Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan].
- Léon Rostan
- Date:
- 1836
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Credit: Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan]. Source: Wellcome Collection.
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![(1res, (les désordres tels que ceux dont parle M. Cal- meil , sont possibles dans ces régions, sans qu’il apparaisse aucun des troubles musculaires sur les({uels il compte pour prévenir toute confusion avec la paralysie générale des aliénés. Toute- fois , on doit attendre de nouveaux faits pour se l)rononcer. Un cancer cérébral, des tubercules , des tumeurs quelconques,affectant également les deux ccjtés , ne pourraient être pris pour rencéphalo-méningite de 31. Calmeil; des douleurs, des convulsions, quelques inégalités de lésion dans les deux cotés du corps, ne préviendraient pas moins l’erreur que le défaut de similitude dans la progression des dégradations musculaires,instinctives, affectives, intellectuelles. Ainsi, passons sur ce pointj mais notons pourtant que la complication de l'encéphalo-méningite peut survenir dans ces cas; mais comme ils sont très rares, elle a beaucoup plus souvent lieu avec ceux où les mêmes lésions sont ou d’un seul coté ou irrégulièrement situés dans l’appareil encépha- lique. Une exostose égale des deux côtés, faisant saillie à la surface interne du crâne ; une hémorrhagie double, fournissant un double caillot égal sur les surfaces convexes des hémisphères, sont encore des possibilités auxquelles nous estimons qu’il est inutile de s’arrêter : la marche indolente de l’encéphalo-méningite chronique n'y serait assuré- ment pas. Il en serait de même pour le rétrécissement du trou occipital déjà observépar 31. le docteur Ollivier : et d’ailleurs quelques douleurs, saillies ou lésions quel- conques de la région occipito-cervicale mettraient sur la voie; car le trou occipital ne se rétrécit pas dans l’état normal. Ce serait à tort que 31. Calmcil craindrait l’équi- voque de la part de la chorée; mais le tremblement decertainsvieillards qui offrent aussi parfois une mar- che cadencée, ou qui ne peuvent s’arrêter lorsqu’ils sont lancés, quoiqu’ils soient d’ailleurs bien portans, pourrait justifier chavantage ses appréhensions... Ces symptômes, en cfl’ct, décèlent pour nous une ménin- gite chronique de la périphérie, et c’est à juste titre (jueHI. Calmeil redoute pour eux la démence et la paralysie générale, s’ils vivent assez long-temps pour cela, car l’expérience nous a déjà fourni des exemples de cette terminaison, qui n’est pour nous que la dé- térioration du cerveau , consécutive à celle de son en- veloppe vasculaire. Le pronostic et la terminaison sont bien tristes dans l’ouvrage de 31. Calmeil. Royer-Collard n’a pas vu un seul exemple de guérison , et notre auteur ne peut citer que deux succès du traitement, auxquels encore il n’attache pas une grande importance. Nous avonsdonnéd’avancela raisondece funeste pronostic: en prenant la phlegmasie chronique méningo-encé- phalique à une époque moins avancée, il aurait eu quelque chose de plus consolant à nous annoncer. 3Iais il n’avait pas sans doute la conviction que les formes diverses de l’irritation encéphalique, qui peu- vent précéder la démence et la paralysie dite des aliénés, fussent de même nature que l’iiTitation sous l’influence de laquelle ces deux phénomènes morbides se manifestent, et qu’ils ne fussent que les signes de l’agonie et de l’incurabilité de la ma- ladie. Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit plus haut sur le même sujet; mais nous ferons, relati- vement aux causes, quelques remarques qui vau- dront ce qu’elles pourront en faveur de notre ma- nière de voir. 31. Calmeil place l’aliénation mentale au nombre des causes prédisposantes de la maladie, et dit que pour les hommes aliénés pris en masse, la propor- tion des paralytiques est de un sur (Quinze, tandis qu’elle n’est , pour les femmes, que d’une sur cin- quante. Pour moi, qui crois que l’aliéné n’est aliéné que parce qu’il est porteur d’une irritation méningo- encéphalique chronique plusou moins inflammatoire ou subinflammaloire, c’est-à-dire de la même mala- die qui produit la démence et la paralysie générale; je dirais , si j’étais à sa place, que les circonstances et le traitement étant tels qu’ils sont à l’hospice de Charenton, cette irritation n’arrive au point de pro- duire la désorganisation à laquelle correspond la paralysie avec démence, que dans les proportions (]ui viennent d’être énoncées. La terminaison de l’aliénation par démence et paralysie a été vue, par l'auteur, deux fois avant la trentième année , quatorze fois de trente à quarante ans , vingt fois de quarante à cinquante, neuf fois de cinquante à soixante, et, cette époque passée, elle a toujours été en diminuant. Pour moi, je trou- verais là, comme dans la prédominance de la para- lysie générale chez les hommes, un motif de plus pour l’attrihuer à l’irritation qui les entretenait dans l’état de folie; car je dirais que les femmes et les enfans sont beaucoup moins sujets à l’inflammation que les hommes, et qu’après soixante ans , les irri- tations deviennent moins inflammatoires, moins promptement désorganisatrices, et que c’est pour cette même raison que les vieillards tremblottans et à marche convulsive ont quelquefois tant de peine à tomber dans la paralysie générale. Je prendrais un nouveau point d’appui pour mon opinion dans la prédisposition constitutionnelle, en lisant dans notre auteur que la plupart des sujets sont bruns et ro- bustes ; et, pour cette raison, comme pour celle de la similitude d’organisation cérébrale, si remarqua- ble entre les parens et leurs enfans , je ne balance- rais pas à admettre la prédisposition héréditaire : d’ailleurs, assez de faits ont fixé mes idées sur ce dernier point. Pour la question des causes déterminantes ou exci- tantes, je ne vois rien qui ne conhrme tout ce qui vient d’être dit : la profession des armes, celle de douanier, toutes celles qui exposent les hommes à s’approcher d’un feu ardent ; les passions vives, les chagrins domestiques, les revers de fortune ; les excès vénériens, ceux de la masturbation ; ceux du vin , des boissons alcooliques , du café, l’abus du mercure, et souvent plusieurs de ces causes réunies , suffisent bien pour expliquer la fixation de l’ir- ritation dans l’appareil encéphalique : le degré qu’elle y prend, la manière dont on la traite, et la prédisposition organique, doivent faire le reste. 31. Calmeil donne une longue énumération des altérations que présentent les cadavres des aliénés paralytiques : il les rapporte toutes à l’inflamma- tion , ce qui semble le ranger parmi les physiolo- gistes, quoiqu’il n’accorde rien à la subinflamraa- tion ; toutefois, après cela, le même auteur met en doute si cette inflammation est la cause de la para- lysie des aliénés. Ce scepticisme m’étonne ; je n’ai pas pu le comprendre, et je me garderai bien de chercher à en approfondir les motifs. Vient enfin l’article du traitement ; il est nul, comme il ne manque jamais de l’être chez tous les monographes anatomo-pathologistes purs auxquels il a convenu d’ériger en entités-morbides les prin- pales formes de la désorganisation de nos tissus, et de faire débuter ces maladies au moment où l’on](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22015292_0572.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)