavation. Elles reparaissaient de l’autre côté sans avoir changé de direction. Cette tendance de la fourmi à se créer des chemins en ligne droite était encore manifeste dans la seconde fourmilière. Là, une de leurs routes, après avoir traversé successivement quatre ravins profonds et autant de collines, allait aboutir à une cépée de chêne située au bord d’un chemin. Les fourmis, qui étaient sans doute à la recherche de pucerons, montaient sur les arbres qui composaient la cépée, et en descendaient pour retourner immédiatement à leur demeure, éloignée alors de deux cents trente pieds environ. » En note, Robert ajoute ceci (Ibid.) «Bonnet remarqua un jour « de petites fourmis qui montaient à la file, et une à une, le long d’un mur ». Il vit « qu’elles suivaient cons- tamment la même ligne, « qui était à peu près droite ». Ces faits ne tendraient-ils pas à prouver que ce mode de progression... est propre à toute la famille ?... Huber dit que « les fourmis ailées s’écartent de leur nid en lui tournant le dos et vont, en « ligne droite, à une distance d’où il ne serait pas même facile de les apercevoir ». N’est- ce pas le même instinct, qui dirige les fourmis aussi bien sur le sol que dans l’air ? ». C’est Robert qui met en italiques, les expressions ci-dessus soulignées.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29817638_0045.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)