Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan].
- Léon Rostan
- Date:
- 1836
Licence: Public Domain Mark
Credit: Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan]. Source: Wellcome Collection.
578/605 (page 573)
![il s'ost liabileincnl aidé des cas traumali(|tics. Il a l'ait voir l'identité des inflammations qui ilépendeiit tics plaies, des Iraclures, des contusions, des com- motions, avec celles que produit l’action des irri- taus-tpii parviennent à l’encéphale par les modifi- cations irritatives pures et simples de l’action vitale. 11 a comparé cnlie eux les désordres matériels, les perturbations vitales directes ou sympathiques de ces deux orihcs de causes. Il a fait voir les ménin- gites de l’un et de l’autre; il a prouvé que les en- céphalites traumatiques qui pénètrent dans le pa- renchyme ])roduisent les mêmes accidens que les spontanées. Il a fait plus, car il a soutenu avec une hardiesse digne d’éloges, que si les chirurgiens obtiennent axijourd’hui plus de succès que les mé- decins dans les maladies encéphaliques, c’est (pi’ils sont plus hardis dans l’emploi des saignées que ces derniers, à qui de vieux préjugés font méconnaître souvent les inflammations, en obsédant leur esprit par des idées d’adynamie, d'ataxie, et autres essen- tialités chimériques. A cette occasion, notre auteur paie un juste tribut à la chirurgie militaire, en ci- tant M. Gaina, qui a démontré la supériorité des saignées locales prolongées, dans le traitement des afi'ectinns traumatiques de l’appareil encéphalique, sur tous les autres moyens connus (l). Cet hommage rendu à la chirurgie militaire, dans la personne d’un de scs chefs les plus distingués, mérite d’être re- marqué à une époque où la chirurgie civile affecte un superbe dédain surles travaux et les découvertes de nos chirurgiens d’armées, presque tous d’ailleurs physiologistes. L’esprit de rapprochement qui préside aux travaux du professeur Lallemand, ne lui a pas permis de négliger l’influence des inflammations des organes sensitifs, placés auprès de l’encéphale, sur les mem- branes et sur la substance pulpeuse de cet appareil, et réciproquement. Il a montré l’inflammation des otites pénétrant dans les lobes moyens, avec ou sans carie, aussi bien que la simultanéité des deux phleg- masies, dont l’une peut servir de révulsif à l’autre, ou du moins la suspendre pour quelque temps.C’est surtout aux approches de la mort, lorsqu'une en- céphalite du lobe moyen devient purulente, que l’otite, qui pourrait coexister, parait suspendue. Il fait également voir que, dans les cas où l’on suppose qu’un abcès du cerveau s’est terminé par une sup- puration auriculaire, il n’y a point eu pénétration du pus cérébral dans l’oreille; mais une irritation plus ou moins inflammatoire de l’encéphale, que la suppuration d’une otite a déplacée par une crise comme on en voit tant. Mais il n’a pas omis de faire observer que si le pus du cerveau n’a pas la pro- priété de perforer l’os temporal pour s’épancher par l’oreille, l'inflammation des cavités auriculaires et mastoïdiennes peut très bien, eu cariant et détrui- sant la substance osseuse, ou en suivant la route des nerfs acoustique et facfal, pénétrer dans le cer- veau, et y devenir promptement funeste. Ainsi les cas de communication , de coïncidence et de trans- ports successifs ont été pareillement exposés et ju- dicieusement appréciés. La pénétration de la phlegmasie au cerveau par les fosses nasales n’a point été omise non plus, et toutes les lésions matérielles, et tous les symptô- mes qui se rattachent à ces difîérens cas ont été suflisamment comparés, et l’ont été sous des rapports assez multipliés pour faire disparaître ces distinc- tions arbitraires de nature ou d’essence par les- (1) Traité des plaies de la tète et de l’cncépbalite, etc. Paris, 1830. r . . (piclles les monographes anatomo-pathologistes de l’encéphale ont essayé d’isoler et d’essentialiser les modes de lésion, qu’ils avaient pris pour sujet de leurs recherches : ceci soit dit toutefois sans aucune intention d’atténuer la valeur de leurs utiles re- cherches, car, telles qu’elles sont, nous sommes heureux de les posséder; mais seulement afin de prouver qu’ils auraient pu bcaucoiqi mieux faire, si leur éducation médicale eût été dirigée suivant la méthode physiologique. M, Lallemand a suivi les progrès du travail répa- rateur qui succède au travail désorganisateur de l’inflammation, jusqu’aux dilférentes formes des ci- catrices, et à leur réduction définitive en tissu cel- lulaire, trame commune et élément primitif, sui- vant plusieurs physiologistes, de tous nos tissus. Malheureusement ce travail s’accomjilit bien rarc- nicnt, à cause des nouvelles irritations exercées par une foule d’agens stimulateurs, très liien signa- lés par notre physiologi.-te, qui viennent porter la désorganisation dans l’encéphale, ou détériorer la nutrition en phlegmasiant les viscères. Mais il n’est pas de notre objet de le suivre dans ces recherches, dont l’intérêt est pourtant incontestable; nous al- lons donc fixer l’attention de nos lecteurs sur un autre sujet. Il s’agit de quelques idées émises par l’auteur sur l’action de certaines fibres de l’encé- phale : il le faut, car ces idées ont quelque rapport avec celles que nous avons exposées sur le même sujet, à l’occasion des recherches de M. Calmeil. Il résulte, de réflexions anatomico-physiologiques très judicieuses du professeur Lallemand, que les maladies qui rompent la continuité, ou seulement empêchent le mouvement des fibres cérébrales dans les corps striés , les couches optiques, les pédon- cules du cerveau, dans la substance du cervelet, dans la protubérance annulaire, et dans la moelle rachidienne, produisent des paralysies, parce que toutes ces fibres communiquent directement avec la moelle épinière, tandis que les affections de la partie centrale du cerveau, c’est-à-dire du corps calleux, du septum lucidum et de la voûte à trois piliers, n’en produisent pas, quoiqu’elles puissent déterminer des convulsions. Voici comment l’auteur explique cette différence : « Or, de chaque côté, le corps calleux se prolonge transversalement dans les deux hémisphères du cerveau par des fibres qui vont jusqu’aux circonvolutions, en croisant la direction tie celles qui communiquent avec la moelle épinière* en avant et en arrière, le corps calleux se recourbe sur lui-même, pour embrasser la double origine du pilier antérieur et des deux piliers postérieurs de la voûte, ainsi que le septum lucidum, qui se con- tinue avec lui sur la ligne médiane. Toutes ces par- ties sont donc renfermées entre la face inférieure et les deux replis du corps calleux, lequel ne com- munique qu’avec les hémisphères du cerveau. Ainsi, dans ces cinq observations (d’affections du corps calleux sans paralysie), aucune des parties affectées n’avait de communication directe avec la moelle • et comme celte circonsfance est exactement la même dans toutes, et que ce sont les seules dans lesquel- les nous n’ayons pas observé de paralysie, il est évident que c’est à elle seule qu’il faut attribuer l’absence de ce symptôme ; mais puisque ces parties ne communiquent pas avec la moelle, comment leur inflammation a-t-elle pu déterminer des con- vulsions? De la même manière que les inflamma- tions de l’arachnoïde, en produisant une irritation dans les parties voisines : ainsi, l’absence de para- lysie dans ces cas n’est pas une exception. » (Let- tre 11% p. 278.)](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22015292_0577.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)