Éloge de M. Magendie / [E. Frédéric Dubois].
- Dubois, E. Frédéric, d'Amiens, 1798-1873.
- Date:
- 1857
Licence: Public Domain Mark
Credit: Éloge de M. Magendie / [E. Frédéric Dubois]. Source: Wellcome Collection.
32/40
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image![XXX respirer; il ne faisait plus que de courles apparitions à l’Académie des sciences, disant que la salle des séances était mal construite et privée d’air; ces symptômes avaient pris une grande intensité dans les premiers mois de 1855; ils annonçaient, à n’en pas douter, quelque grave lésion organique du cœur ; mais à quelles étranges illusions ne peuvent pas se laisser aller les esprits les plus fermes et les plus clairvoyants! Pour tout autre, M. Magendie ne s’y serait point trompé : il aurait vu dans cet en¬ semble de phénomènes qu’il aurait appelé physiques une de ces lésions matérielles qui apportent un empêchement à la libre circulation du sang; mais il s’agissait de lui-même, et il connaissait l’épigraphe menaçante du livre de Corvisart. Aussi] dans son désir de ressaisir l’existence, on le vit se rattacher à des idées qu’il avait combattues pendant toute sa vie; c’était comme un dernier rameau vers lequel il tendait la main. Tous ces accidents, disait- il, devaient tenir à quelque principe goutteux qui, apres avoir cheminé dans l’économie après avoir pris toutes sortes de formes, avait fini par se jeter sur les organes de la circulation et de la respiration. On sait combien sont cruelles les approches de la mort quand elle est amenée par une maladie du cœur; M. Magendie les a supportées avec une grande force d’âme. Lorsque enfin il comprit qu’il n’avait plus rien à espérer, assis sur son lit de douleur, il attendit avec une sombre ré¬ signation le moment fatal : ce fut une longue agonie, un spectacle dé¬ chirant pour ceux qui l’entouraient et qui ne se termina qu après de longues souffrances, le 8 octobre 1855. ^ Ainsi s’éteignit, messieurs, cette vie qui, pendant près d un demi- siècle, s’était mêlée si activement et si diversement à presque toutes les questions soulevées dans le monde médical. Toutes les heures, tous les instants de cette vie avaient été consacres au service de la science, et, il faut le dire à sa louange, M. Magendie a montré en cela un zèle, une ardeur, une constance qui ne s’est jamais démentie; avec un peu plus d’érudition et un peu plus de confiance dans le savoir et l’habileté des autres, il se serait épargné bien des tra¬ vaux; mais cet esprit soupçonneux et négatif voulut tout reprendre, tout voir, tout examiner par lui-même : c’était comme une agitation perpé¬ tuelle qu’il soulevait autour de lui, agitation quelquefois déplacée et blessante, mais qui, en définitive, notait point stérile, car elle entrele- liait dans la science un mouvement sain aire.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30563021_0032.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)