Thérapeutique obstétricale et gynécologique / par Cyrille Jeannin et Paul Guéniot.
- Jeannin, Cyrille.
- Date:
- 1913
Licence: In copyright
Credit: Thérapeutique obstétricale et gynécologique / par Cyrille Jeannin et Paul Guéniot. Source: Wellcome Collection.
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![sans hésitation intervenir par la laparotomie d’urgence. On a affaire à une femme qui saigne et dont la vie est immédiatement en danger : il faut aller droit au vaisseau qui saigne pour arrêter le sang. Tout en ayant recours aux moyens propres à relever l’état général, en réchauffant la malade et en faisant pratiquer des injec- tions hypodermiques de caféine, d’huile camphrée, de sérum artifi- ciel, on opère donc sans délai. La stérilisation de la peau de la paroi abdominale par la teinture d’iode sans lavage préalable (méthode de Grossich) est ici particulièrement précieuse par sa rapidité et sa simplicité. Bien qu’en raison de l’état anémique et syncopal de la malade on puisse être tenté de la mettre pour l’opérer dans la position de Trendelenburg, je crois qu’il faut éviter celle-ci dans les grands épanchements hémorragiques du bassin, parce que le sang et les caillots tendent ainsi à se répandre vers le diaphragme et qu’on risque alors de laisser dans la cavité péritonéale des caillots qui facilement s’infectent. Je préfère donc la position horizon- tale. L’anesthésie à l’éther, moins déprimante, sera autant que possible préférée au chloroforme, trop dangereux. On incise la paroi abdominale sous-ombilicale sur la ligne médiane ; la main, intro- duite dans le ventre, se débarrassant des caillots qui peuvent la gêner, va droit vers le bassin reconnaître l’utérus et la trompe d’où vient l’hémorragie; on s’empresse de mettre sur elle une ou deux pinces (une sur la partie interne de la trompe, l’autre sur le pédicule vasculaire utéro-ovarien), de manière à tarir la source du sang. Le plus rapidement possible, pour éviter une opération prolongée dans l’état grave où se trouve la patiente, on fait l’ablation de cette trompe [la technique en est semblable à celle d’une salpingectomie pour annexite (Voy. p. 677)]; on enlève avec la main et avec des compresses les caillots et le sang épanché; on procède le mieux, mais aussi le plus rapidement qu’on peut, à la toilette du péritoine avec des compresses; enfin on suture la paroi abdominale, en lais- sant au besoin dans le bassin un drain qui sort par l’extrémité infé- rieure de l’incision, si l’on craint que l’on n’ait pu procéder à un assèchement suffisamment satisfaisant de la cavité péritonéale. Treub (d’Amsterdam) a récemment (1908) défendu une pratique absolument opposée à celle de la généralité des chirurgiens dans l’inondation péritonéale. Constatant que, lorsque la mort ne survient pas presque subitement—défiant alors le plus souvent toute tentative opératoire — ou tout au moins dans les vingt-quatre premières heures, elle ne survient plus ensuite que par exception, et seulement dans les cas où les symptômes alarmants augmentent pendant plusieurs heures et où l’hémorragie se répète d’une façon sérieuse, il réserve](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28070239_0751.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


