Traite philosophique et experimental de matiere medicale et de therapeutique / par G. A. Giacomini.
- Date:
- 1873
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Credit: Traite philosophique et experimental de matiere medicale et de therapeutique / par G. A. Giacomini. Source: Wellcome Collection.
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![eût cessé. Je suis resté tranquille en- core une demi-heure, en m’explorant le pouls, qui donnait tantôt soixante, tantôt soixantc-un battements ; je faisais tous les efforts possibles pour ne pas vomir. Bien- tôt, je fus pris par le sommeil. Le be- soin d’uriner m’éveilla, ce qui m’arrivait rarement pendant la nuit, trois heures et demie après avoir pris le remède. Le pouls ne battaitplus que cinquante-huit, et le malaise avait cessé. Je me rendor- mis aussitôt après, pour ne m’éveiller que quatre heures plus tard. J’ai trouvé mou pouls à cinquante-quatre; ma bou- che était sèche, et j’aimais àrester au lit, contre mon ordinaire, éprouvant un vé- ritable besoin de repos. Dans la matinée, j’ai eu une évacuation naturelle, à l’heure ordinaire. Le restant de la journée se passa sans aucune particularité. Ayant trempé un linge blanc dans l’urine, il prit une teinte safranéeplus marquée en- core dans la seconde urine. Quoique la dose de la rhubarbe fut assez forte, je n’ai pas éprouvé la moindre douleur ni irritation dans aucune partie du corps. — Que penser donc des pharmacologues qui, parmi les effetsde la rhubarbe, énu- mèrent les irritations,les douleurs d’en- trailles , les inflammations d’estomac, l’accélération du pouls et la fièvre? Nous pensons qu’ils ne les ont jamais obser- vés, et qu’ils ont noté ces effets hypothé- tiquement, ou en prenant pour effet de la rhubarbe ce qui dépendait d’autres circonstances, soit morbides, soit acci- dentelles. Nous avons aussi observé plu- sieurs fois, chez certains malades, que les évacuations obtenues au moyen de la rhubarbe étaient précédées, ou accom- pagnées de douleurs intestinales, ou de coliques; mais nous n’avons pu les at- tribuera l’action directe de la rhubarbe, puisqu’elles n’ont eu lieu que plusieurs heures après son administration, lors- qu’elle avaitdéjk été digérée etabsorbée, et que les matières étaient déjà sécrétées et prêtes à être évacuées. Comment ne pas voir dans le passage rapide de ces mêmes matières, d’un point à un autre de l’intestin, la cause véritable et immé- diate des douleurs de ventre, ainsi que nous les avons vues naître pour avoir pris une huile purgative, de la manne, du tamarin et autres médicaments ? § IV. Appréciation de l'action, et effets dans Les maladies. — Un axiome thérapeutique, ignoré jusqu’à ces der- niers temps, et que nous avons établi dans plusieurs endroits de ce traité, c’est que toute substance, pour agir sur l’é- conomie animale comme médicament, doit être absorbée, et pénétrer dans l’as- similation organique; elque les évacua- tions qu’on obtient par les substances dites purgatives ne dépendent pas de l’action immédiate ou du contact du re- mède sur l’intestin, mais bien de l’effet dynamique qui a succédé à sa digestion et à son passage dans le torrent de la circulation. Nous avons une démons- tration très-évidente de ce fait dans la rhubarbe, puisque nous la voyons digé- rée, absorbée,passée dans la circulation, dont partie est expulsée du corps bien avant que les intestins aient éprouvé son effet. Le premier effet apparent de la rhubarbe est la coloration de l’urine, par le passage des principes composant cette drogue dans ce liquide, principes qu’on rencontre dans l’urine quelques minutes après l’avoir avalée. On recon- naît ces principes ensuite dans la sueur, et assez promptement aussi dans le lait des nourrices. {N. d. trad.) [Ces observations, de- venues depuis longtemps triviales aux thérapeutistes au courant de la science, ne démontrent-elles pas tout le ridicule, pour ne rien dire de plus, des prétentions de M. Orfila qui vient aujourd’hui, à l’Académie de médecine, se donnerpres- que pour l’auteur de la découverte de l’absorption des poisons et de leur retour parl’émonctoire urinaire? Si ce chimiste eût jamais approfondi la science théra- peutique et les travaux véritablement importants qui existent en toxicologie, il s’abstiendrait de venir devant le premier corps médical de France se couvrir de ridicule en débitant avec une impertur- bable assurance de pareilles matières.] Les vaisseaux sanguins sont les pre- miersà éprouver l’action de la rhubarbe, car le pouls devient petit et lent. D’où l’on doit déduire que son action est hyposthé- nisante. Pourtant si l’estomac n’est pas le premier, il est toujours l’organe qui en ressent l’effetavec le plus de force. Lors- qu’on administre cette substance àpetite dose, on éprouve un effet qu’on appelle corroborant. On dirait en effet qu’elle ‘active les forces de l’estomac et favorise la digestion. Cela n’est cependant que le résultat de la cessation de l’orgasme morbide dans lequel se trouvait ce vis- cère , résultat qu’on obtient également par l’administration des substances amè-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21985728_0530.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


