Les pansements et la mortalité : épidémie et contagion, ferments et microbes : leçons d'ouverture du cours de clinique chirurgicale Hôpital Necker (novembre 1884) / par Léon le Fort.
- Le Fort, Léon Clément, 1829-1893.
- Date:
- 1885
Licence: Public Domain Mark
Credit: Les pansements et la mortalité : épidémie et contagion, ferments et microbes : leçons d'ouverture du cours de clinique chirurgicale Hôpital Necker (novembre 1884) / par Léon le Fort. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by The Royal College of Surgeons of England. The original may be consulted at The Royal College of Surgeons of England.
32/90 page 26
![fait dans les hôpitaux de l’Angleterre, de l'Allemagne, de la Russie, mieux que ce qui se fait à Paris. J’ai vu opérer la plu- part des grands chirurgiens de l’Europe, Fergusson, Syme, Paget, Lawrence, Langenbeck, Esmarch, Billroth, etc. ; j’ai vu quand j étais élève, aide d’anatomie, prosecteur, candidat au bureau centra], opérer mes maîtres d’alors, je n’ai jamais vu opérer aucun de mes collègues, mes contemporains. Quant à mes cama- rades d’études, de concours, je ne les ai jamais vus dans leur services, ils ne m’ont jamais vu dans le mien. D’ailleurs, je dois le reconnaître, il manquait quelque chose au succès de mes idées. J’avais proclamé la contagiosité de l’in- fection purulente; je niais les épidémies en dehors de la conta- gion, mais pour prouver ce fait je n’avais fait que recourir à l’ob- servation, que rapprocher les faits, comparer les résultats de quelques centaines de milliers d’accouchements; il me manquait de pouvoir montrer le microbe qui fait, paraîtrait-il, la con- tagion, et je n’avais sacrifié aucune hécatombe de chiens ou de lapins. Et puis, les précautions que j’employais n’avaient rien qui pût frapper l’imagination ; proscrire les éponges, se laver minu- tieusement les mains, panser simplement les malades en évitant toute cause de contamination, qu’était-ce que cela? Toutefois, il y avait un pas de plus à faire, et ce pas je ne l’ai fait que plus tard en 1869. Je me bornais par des précautions minutieuses à éliminer le germe-contage ; il fallait aller plus loin, il fallait par un agent quelconque détruire ce germe inconnu dans son essence et opposer une barrière de plusà lacontamination des blessés sains (si je puis ainsi dire) par le contage venant d’un blessé infecté. Lorsque je le fis en 1869, comme le témoigne mon mémoire présenté à l’Académie, le 31 mai 1870, Lemaire l’avait déjà fait en 1863 et Lister venait de le faire en 1867, en se basant comme Lemaire sur une théorie absolument erronée et en employant de plus des pratiques bizarres, compliquées, pour la plupart inu- tiles mais admirablement faites pour frapper les imaginations. Lister, qui n’a nulle part montré qu’il croyait l’infection puru- lente contagieuse, dont la théorie est même en opposition avec la doctrine de la contagion, fit, sans le vouloir, sans le savoir, ce dernier pas, accomplit ce dernier progrès. En voulant tuer le germe-ferment qui n’existe pas, il tua le germe-contage qui malheureusement existe, et il eut l’honneur et le bonheur](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22451031_0034.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


