Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret].
- Munaret, Docteur (Jean Marie Placide), 1805-
- Date:
- 1840
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Credit: Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret]. Source: Wellcome Collection.
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![leucLis fit cadeau d’un million à Érasislrale; où la ^illede Venise éleva une statue à notre confrère Fabrice d’A([ua- pendenteetlui lit une pension annuelle de mille pièces d’or; où enfin, ])our ne pas chercher des exemples de munifi¬ cence à l’étranger, nos rois de France honoraient de leur intimité l’homme qui les approchait pour le^ guérir. Aujourd’hui, les successeurs des Fernel, des Sénac, des Fagon, des La Peyronnie, etc. , briguent le déshonneur d’être gagés, comme la valetaille du palais, pour tater cha¬ cun , par quartier, le royal pouls de la dynastie régnante. Aujourd’hui, un docteur subit les gémonies de l’affiche et va s’asseoir ensuite sur les bancs de la police correction¬ nelle , convaincu d’avoir leurré la foule imbécile ; un autre s’établit dans cinq domiciles, pour faire écouler plus vite son rob et son élixir, à l’aide de cinq titres différents. Au¬ jourd’hui, des tailleurs achètent un fonds de médecin, qu’ils font valoir par un gérant, notre confrère... Aujourd’hui, l’officier de santé débite le cosmétique de Farina sur les tréteaux d’une place publique, et il étale effrontément aux yeux des badeaiix qui l’entourent, un diplôme paraphé par des professeurs de Faculté et légalisé par un préfet. — Au¬ jourd’hui, notre misère est si profonde, si générale, qu’elle a nécessité une Association de prévoyance parmi les mé¬ decins de Palis. « Vous seiiez étonné, a dit le secrétaire- » général de cette société, s’il m’était permis de vous révé- » 1er les noms honorablement connus, qui ont laissé après » eux une femme et des enfants dans la détresse ! Triste » exemple des difficultés, des incertitudes et des dangers de » notre profession ! » Mon Dieu, que dirait M. Gibert^ s’il était chargé de con¬ stater également la détresse dans laquelle souffrent, vé¬ gètent et meurent, sans secours et partant sans pitié, la plupart des médecins de campagne!... Parias de l’huma¬ nité , ils ne possèdent guère que la richesse de Gasaubon , libros et liber os ; et encore, j’eu ai connu qui furent con- 1*](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29341589_0027.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)