Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan].
- Léon Rostan
- Date:
- 1836
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Credit: Cours de médecine clinique où sont exposés les principes de la médecine organique; ou traité élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, etc.; ouvrage auquel l'Académie des Sciences a décerné une médaille d'or / [Léon Rostan]. Source: Wellcome Collection.
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![891 ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — CONCLUSION. s’cn sont servis avec une détermination encore plus précise. Bicliat surtout, Bichat en a fait un usage très remarquable dans sa Physiologie et son Jna- totnio générale. L’irritation est tout entière dans ses propriétés vitales , trop abstraites saiis doute j niais, en somme, elle y est, et c’est de là que Ma- randel l’a tirée.Que <[ucl([ue autre médecin, emule, ou seulement lecteur de Bichat, lui ait donrie 1 idee d’en faire à la pathologie l’application qu’il en a faite, c’est sur quoi nous ne pouvons rien dire de positif. D’ailleurs , ce n’est pas là la question; il s’agit de décider si Marandel, qui a puisé dans Bi- cliat, ainsi que Cafiiu, Prost, tant d’autres, et nous- même, a construit avec l’irritation qn il lui ^ em- pruntée la médecine physiologique qui s est déve- loppée depuis lui, et qui faitmainlenant de si giands progrès. En d’autres termes, Marandel qui, comme la plupart des élèves de Bicliat, a traité tle 1 irrita- tion (car aucun de nos condisciples n écrivait à cette époque sans employer ce mot à cbaqvie instant, puisejue la seule admission des propriétés vitales de cet auteur les y forçait), Marandel, nous le l'épé- tons, a-t-il ou n’a-t-il pas fonde la doctrine medi- cale de la France ? Telle est la question que l’espace ne nous a pas permis d’aborder dans cet ouvrage. En consé- quence, nous avons pris le parti de la renvoyer à la seconde édition de VIrritation et de la Folie ^ ou elle sera peut-être mieux à sa place. Toutefois, pour ne pas déconcerter tout-à-fait la curiosité de nos lecteurs , dont la grande majorité ne pourrait se procurer l’opuscule de Marandel, nous allons rap- porter textuellement la classification des maladies qu’il a cru devoir adopter en 1807. Un coup dœil suffira aux personnes intelligentes pour juger si l’irri- tation joue dans sa pathologie le même rôle que dans la nôtre, et si sa théorie, sur ce qui n’appartient pas, selon lui, à l’irritation, est identique avec la nôtre, ou si elle n’a pas plutôt des rapports évidens avec celles que nous avons critiquées dans cet ouvrage : «Une première classe de maladies renferme les ir- ritations; elles ont pour caractère l’exaltation des for- ces vitales qui président aux fonctions intérieures ou nutritives; elles déterminent dans la partie qui en est le siège, un afflux, une attraction plus grande de liquides dont la nature varie, en raison de celle des stimulans , du tempérament, de la saison, et des circonstances individuelles; enfin, si on fait abstrac- tion de quelques terminaisons particulières à quel- ques unes d’entre elles, toutes ces affections produi- sent, dans l’organisation des parties, un change- ment plus ou moins grand, remarquable par la faculté qu’a l’organe de reprendre son état primitif , lorsque la maladie aura disparu. «Une deuxième classe comprend les atonies, mar- quées par la diminution de ces mêmes forces vitales, qui entraîne la diminution des parties affectées et quelquefois leur augmentation de volume tenant à une accumulation passive de liquides variés. Quoi- que opposées aux irritations, les altérations qu’elles amènent dans ces organes sont néanmoins suscepti- bles de se dissiper, comme dans les cas précédons. «Une troisième classe embrasse les transforma- tions organiques y altérations remarquables par la gradation successive qu’elles observent dans leur développement, de manière qu’on voit l’organisa- tion se composer de plus en plus, par l’impossibi- lité où elles sont de se dissiper, et l’organe qui les présente, de repasser à son état primitif. L’analogie de ces transformations avec les tissus naturels est fondée, non seulement sur la forme et les autres caractères extérieurs, mais encore sur des rapports de texture, de fonctions et même de maladies. «Dans une quatrième classe, nous réunissons les ^ dégénérations organiques, maladies persistantes comme les transformations, qui non seulement changent l’organisation des parties qu’elles allée- tcnt,”mais tendent toujours à leur destruction. «Une cinc[uièmc classe renferme tout ce qui est relatif aux corps étrangers, vivans ou non vivans, venant du dehors, ou développés dans l’économie; celte classe est caractérisée par la nature et la pré- sence de ces corps étrangers, par des îdtérations de ]>ropriétés ou de fonctions, quelquelois meme de l’organisation de nos parties. «Nous faisons une sixième classe de tous les vices d'organisation et de structure originels ; ces maladies portent tantôt sur l’organisation intime et sur la combinaison des élémens primitifs; tantôt elles sont bornées à des changemens de forme et à des priva- tions d’une ou de plusieurs parties. » Les maladies qui résultent du déplacement des parties font le sujet d’une septième classe; il est rare qu’elles amènent des alterations organiques; on les voit plutôt se lier à des dérangemens de fonc- tion, et elles sont accompagnées de changemens de conformation et de geneuans 1 exercice des organes. « Une huitième classe de maladies sur lesquelles l’anatomie n’a tait que très ]acu de progrès, est celle des/terres que nous considérons jusqu’à de nouvel- les recherenes, comme des dérangemens des trou- blés généraux, des propriétés vitales et des fonc- tions; dérangemens qui ont un but détermine, une marche constante et qui tendent à des efforts salu- taires ou pernicieux. , i « Enfin, dans une neuvième et derniere classe peuvent être placés tous les dérangemens des fonc- tions cérébrales, soit que ces affections tiennent a leur exaltation ou à leur diminution, soit qu’elles affectent une seule partie , ou qu’elles soient plus ou moins générales. C’est dans celle-ci que je range les douleurs, les spasmes, les convulsions, quelques paralysies, les anomalies nerveuses, etc. « Les maladies qui composent ces deux dernières classes présentent quelquefois des alterations orga- niques , dont il est fait mention dans les preceden- tes ; mais elles offrent trop de variations dans leurs effets, pour qu’on puisse les rapporter à celles des classes où entrent les lésions qu elles amènent le plus constamment. « ... Nous terminerons ici VExamen des doctrines me- dicales, avec le regret de n’avoir pu donner une analyse critique des travaux de Béclard et de M. le docteur Descot sur les inflammations des nerfs. Nous aurions encore voulu y joindre un résumé des travaux sur les névralgies et les névrosés piojare- ment dites ; sujet plein d’intérêt, et qui vient d etre rajeuni par les utiles travaux de 1 ingénieux et in- fatigable docteur Piorry. Cette analyse aurait com- plété ce que nous nous étions proposé de publier sur les maladies du système nerveux ; mais nous renonçons à ce genre de travail ; la critique est pé- nible,' et doit avoir un terme ; et ceux qui ont pu- blié que nous allions continuer notre Examen sous une autre forme n’ont point été les interprètes ü- dèles de notre pensée. ■ , • Nous avons mis assez de doctrine physiologique dans l’examen critique des principaux ouvrages du temps, pour que le monde médical ait l’idee de ce que nous sommes capable de faire en ce genre. Ainsi, nous le répétons, VExamen est termine ; et si nous avons encore quelque tribut à payer a la science, ce ne sera plus sous la forme dont cet ou- vrage offre l’exemple. FIN.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22015292_0595.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)