Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan].
- Léon Rostan
- Date:
- 1836
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Credit: Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan]. Source: Wellcome Collection.
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![ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — PROFESSEUR BOUILLAUD B7U l/insorlion de tous les nerfs cérébraux est éçale- meut à la base de rencéphalc. Celle de la paire y est aussi bien que celle des nerfs de 1 ouïe île la vue, qui sont les principales sources de nos connaissances sur ce qui se passe dans le moncle ex- térieur. Les nerfs olfactifs, qu’on dit insérés au tom de la scissure de Sylvius, se prolongent egalement iusaua la base, et y trouvent, comme les optiques, qu’on peut suivre jusqu’aux tubercules quadnju- niaux, la couche blanche du sentiment. S ils avaient besoin des fibres motrices, ils les y trouveraient aussi. Au surplus, soit qu’il y ait, soit qu’il n’y ait pas de fibres du mouvement dans les nerfs cérébraux, ils s’insèrent tous à la base de l’appareil encéphali- que, et les inflammations qui se déclarent a ce base ne peuvent jamais manquer de leser leurs fonctions. „ Voici maintenant la différence que nous aperve- vons entre ces nerfs. Il en est qui n ont besoin que de celte insertion pour l’exécution de leurs fonc- tions: telle est la huitième paire, qui ne cesse d agir et de provoquer l’action des muscles respirateurs, quoiqu’on ait enlevé toute la substance cérébrale qui est placée au-dessus de .son point d insertion, jusqu’à ce que cette insertion soit détruite, ainsi que l’ont prouvé les expériences de Legallois. Tous fes nerfs respirateurs insérés au-dessous de cette même paire reçoivent d’elle l’impulsion qui les force à dilater la poitrine; mais, prives de lii^uence de cette paire, ils restent dans l’inaction. Mais les muscles respirateurs ont d’autres fonctions que celle de faire respirer : la volonté s en sert pour la pio- duction de la parole, etc. 11 faut donc que les nerfs qui leur donnent le mouvement communiquent avec la masse cérébrale, et celte communication n’est nullement douteuse. Donc lorsque le cerveau sera détruit ou comprimé, cette partie des fonctions des nerfs respirateurs sera abolie. Il ne restera que celle qui est relative à la respiration, et celle-ci persistera autant que la vie , parce qu elle n a point besoin de l’influence de l’intellect. Pour les muscles des membres, la question est beaucoup moins claire. H doit y avoir des différen- ces dans leur dépendance de la partie intellectuelle, suivant le degré de l’échelle zoologiqne. Il parait très certain qu’ils n’agissent point chez 1 homme d’une manière régulière et coordonnée, sans 1 in- fluence de rintellect, ou du moins des opérations in.stinclives (exemple : les mouvemens du tœtus). Ils peuvent tout au ])lus, dans^ les cas ou ils sont paralysés par les alterations cérébrales, exciter dos mouvemens momentanés provoqués par le pince- ment, la brûlure, etc. Encore peut-on attribuer ces mouvemens à ce qui reste de fonction à la partie sensitive et instinctive du cerveau. Mais M. Magen- die montre des lapins prives des lobes ceiébi^aux, qui se grattent le nez avec leurs pattes lorsqmon y applique de l’ammoniaque; et d ailleurs ^tout^le monde sait qu’un canard auquel on a coupé la tete peut encore marcher et sauter. Plus on descend dans l’échelle, plus ces mouvemens combinés des muscles locomoteurs deviennent prononcés et du- rables : il n’est personne qui n’ait admiré les moii- vemens <les reptiles auxquels on a coupé la tete. Faut-il donc conclure de ces faits que 1 appareil encéphalique n’e.sl pas le régulateur des mouvemens des membres dans noire espèce ? Non certes ; mais uniquement ([ue chez les animaux dont il s agit, les régions de la moelle où s’insèrent les muscles des membres contiennent proportionnellement plus de fibres nerveuses de sentiment et de mouvement, qu'il n’en existe chez l’homme, d’ou il résulte que l’impulsion du cerveau est moins nécessaire chez eux que chez ce dernier, pour mouvoir et régula- riser l’action des membres. ^ Je dirai plus : cette particularité existe chez nous jusqu’à un certain point pour les membres pelviens. L’altération du cerveau détruit sans retour, lors- qu’elle est intense, l’action des bras ; mais celle des cuisses et des jambes se rétablit très souvcirt, avec le temps, chez les hémiplégiques, quoiqu ils res- tent toute la vie paralytiques des bras. Cela dépend uniquement de ce qu’il y a plus de matière nei- veuse de sentiment et de mouvement, et plus de substance grise dans la région lombaire de la moelle, qu’il n’en existe dans la région cervicale. C’est donc mal à propos que les physiologistes et les anatomo-pathologistes se tourmentent pour dé- terminer dans quelle région de 1 encephale se trouve le principe du mouvement de tel ou tel muscle. La question peut se résoudre en général de la maniéré suivante : Si le point de la moelle ou de 1 encephale qui donne insertion aux nerfs d’un muscle possède assez de fibres du sentiment, du mouvement, et assez de substance grise (moyen de l’influence san- guine) pour suffire à l’action de ces nerfs, là sera le mobile nécessaire de cette action. Toutefois cela n’empêchera pas que les memes nerfs ne puissent être mis en action par d’autres régions de l’appareil encéphalique, parce que les nerfs d’un muscle doi- vent avoir, dans l’encephale, autant de communi- cations qu’il y a de points dans cet appareil qui peuvent mettre ce muscle en action. Les racines des nerfs de tous les muscles soumis à la volonté, se multiplient donc extrêmement dans l’appareil encéphalique , et le principe de leur .• __ _ !j- -, î t rlonc 1111 lirUTlf breuses : donc les racines des nerfs musculaires doivent l’être aussi, et voilà, comme nous l’avons dit, ce qui explique le grand volume du cerveau chez les hommes et chez les animaux qui ont des instincts variés et des facultés intellectuelles multi- pliées. De là résulte, sous le rapport de l’anatomie pa- thologique et de la séméiotique, que les convulsions pourront être également produites, et par la mala- die du point d’insertion des nerfs musculaires, et par celle de toutes les régions de l’encéphale où les prolongemens de ces nerfs sont en communica- tion avec ceux du sentiment, des instincts et de la pensée; aussi, voyons-nous egalement n.aître des conv'ulsions jiar les inflammations et les hémorrha- gies de la moelle, du bulbe rachidien, du pont de Varolc, du cervelet, et des hémisphères du cerveau. Il résulte encore de là que les points de cet ap- pareil qui réunissent le plus de fibres nerveuses musculaires, sous un petit volume, sont précisé- ment ceux où les inflammations, les hémorrhagies et les solutions de continuité, par une cause quel- conque, produiront les paralysies les plu.s étendues ; tels sont les renflemens optiques et striés, les pé- doncules du cerveau ; et si la maladie siège dans le centre du bulbe rachidien, la paraly.sie deviendra facilement générale, n’exislât-elle primitivement que (l’un seul côté, parce que l’altération organi- que gagne facilement toute l’épaisseur du cylindre médullaire. Comparez ces altérations à celles qui se seront formées dans les hémisphères, et près de la péri- phérie du cerveau; vous trouverez que celles-ci provoqueront facilement des douleurs, et surtout](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22015292_0583.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)