Traité de la construction et des principaux usages des instrumens de mathématique. Avec les figures nécessaires pour l'intelligence de ce traité ... / [N. Bion].
- Nicolas Bion
- Date:
- 1752
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Credit: Traité de la construction et des principaux usages des instrumens de mathématique. Avec les figures nécessaires pour l'intelligence de ce traité ... / [N. Bion]. Source: Wellcome Collection.
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![Fig. 43 rallélement , il eft hors de doute que tels miroirs de métail ou de verre éta- mé brûleroient à plus de vingt pieds. ’ On trouvera facilement le foyer d’un miroir concave en l’expofant au Soleil, de maniére qu'il lui Eure fon centre; & approchant peu à peut un morceau de bois, jufqu’à ce que le difque de lumiere réfléchie paroïffe: le plus petit qu’on pourra ; ou bien ayant fait tomber de la poufñliére vis- à-vis le miroir, on remarquera fur cette poufliére un cône éclairé, dont la pointe fera le foyer. La figure 43 fait voir un miroir ardent expofé au Soleil, & brûlant un morceau de bois. Quoique felon les régles on puifle faire un miroir dont le foyer foit fort éloigné, les rayons ne s’y uniroient pas mieux pour cela, à caufe que ces rayons ne pourroient traverfer que bien difficilement l'air & à caufe dela peine & du travail qu'il en coute- roit pour qu’un tel miroir fût exact, | , Pour le prouver, nous allons expofer quelques - uns des raifonnemens. d’un Sçavant de nos jours. Mais nous obferverons préalablément que M. Tfchirnaus ( dont nous avons déja parlé au fujet du fameux verre ardent de Monfeigneur le Duc d'Orléans ) afoit aufi fabriqué un de lon eût connu jufqu’alors. El étoit compofé d’une lame de cuivre qui n’é- toit guére plus. épaifle que deux fois le dos d’une lame de couteau ordi- foyer n’avoit que deux de ces aunes de diftance. Voici quels eftets il pro- duifoit quand on l’expofoit au Soleil, #°. Il mettait le feu en un moment à un morceau de bois placé à fon foyer , & le vent ne pouvoit en éteindre detems. 3°. Les métaux étoient bientôt fondus, & des lames de fer, d'acier, de cuivre, d'argent, &c. étoient percées en fix minutes. 4°, Les pierres & les briques devénoient rouges comme un fer ardent. 5°. L'ar- doife, les tuiles, les os, &c. fe changeoient en verre. On voit à l'Obfer- vatoire de Paris ‘un autre Miroir ardent, qui a fon foyer à 3 pieds de dif- tance, dont les effets font à peu près les mêmes. On en fait de carton, de paille collée & de toute forte de corps dur & poli. Mais le verre ardent de Monfeigneur le Duc d'Orléans , produit des effets encore plus furprenans par la réfraction des rayons. “Depuis peu on eft revenu de la croyance qu J 2 on avoit eu jufqu'à préfent qu'il n’étoit pas poffible qu’ Archiméde fe füt fervi d’un miroir concave pour brûler la otte des Romains, parce que, [eu égard à la diftance des Vaifleaux] Ja portion de Sphère du miroir auroit dû étre d’une étendue impratiquable, Voici ce que dis à ce fujet un Auteur moderne : * » Plufieurs anciens 3 Hiftoriens ont fait mention des effets étonnans du miroir ardent dont ils prétendent qu’ Archiméde , & longtems après lui Proculu:, ont fait ufage » pour brûler les Vaiffeaux d'une flotte des Romains qui étoit devant Sy- racufe. La grande portée & l'extrême étendue du foyer qu'il eût fallu pique ces miroirs euflent eu pour produire cet effet en ont rendu la réalité » fort douteufe aux yeux des Sçavans modernes, Voici comme ils ont rai- * » M.de la Chatelle, Cenfeur Royal & Membre deja Société Royale de Londres, dans » fon Traité des SeGions coniques & autres courbes anciennes appliquées ou applicables » aux Arts, vol. 1n- 8°, imprimé à Paris en 1250 chez J.F, Quillau fils , rue faint Jacques.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30531573_0522.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


