Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret].
- Munaret, Docteur (Jean Marie Placide), 1805-
- Date:
- 1840
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Credit: Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret]. Source: Wellcome Collection.
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![que exigeait de tous les drogueurs non diplômés, sans égard j)Our le sexe comme ])()ur le rang, cinq cents Irancs au lieu de cin([ francs, et condamnait la récidive à quelques mois ‘ de détention, meme à une peine infamante, vous les ver¬ riez détaler du parvis d’Épidaure, quoique Pline ait soutenu qu’il ne pouvait exister une loi qui pût sévir contre l’igno¬ rance. Vous allez m’appeler, avec Horace, laiidator temporis acti, si je vous fais remarquer, à propos du relâchement dans nos mœurs médicales, que le langage et le costume de nos prédécesseurs exerçaient une influence favorable sur l’esprit de leurs malades et que nous avons eu grandement tort de nous mondaniser ; c’est pourtant la vérité, mon ami. J)u moment que nous avons rédigé nos formules en langue vulgaire, chacun a pu les lire et les commenter; du mo¬ ment que, pour complaire à un siècle cyniquement nive- leur, nous avons quitté la robe, le rabat et la perruque, pour l’habit étriqué que portent nos clients, le prestige est tombé... Quoi qu’il en soit, j’ose espérer que vous ne prendrez ])as à la lettre cette a])ologie des perruques. Un costume uniforme, d’une dignité simple et séant à la gravité de notre caractère, c’est tout ce que je réclame à notre époque. Je ne pense pas formuler un vœu plus étrange ou plus ridicule que le prêtre qui réclamerait sa soutane et le magistrat sa tog{‘. Après ce coup d’œil panoptiquement jeté sur la condi¬ tion présente des médecins en France, je vais essayer l’es- ([uisse du médecin des villes et celle du médecin de cam¬ pagne; et, en les faisant entrer dans le même cadre, j’ai l’intention d’en faire un tableau de famille. Pour peu que l’on considère le médecin dans ses rapports avec la société, on comprendra qu’aucune profession n’ini' pose des devoirs plus rigoureux et plus multipliés. Son ministère a cela de spécial et d’honorable à la fois, qu’il exige toutes les qualités de l’esprit et du cœur. Dépositaire](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29341589_0034.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)