Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret].
- Munaret, Docteur (Jean Marie Placide), 1805-
- Date:
- 1840
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Credit: Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret]. Source: Wellcome Collection.
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![temps, de jambes et de ])aroles, une corvée non interrom- ])ue , mal rétriliuée et plus mal comprise. La pratiquedes villes est une spéculation hasardeuse ; car, à l’exception de cette petite catégorie de confrères que le hasard, rintrigue ou le talent accablent d’honneurs et d’ho¬ noraires, tous les autres sont à peine connus dans leur {{uartier, vivent du jour au jour, et il y en a qui, après vingt ou trente ans d’exercice, ne laissent à une veuve et h des enfants qu’une trousse innocente, des dettes contrac¬ tées chez le boulanger et les subventions de la caisse de pré¬ voyance... La pratiquedes campagnes est un gagne-petit ([ui ne ruine ni n’enrichit celui qui sait boire à la coupe de cette modeste existence, comme les soldats de Sparte bu¬ vaient dans leurs casques, c’est-à-dire, sans en examiner le fond... Dans les grandes villes, l’esprit de corps n’est pas ré- chaulîé, comme vous pourriez le supposer , par le frotte¬ ment des individualités médicales. — Comme tout le monde citadin, le médecin s’y enveloppe dans le froid manteau de l’indifférence ou de l’égoïsme, à peine voit- il et salue-t-il ceux de ses confrères qui hal)itent son quar¬ tier , sa rue, et pourtant il me souvient qu’à la camj)agne, presque chaque semaine, un dîner à la fortune du pot rapprochait des confrères, aussi affairés que ceux de Pa¬ ris et échelonnés à plusieurs lieues les uns des autres. Lu arrivant à la ville, quelqu’un me conseilla de faire des vi¬ sites ; mais comme mes visites ne me furent pas rendues, j’ai lini par croire que j’avais commis une balourdise. Pst-ce qu’à la ville, l’on ne connaît personne, l’on ne veut connaître personne, pas meme son voisin de palier, ])ar la raison qu’il serait trop long d’y connaître tout le monde? Alors, mon ami, ne visitez que vos parents, vos amis et les connaissances qui doivent s’intéresser à votre début et ré¬ clamer les prémices de votre pratique; ces visites-là, je les coiuiiare à une graine que l’on ensemence dans le public ,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29341589_0042.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)