Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret].
- Munaret, Docteur (Jean Marie Placide), 1805-
- Date:
- 1840
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Credit: Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret]. Source: Wellcome Collection.
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![VOUS écrire ce que le pigeon de La Fou laine disait à son ami : « J’étais là , telle chose m’advint; Vous y croirez être vous-même. 11 y a bien des années déjà que j’écrivis comme vous à un praticien, m{)’n aîné, pour ({ü’il me prêtât le llambeau de son expérience à mon entrée dans le monde, à mon début. « Vous ne m’avez pas écouté en étudiant la méde¬ cine , me répondit-il ; puissiez-vous être plus heureux que moi en l’exerçant ! c’est le souhait d’un bon confrère.» a — Jalousie d’état, me disais-je, comme disent encore tous les jeunes gens c{ui bâtissent des châteaux dans l’île de Cos, et je me fis médecin de campagne, avec l’intention de me risquer dans une grande ville, quand j’aurais l’œil et la main aux malades, plus d’aplomb et quelques économies. — Après huit années de pratique rurale, je voulus compter avec elle, et n’ayant gagné qu’un rhumatisme, je j)ris la diligence et \ans à Paris. — Hélas! mon ami, un séjour de quelques mois fit évanouir une à une mes illusions de gloire et de fortune, filles bien-aimées de mon imagination, que j’avais si long-temps et si doucement caressées, à cent lieues de la métrnpole des génies et des Rohert-Màcaire !... Filtre mon village, où je ne voulais pas planter des choux, et la capitale, où il me répugnait davantage de plaider des puffsj j’optai définitivement pour le séjour de Lyoil, la plus honnête ville de la province, d’où je vous réponds, en attendant des destins meilleurs. J’ai visité, pendant cette pin-égriiiation médicale, le paysan sous son toit de paille et la poupée à migraine dans son boudoir ; l’ouvrier dans son galetas et le Turcarct cou¬ ché sur la plume ; le bureaucrate malingre, hypochondriâ- fpm, et le crocheteur pachyderme ; l’artiste incompris, dé¬ bile et pâle, paiTe qu’il se nourrit de poésie â défaiît de ]iain, et le joufflu vj^eur, l’hommé dont la fortuné fùîivè](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29341589_0024.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)