La beauté de la femme / par C.-H. Stratz ; traduit de l'allemand par Robert Waltz.
- Carl Heinrich Stratz
- Date:
- [1900]
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Credit: La beauté de la femme / par C.-H. Stratz ; traduit de l'allemand par Robert Waltz. Source: Wellcome Collection.
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![(]’est avec plus de véhémence encore qu’Irène s’exprime au deuxième acte : « Je n’ai jamais aimé ton art avant de t’avoir ren- contré. Ni après... L’artiste, je le hais... Quand dévêtue j’apparais- sais devant toi, je te haïssais, Arnold... Je te haïssais parce que je te voyais sans émotion, sans trouble... ou conservant du moins un empire sur toi... exaspérant. Parce que tu n’étais qu’artiste, rien qu artiste. Tu n’étais pas homme1 ». Or, il est évident que l’artiste, en présence d’une femme dont il est aimé, ne pourra souvent qu’à grancl’peine garder son objecti- vité. On trouve dans Trilbij de Du Maurier (page q5) une autre con- ception, plus élevée encore à mon sens. « She was equally unconscious of self witli her clothes on or without ; she could he naked and unashamed. » C’est le même sentiment que nous rencontrons chez un enfant encore innocent ; la première émotion d’amour le détruit, comme c’est aussi le cas pour Trilby. M ais je n’ai trouvé la conception la plus élevée de toutes que chez un seul auteur, le poète hollandais Vosmaer. Dans son Amazone, la belle Marciana ne consent à poser pour l’artiste qu’après s’être convaincue qu’il ne l’aime pas. Voilà une femme qui sait qu elle est Delle et qui, pour l’amour de l’art, laisse tomber son vêtement, non pas certes devant l’homme, mais devant l’artiste, ou, mieux encore, devant le grand artiste. Le même esprit animait la belle Mmo Charlotte Fossetta, qui posa pour la célèbre Ariane de Dannecker. Elle s’offrit à l’artiste, chez qui elle fréquentait, en lui disant : « Vous êtes sur que mon corps pourrait être véritablement utile à votre art J C’est bien, disposez de moi, si vous pensez pouvoir créer une œuvre origi- nale et géniale 2 ». Il n’existe que peu de femmes semblables à Charlotte Fossetta, Agnès Sorel, Paola Borghese, Diane de Poitiers, Lady Digby, etc. 1 Traduction du comte Prozor. Revue de Paris, 1900, I. - C. Beyer. Dannecker’s Ariadne, Zeitschrift fur bildende Kunst. Seemann et O, 1897, io° livraison, p. 244.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28081286_0325.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)