Précis d'histologie humaine : d'après les travaux de l'Ecole française / par Georges Pouchet.
- Georges Pouchet
- Date:
- 1864
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Credit: Précis d'histologie humaine : d'après les travaux de l'Ecole française / par Georges Pouchet. Source: Wellcome Collection.
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![5° La mort qui n’est que la cessation du phénomène précé- dent. La genèse des éléments anatomiques étant le point même par lequel sont opposées les écoles qui se disputent aujourd’hui le terrain en histologie, nous devons nous y arrêter un instant. I/hypothèse, dans toute science, n’est qu’un moyen, c’est une hase provisoire sur laquelle on ne bâtit que pour un temps. L’absolu est en dehors des sciences naturelles et accessible aux seules mathématiques. C’est pour nous garder également de ces deux extrémités, hypothèse, absolu, que nous avons défini simplement la genèse d’un élément, son apparition dans le monde sensible. Nous ne préjugeons ainsi rien au delà de ce qui frappe nos sens aidés des moyens de recherche dont le calcul ou l’expérience les ont armés. Pour Schwann, « les éléments anatomiques, ou comme il « s’exprimait, les cellules, naissent à l’état libre au milieu d’un « liquide appelé blastème, dans lequel les atomes ou les molé- « cules constitutives de la cellule se réunissent, se groupent « ensemble, et la forment ainsi de toutes pièces. » Le tort de Schwann fut d ériger en thèse absolue des faits qu’il avait, sans aucun doute, très-bien observés, mais qui sont loin d'avoir le caractère d’universalité qu’il leur a prêté. Cette théorie, née en Allemagne, n’y soulève plus que le mépris, et c’est en France aujourd’hui qu elle trouve un asile et des défenseurs. On l’a seulement réduite aux proportions voulues en ne l’envisageant plus comme générale, mais comme s’ap- p]iq uant seulement à un certain nombre de faits particuliers. Schwann avait, comme on voit, formulé pour les éléments anatomiques la genèse spontanée (Syn. génération spontanée, hétérogénie, F. À. Pouchet; —genèse, Ch. Robin). C’est un mot dont on a eu très-grand tort, à notre avis, de s’effrayer, et que l’on nous semble avoir généralement mal compris. C’est un terme scientifique en effet, qu’il faut prendre comme tant d’autres, dans une acception proportionnelle à nos connaissances et à nos moyens de recherche, c’est un mot qui, comme les mots affinité, chaleur, etc., etc., ne mesure que notre ignorance.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28110298_0023.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)