Volume 1
De l'origine des loix, des arts, et des sciences; et de leurs progrès chez les anciens peuples / [Anon].
- Antoine-Yves Goguet
- Date:
- 1758
Licence: Public Domain Mark
Credit: De l'origine des loix, des arts, et des sciences; et de leurs progrès chez les anciens peuples / [Anon]. Source: Wellcome Collection.
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No text description is available for this image![La fociété chez les nations qui tirent leur fubfiftance de la chaf- —— fe, de la pêche & des troupeaux, n’eft pas fufceptible de beaucoup ire de Loix; ces nations étant dans la nécelîité de changer fouvent ÇePu de demeure & d’habitation, ne connoiffent point la propriété clés ]U^‘ domaines, fource principale des loix civiles. Cette maniéré de vivre a été, comme je l’ai déjà dit , celle de la plupart des peuples dans les premiers tems. Ainfi les loix civiles ne font point les premiè¬ res en date. D’ailleurs elles n’ont pu avoir lieu qu’après l’établiffe- ment des loix qui conflituent proprement la police d’un Etat. C’eft donc le premier ordre de loix, c’eft-à-dire, celles qui forment la conftitutioneffentielle de toute efpece de fociété politique, que nous devons confiderer les premières. Je remets à entrer dans quelque dé¬ tail fur l’origine des loix civiles , au tems où je parlerai des principes du gouvernement établi chez les peuples cultivateurs. ARTICLE PREMIER. Du premier ordre des Loix pofitives. O N ne peut rien dire de certain fur l’ordre & le développement des premières conftitutions politiques. Tout ce qu’on a débité fur ce fujet fe réduit à des conjectures. L’excès du défordre a.fait penfer à établir des loix. O11 les doit au befoin, fouvent au crime, rarement à la prévoyance. Il y a bien de l’apparence que la plupart des loix effen- tielles au maintien de la fociété, ont été établies à peu-près dans le même tems. Les réglemens concernant les biens des particuliers , les loix pénales, les formalités du mariage, & l’établiffement d’un culte public, auront été, autant que nous pouvons le conjecturer, les premiers objets dont les Légiflateurs fe feront occupés. L’origine du droit de propriété remonte à l’origine des fociétés. Dès le moment où les familles fe font réunies, la diftinotion du tien & du mien a eu lieu. Néanmoins ce droit n’a été bien déterminé ni bien connu que depuis l’établiffement du gouvernement politique. Il a été nécelfaire alors de mettre un certain ordre & un certain arran¬ gement dans les affaires de la fociété. On y a pourvu par des régle¬ mens faits pour affurer à chacun la jouiffance paifible de ce qu’il pof- fédoit. Ce font ces différens réglemens qui ont donné naiffance au droit civil. Mais, comme je l’ai déjà dit, le code civil des premiers Tome L * C](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30413904_0001_0051.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)