Etudes de thérapeutique et de matière médicale / par Antoine Petroz ; mises en ordre, annotées et précédées d'une introduction sur sa vie et ses travaux, par A. Crétin.
- Petroz, Antoine Pierre Marie.
- Date:
- 1864
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Credit: Etudes de thérapeutique et de matière médicale / par Antoine Petroz ; mises en ordre, annotées et précédées d'une introduction sur sa vie et ses travaux, par A. Crétin. Source: Wellcome Collection.
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![il faisait néanmoins en sorte de produire sur chacun une impression favo- rable, par un mot, par un sourire, par un geste, qui en disaient plus que toutes les phrases conyentionnellos et l'expression d'un banal intérêt. Son dévouement à toutes les douleurs ne connaissait point do bon]cs. Poui' l'accomplissement d'un devoir il ne reculait devant aucune fatigue. Je l'ai vu, à plus de soixante-lreize ans, se relever la nuit, et, appelé en même temps que moi, arriver avant moi auprès de notre malade. Combien de fois n'est-il pas revenu de la campagne tout exprés, le dimanche, pour visiter un seul malade qui kii donnait de l'inquiétude? Quant à son désintéressement il était passé en proverbe. Il n'envoyait de notes d'honoraires qu'après des instances plusieurs fois réitérées de la part de ses clients. Il poussait quelquefois la délicatesse à l'excès. Un jour, une dame, après avoir pris une consultation pour elle-même, lui demanda son avis pour un de ses enfants qui l'accompagnait. Elle dépose sur le bureau deux pièces de vingt francs. Antoine Petroz lui remettant une des deux pièces : (( C'est trop du double, lui dit-il; madame, veuillez reprendre ceci. — Mois, docteur, réplique la cliente, il y a deux consultations. — Oui, reprend Petroz, mais en une seule. » Et il ne consent pas à accepter la seconde pièce. La dame se retira, formalisée de ce procédé, prétendant qu'elle était bien libre d'honorer son médecin comme elle l'entendait, et non selon l'idée que ce- lui-ci pouvait se faire de sa fortune. Les pauvres étaient soignés comme les riches par Antoine Petroz. Il leur avait réservé, comme un petit salon, sa bibhothèque. Quelques-uns tenaient absolument, sous peine de ne pas revenir, à lui remettre un faible témoi- gnage de leur gratitude. Pour ne les point humilier Antoine Petroz acceptait, si peu que ce fût. Cette obole du pauvre, il la rendait au pauvre au centuple. Il saisissait toujours l'occasion de faire deux bonnes œuvres plutôt qu'une seule. J'ai dit déjà la première impression que produisit sur moi Antoine Petroz. Son maintien était digne et sévère ; ses manières simples, et, par cela même, distinguées, son regard franc et doux, sa physionomie ouverte et expressive. Le portrait placé en tête de ce volume, en dira plus aux yeux et à l'esprit que tout ce que je pourrais ajouter. Plusieurs portraits d'Antoine Petroz ont été faits à diverses époques. J'en connais quatre. Le premier, daté de 1815, est une miniature due à Muneret. Elle repré- sente Antoine Petroz à trente-deux ans, dans toute cette beauté de la jeu- nesse qui a été admirée de tout Paris, et qui lui a valu un si grand succès dans le monde. Le second est de madame Haudebourg-Lescot. La chevelure grisonnante, bouclée, le front largement découvert, la mâle expression des traits, la fer-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21072024_0040.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


