Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret].
- Munaret, Docteur (Jean Marie Placide), 1805-
- Date:
- 1840
Licence: Public Domain Mark
Credit: Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret]. Source: Wellcome Collection.
39/584 (page 17)
![1.1 sorte, dit à ce sujet le docteur Thiaudière, des jeunes <>eus fort capables peuvent rester éternellement écartés d’une position qui aurait dû leur appartenir, et ils n’ont à reprocher qu’au hasard de les avoir conduits à débuter sur des affections mortelles. Incapable d’apprécier autre¬ ment un médecin, rarement on revient de la première im- ])ression ({u’on s’est faite; et, il faut bien l’avouer, le pu¬ blic ne possède pas d’autres éléments de conviction, il donne sa confiance h celui qui lui plaît davantage, il est libre; l’homme de l’art ne pourrait être jugé convenablement que par ses pairs. Un médecin de plus, à la ville, n’est qu’un locataire de plus dans une maison et dans une rue; il n’y a que l’épicier, le boulanger et le boucher qui le remarquent et s’en préoc¬ cupent. A la campagne, l’arrivée d’un médecin fait du bruit dans le pays, c’est un événement, une grande nou¬ velle qui court tous les coins de feu, tous les cabarets, et envahit, en quelques jours, tout un arrondissement. —A la ville, un début est l’affaire de plusieurs années, et le public ne s’assied dans notre antichambre qu’après avoir porté sur notre compte un jugement favorable, mûri, mo¬ tivé sur des succès répétés et surtout durables. A la campa¬ gne , la curiosité si naturelle aux gens retirés du monde frappe à notre porte, le jour ou le lendemain de notre ar¬ rivée; tous les boiteux et les paralytiques de l’évangile, toute la chronique cohorte des hydropisies, des ulcères et des tumeurs blanches attendent le nouveau médecin et l’assail¬ lent. — Il faut, dans une position aussi embarrassante, que le nouveau médecin suive la tactique du débiteur qui, pour éluder les importunes poursuites de son créancier, promet de le payer, en réclamant un long terme ; il faut qu’il ali¬ mente sa patience par l’espoir ; consoler, c'est encore gué¬ rir , disait J.-L. Petit; jusqu’à ce que d’autres cas moins l’écalcitrants ou moins obscurs embouchent la trompette de la Renommée, puiscpi’ila guéri M. le maire d’un c/arml](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29341589_0039.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)