Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret].
- Munaret, Docteur (Jean Marie Placide), 1805-
- Date:
- 1840
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Credit: Du médecin des villes et du médecin de campagne, moeurs et science / [Dr Munaret]. Source: Wellcome Collection.
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![(Iro les pins intimes secrets de son idiosyncrasie, à déjouer l’invasion de tous les maux qui le menacent, à se médica¬ menter avec ])lus de certitude et ])ar conséquent plus de succès qu’il ne les médicamente cux-inémes, et, imbus de cette trop poétique prévention, les uns lui disent : Les médecins ne doivent jamais être malades; et ceux qui savent le latin : Medice, cura teipsum. Mais les médecins sont hommes, et tout hygiénistes qu’ils sont, la chair est faible, et ils pèchent contre l’hygiène comme les gens du monde. — D’ailleurs, suivant Galien lui-mèine, on ne peut pas, dans tous les états, suivre une ’gièiie parfaite, mais l’hygiène la meilleure que chaque état comporte, leur vie, à eux (les médecins), est une vie alfairée : force leur est d’en subir les influences nuisibles ; s’y soustraire est impossible (1). Or, les influences nuisibles de notre condition, ennemis cfuenous suscite bien injustement le génie de la destruction et ([iii nous assiègent en dehors et en dedans, de près et de loin, la nuit comme le jour, sont les fatigues physiques, les peines morales, les miasmes et la contagion. La vie d’étudiant avec ses nostalgiques tristesses, ses chances d’acclimatement, ses veilles, ses privations et les dangers auxquels exposent les piqûres du scalpel, les éma¬ nations putrides, est un souvenir d’hier, pour vous ; sou¬ venir sombre et mélancolique comme la misère et la mort que vous avez coudoyées pendant plusieurs années dans un ho[)ital. — Aujourd’hui, mon ami, voici venir les mé¬ comptes, les épreuves et les tracasseries de votre début; et ei] supposant que le public prenne un jour le chemin de votre cabinet, les noirs soucis de la vie réelle ne cesseront de vous tourmenter qu’après vous avoir livré, corps et âme,à une souveraine intraitable et capricieuse, qu’on nomme la clientèle. « La vie du médecin, dit le professeur Cruveilhier, tO Galien, édit de BAle, t. IV, p.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b29341589_0066.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)