Traite philosophique et experimental de matiere medicale et de therapeutique / par G. A. Giacomini.
- Date:
- 1873
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traite philosophique et experimental de matiere medicale et de therapeutique / par G. A. Giacomini. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by the Royal College of Physicians of Edinburgh. The original may be consulted at the Royal College of Physicians of Edinburgh.
540/614 page 526
![elle donne 80 de résine soluble dans l’al- cool, 19,5 de gomme soluble (tans l’eau, et 0,5 de matières étrangères, insolu- bles dans les dcîix liquides. On peut la délayer dans les huiles fixes et volatiles. § ïlï. Effets sur les animaux. — Vu 1 action tics-énergique de la gomme- gutte sùr l’économie animale, les phar- macologues se sont empressés de l’étu- dier sur les animaux. Daubenton l’a essayée sur les moutons, à la dose de 3 grammes environ ; il n’èn a obtenu au- cune évacuation, aucun effet sensible à scs yeux. Ayant porté la dosé à 8 cram- mes, il les tua (14). Orfila dit ei/avoir administré 8 et même 16 grammes à des -GÜTTE. chiens sans produire d’autre effet que des vomissements légers. En leur liant l’œsophage, ils moururentpromptemeut. Cette substance appliquée sur des bles- sures ne donna lieii ni à des vomisse- ments, ni à des évacuations alvines, ni à des phlogoses, mais la mort en a été la conséquence. Bien que, d’après ces expériences, l’action hÿposthénisante de la gomme-gutte soit clairement démon- trée, Ce dernier auteur n’a pas même su l’entrevoir, et il s’est avisé d’expliquer la mort des auimaùxpar l’irritation sym- pathique du système nerveux. M. Ôr- iila s’est imaginé que l’action de cette gomme-résine pourrait être assimilée à celle d’une brûlure qui tue sans pro- duire d’eschare, ce qui est absurde ( 15). Assurément, personne n’a jamais vu une brûlure locale, avec ou sans es- chare, produire une mort presque in- stantanée. Les énormes doses de gomme- gutte employées dans les expériences de M. Orfila ont agi sur les centres vitaux et sur toute là constitution à la fois ; des doses plus légères auraient produit des évacuations alvines, ainsi que je les ai obtenues sur un chat, auquel j’a- vais fait prendre dans sa soupe 30 cen- tigrammes environ de gomme-gutte (7 grains.) (Note d. trad.) [Ce qu’il y a de plus bizarre dans l’appréciation de l’action de la gomme-gutte parM. Orfila, c’est que cet auteur soutient la non-absorption de cette substance. Ainsi, selon lui, les phé- nomènes d’empoisonnement ne sont pro- duits que par une prétendue brûlure que la substance produit sur le tube intes- tinal. Nous n’avons pas besoin de réfu- ter une pareille erreur. Si le docteur Orfila eût jamais bien compris l’enchaî- nement des phénomènes qui constituent un empoisonnement, il ne soutiendrait pas de pareilles extravagances (qui ont tant nui a la science et à la société).] b I”V. Effets sur l homme bien portant. Il y a déjà huit ans que j’ai fait pré- parer une espèce d’élixir, dont je don- nerai plus loin la formule, très-chargé de gomme-gutte. J’en ai pris moi-même une quantité qui devait en contenir 5 centigrammes. A pareille dose, je n’ai obtenu que rarement quelque évacua- tion , mais j’ai éprouvé des faiblesses à 1 estomac et un grand besoin d’aliments. Lorsque la quantité de la résine s’éle- vait a 20 ou 30 centigrammes (4 à 5 grains), j’éprouvais plusieurs évacua- tions alvines très-liquides. Deux fois j ai porté la dos.e à 120 centigrammes (24 grains), je n’ai pas éprouvé d’éva- cuations ni aucun autre effet; mais j’ai oublié de m’explorer le pouls. J’ai ré- pété la même dose, j’ai cette fois éprouvé des nausées, et j’ai vomi co- pieusement. Un jour j’étais tourmenté par des douleurs d’entrailles, j’en ai pris une gorgée qui contenait 50 centi- grammes environ de gomme-gutte; le mal cessa presque aussitôt. Un de mes amis dissipa des coliques intenses, qui le tourmentaient depuis deux jours, à l’aide du même moyen. Hahuemann avait observé que la gomme-gutte, à 1 la dose de 75 centigrammes ('15 grains), cesse d’être purgative pour devenir diu- rétique (15*). § Y. Effets dans les maladies. — Ra- sori est le premier qui ait fait connaître la véritable action de la gomme-gutte. Son travail sur cette matière a été tra- duit en français par le docteur Fonta- neillcs (16). Les affections contre les- quelles Rasori employa la gomme-gutte présentaient précisément tous les carac- tères de l’hypers'lhénie ou de l’inflam- mation. La' dose qu’il prescrivait était énorme, et les résultats qu’il en a ob- tenus ont servi de base à la doctrine du contro-stimulisme. Les guérisons nom- breuses qu’il a opérées ont d’autant plus i , c , „ . (,5*) Trad. ital. de la Mat. médic. de (la) Mem. de la Soc. de méd. de Pans, Chilien, t. u, p. 629. *' (Ic) Annali di scienzc e lettere, 1810, (15) Toxicologie, t. u, prcm. partie. t. m, p. to4 et suiv.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21985728_0540.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


