Les hommes fossiles : éléments de paléontologie humaine / [Marcellin Boule].
- Marcellin Boule
- Date:
- 1923
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Credit: Les hommes fossiles : éléments de paléontologie humaine / [Marcellin Boule]. Source: Wellcome Collection.
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![évolution physique de l’évolution morale ou intellectuelle, L étude de celle-ci est un peu plus avancée, à cause de l’immense quantité de faits révélés en tous pays par l’archéologie préhistorique, le encore, nous ne pouvons tenter cependant que des synthèses partielles, régionales. Comme l’a dit J. de Morgan (1), « le malheur vient que la plupart | des pays ] où se sont développées les premières civilisations offrent de telles conditions que les recherches y sont particulièrement difficiles ». Dans l’Europe occidentale, particulièrement favoriséeà cet égard, il est possible de retracer un tableau d’ensemble, assez fidèle, du moins quant aux premiers plans, c’est-à-dire quant aux âges préhis¬ toriques les plus près de nous. C’est ainsi qu’au delà des temps correspondant à l’histoire ancienne des historiens, laquelle n’est en réalité qu’une histoire ultra-moderne pour le préhistorien et à plus forte raison pour le paléontologiste, nous connaissons assez bien les mœurs des Hommes néolithiques et des Hommes de l’âge du Renne. Leur développement intellectuel et moral, leur culture se laissent facilement comparer à l’état de certaines populations qui vivent encore, ou qui vivaient naguère, dans des conditions de sauvagerie plus ou moins grande. Les parallélismes peuvent se poursuivre jusque dans un grand nombre de détails relatifs aussi bien à la vie psychique et morale qu’à la vie matérielle. Toute une série de faits ethnographiques nous révèlent sensiblement la même mentalité et le même niveau de développement intellectuel. L’Humanité de l’âge du Renne de nos pays est déjà une Humanité supérieure, essentiel¬ lement semblable à l’Humanité actuelle, douée de la même intelli¬ gence, du même génie inventif, des mêmes sentiments. Nos Hommes moustiériens, beaucoup plus anciens, vivaient dans un état plus primitif, à tous égards. Mais il est encore possible de les rapprocher, sinon au point de vue physique, du moins au point de vue moral, de quelques populations particulièrement attardées de certaines régions du globe et menant une vie singulièrement voisine de celle que devait mener Y Homo Neandeithalensis. Celui- ci est déjà un Homme, malgré l’infériorité morphologique de son cerveau, et nullement un pré-Homme, car avec son squelette gisent (1) Les premières civilisations, p. 39. Voir aussi, du même auteur : L’Humanité préhistorique, Paris, 1921.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29978257_0488.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


