Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan].
- Léon Rostan
- Date:
- 1836
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Credit: Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan]. Source: Wellcome Collection.
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![55Ü 110 plus comment les médecins qui auront jiro- |H)sé le moyeu de diagnostic dont il s’a{];it, pouiTont en laire l’application au lit des malades. L’ai'jjuinent qu’employait en 18*23 M.Rostan pour s’excuser de ne pas donner le nom d’encéphalite aux ramollisseinens partiels, n’est donc que spécieux, 11 est une conviction , une loi médicale qui vient avec la répétition de l’observation, et qui ne peut être séduite par les subtilités de la dialectique. Or, dans le cas présent, cette conviction nous vient, comme elle est venue à M. Lallemand, par les ou- vertures multipliées qui donnent occasion de com- parer la lésion locale chez un {yrand nombre de su- jets d'âges, de constitutions et de forces ditférentes ; par l’observation des causes ou des modificateurs externes, sous l’influence desquels cette lésion est survenue,• enfin par l’influence qu’elle a reçue dans ses progrès en mieux ou en pire des divers moyens de traitement, suivant les systèmes des divers pra- ticiens, et par les épreuves et les contre-épreuves que l’on a pu faire soi-même de ces moyens. Voilà vraiment le principal point de doctrine que nous trouvions à relever dans l’ouvrage de M. Rostan. Quoique ce professeur prenne toutes les précau- tions que la prudence lui suggère pour bien carac- tériser son entité, il se trouve forcé de convenir qu’elle ne peut être constatée que par l’ouverture des cadavres , et que, par conséquent, il n’est pas certain de l’avoir guérie dans deux cas où il en a fait disparaitre les prodromes, ou même la première période déjà assez prononcée (p. 171 et 172). Voilà toujours l’écueil des anatomo-pathologistes purs qui s’exercent à créer , par un certain nombre d’histoires terminées par la mort, des entités mor- bides dont ils puisent les caractères dans la dernière période de l’afiection principale ; ou dans la désor- ganisation et la mise définitive hors de fonctions de l'organe c[ui en est le siège. Comme M. Rochoux, M. Rostan n’a fait commencer sa maladie qu’au mo- ment où la continuité des fibres cérébrales de mou- vement a été rompue, et prenant cette méthode pour le plus haut degré de la perfection en méde- cine, et ce modèle de maladie comme le seul que la saine raison autorise, il nous a déclaré c|ue les symptômes d’une maladie ne suffisent pas pour la caractériser (ibidem). Si l’on suivait ce modèle dans la manière de con- cevoir toutes les maladies, comme le proposent tous les anatomo-pathologistes exclusifs, car il ne s’agit pas ici de la personne de M. Rostan, mais d’une méthode d’instruction; si l’on suivait ce modèle, di- sons-nous , il n’y aurait d’autres maladies que celles qui dépendraient de la détérioration des organes, telle eju’on peut la rencontrer dans les cadavres. Il en résulterait que tous les phénomènes morbides qui préparent et amènent les lésions de structure, ne seraient rien que des ombres fugitives qu’il n’y aurait nul mérite à faire disparaitre; que tous les médecins qui ne vivent pas au milieu des morts dans les hôpitaux, seraient condamnés à passer leur vie au milieu des chimères ; que ceux même des hô- pitaux qui n’auraient pas ouvert leurs malades, se- raient dans une telle ignorance, malgré leurs ou- vertures passées, sur la nature des maux dont ils les auraient délivrés , qu’ils n’aborderaient jamais une maladie qu’avec incertitude sur sa nature , et hésitation sur les moyens qu’il serait convenable de lui opposer. C’est une singulière doctrine que celle de ne vou- loir reconnaître les maladies cjue lorsqu’elles sont parvenues au degré où on les trouve dans les cada- vres , c’est-à-dire à l’agonie; c’est un singulier aveu- glement que celui de s’obstiner à ne vouloir pas étudier les phénomènes qui préparent ces agonies, et de se condamner à ne jamais savoir comment les arrêter, et comment prévenir le foudroiement des organes. Telles sont pourtant les conséquences du refus obstiné tl’étudier l’irritation pour se borner à l'étude de la désorganisation. Mais nous espérons bien que la masse de la généi'ation qui s’élève re- viendra de ces erreurs, et que justice sera rendue à la bonne méthode. Après avoir posé les symptômes de son entité telle qu’il la conçoit, M, Rostan la compare avec toutes les maladies qu’il croit capables de la simuler ; c’est le diagnostic diiférentiel, dont l’idée n’est pas d’au- jourd’hui, car les séméiologistes ont épuisé ce moyen; et nous avons déjà vu que M. Rochoux en avait fait usage dans l’espoir de mieux caractériser sa maladie. Notre auteur en use de même : c’est une ressource précieuse pour les inonogra))hes, qui, sans l’accumulation d’une foide de faits détail- lés , plus ou moins rapprochés ou éloignés de leur malatlie , ne produiraient que des mémoires et n’au- raienc pas assez d’étoffe pour faire de gros livres, à moins de cumuler à supersatiété les observations paiticulières. Il est pourtant juste de dire que M. Rostan s’est contenté de décrire les maladies qu’il compare à son ramollissement, et qu’il n’a pas enfle son livre d’observations de maladies dont il ne trai- tait pas, comme l’a fait M. Rochoux, qui n’a pas moins traité , dans sa Monographie des maladies qui ont quelque l’apport avec la sienne, que de la sienne même. Parmi les maladies que M. Rostan compare au ramollissement, nous en trouvons plusieurs tou- chant lesquelles l’équivoque nous parait impossible; mais en revanche, il y en a quelques unes où elle est si facile, que, de l’aveu de l’auteur, la distinc- tion est impossible. J’y vois d’abord un fait d’hé- morrbagie entre la pie-mère et l’arachnoïde ; une autre d’hémorrhagie entre cette même membrane et la dure-mère; une autre encore d’induration du cerveau , d’un côté , avec hémorrhagie dans les mé- ninges. Dans tous ces cas, les prodromes congestifs ont donné le premier signal ; les membres opposés ont été fourmillans ou tiraillés; les facultés intellec- tuelles ont plus ou moins souffert; et enfin, lorsque la paralysie opposée s’est déclarée, elle n’a plus cédé et s’est accrue jusqu’à la mort, eu même temps que s’accroissaient les troubles de l’intelligence, que se formait l’état comateux, et que divers points d’irritation se développaient dans les cavités viscé- rales. Que faut-il de plus pour établir que le groupe de symptômes de M, Rostan correspond à plusieurs formes d’altérations organiques de l’encéphale, et que, par conséquent, il n’est nullement caracté- ristique du ramollissement partiel de cet appareil ? Ajoutons à cela que dans plusieurs exemples, éga- lement rapportés par M. Rostan , de tumeurs squir- rheuses et inflammatoires traumatiques, la marche et la terminaison ont été les mêmes, à quelques douleurs et convulsions près, qui peuvent manquer, puisque cela dépend de la susceptibilité des sujets dont les variétés sont infinies; ce qui se trouve aussi prouvé par d’autres observateurs; et nous serons forcés de conclure que l’entité morbide de M. Rostan ne peut rester telle qu’il l’a conçue. A l’instar des autres anatomo-pathologistes ex- clusifs, notre auteur ne traite des causes qu’après avoir épuisé les symptômes et leurs diverses com- plications : il les énumère en effet, mais c’est d’une](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22015292_0563.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)