Volume 1
De l'origine des loix, des arts, et des sciences; et de leurs progrès chez les anciens peuples / [Anon].
- Antoine-Yves Goguet
- Date:
- 1758
Licence: Public Domain Mark
Credit: De l'origine des loix, des arts, et des sciences; et de leurs progrès chez les anciens peuples / [Anon]. Source: Wellcome Collection.
62/450 page 28
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image![communes Ôc ordinaires. A l’égard de celles qui étoient plus impor¬ te partie, tantes, ils étoient obligés d’en rendre compte à Moïfe a. DepuisieDéluge Le refpeêt que dans tous les tems ôc dans tous les pays on a eu ]U5e jacob.°rt pour les rniniftres de la religion, a été caufe qu’originairement on les chargea par préférence de i’adminiftration de la jufïice. Les prêtres étoient les feuls juges qu’on connût chez les plus anciennes nations dont il foit parlé dans l’hiftoire. Arbitres des affaires les plus impor¬ tantes, ils prononçoient en dernier reffort fur tous les différends, ôc infligeoient telles peines qu’ils jugeoient à propos b. L’autorité que la religion donnoit naturellement aux prêtres n’aura pas été vrai- femblablement le feul motif qui les aura fait choifir originairement pour arbitres de tous les différends, ôc pour juges de tous les délits. L’idée qu’on a toujours eue de leur fçavoir ôc de leur capacité aura certainement encore contribué à ce choix. Quoi qu’il en foit, au furplus, l’ancien ufage de confier aux minières de la religion le foin de rendre la juftice ne s’eft pas entièrement aboli. On connoît plufieurs nations chez lefquelles il fubfifle encore à préfent0. a Exod. c. 18. b Voy. le Comment, du P. Calmet, t. 2. p. 430. t. 3. p. v. & 659. — Cæfar, de Bell. Gall. 1. 6. c. 13. = Dion Halicarn. 1. 2.p. 132. = Strabo, 1. 4. p. 302. 1. 1. p. 43* = Tacit. de morib. Germ. c. 7. & 1 i.=Ælian. var. hift. 1. 14. c. 34. Voy. les notes de Perl-; zon. loco cit. c Voyage de Pyrard. c. 14. p. 144 ■> i4U = Hift. gén. des Voyag. t. 4. p. 3516. = Rec, desVoyag. au Nord. t. 8. p. 403. = Char¬ din , t. 6. p. 16. ARTICLE SECOND. Du fécond ordre des Loix pojîtives, t’efl-à-dire, des Loix civiles. E qu’on a vu jufqu’à préfent fur l’origine ôc l’établiffement des loix convient à toute efpece de fociété politique. Entrons mainte¬ nant dans quelque détail fur l’établiffement de celles qui ne doivent leur origine qu’aux peuples cultivateurs. Ce fécond ordre de loix fe rejoint prefque au premier par la datte, ôc par la néceffité de fon établiffement. L’agriculture en donnant naiffance aux arts ôc au commerce, a bientôt enfanté par une fuite naturelle le droit civil; ôc l’agriculture a été connue très-anciennement chez plu¬ fieurs peuples. J’en donnerai les preuves dans le Livre fuivant. Le feul objet que nous ayons àenvifager pour le moment, font les fuites que l’agriculture a eues par rapport au gouvernement, Ôc à l’éta- bliffement des loix civiles,](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30413904_0001_0062.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)