Eloges lus dans les séances publiques de l'Académie royale de chirurgie de 1750 à 1792 / par A. Louis ; avec une introduction, des notes et des eclaircissements par E. Fréd. Dubois.
- Antoine Louis
- Date:
- 1859
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Credit: Eloges lus dans les séances publiques de l'Académie royale de chirurgie de 1750 à 1792 / par A. Louis ; avec une introduction, des notes et des eclaircissements par E. Fréd. Dubois. Source: Wellcome Collection.
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![^^-^ ÉI.OGE DJi LOUIS. Lu \ ic de Louis offre plusieurs traits de cette bienfaisance, (]ui consiste à se dépouiller pour soulager ses semblables, qui ne permet pas de voir avec indifférence et sans la secourir le tableau déchirant de l'indigence. On nous a donné nombre de preuves de sa charité pour les pauvres et de sa générosité envers des familles qui avaient recours à ses bienfaits. Peu de temps après sa mort, deux filles infortunées, qui touchent de près à l'Académie, nous disaient avoir perdu avec Louis leur plus grand bienfaiteur, dentelles n'ont connu la générosité qu'après en avoir longtemps profité. Si Louis était libéral et bienfaisant envers des étrangers, on doit juger que sa famille devait être à cet égard l'objet de ses plus tendres sollicitudes. Il suffit d'ouvrir son testament (1) pour s'en convaincre. La dernière clause porte : qu'il compte sur la religion et le bon cœur de ses légataires pour doubler les bienfaisances quelles étaient annuellement chargées d'acquitter pour lui envers plusieurs membres de sa famille, et qu'il espère surtout qu'elles pourvoiront au bien-être de trois petits malheureux orphelins, parents très éloignés, mais dont l'infortune suffit pour qu'il s'intéresse à leur sort. Ajoutons que la citoyenne Potier, sa inèce, une de ses légataires, digne de toute la confiance que Louis lui accordait, nous autorise à déclarer ici qu'elle a presque toujours vécu des bienfaits et des libéralités de son oncle (2). (î) Dans soa testament il ordonne que ses cendres reposent à côté de celles des pauvres qu'il a servis pendant son séjour à l'hôpital de la Salpê- trière. Jamais il n'a abandonné cette maison : il la fréquentait souvent, et chaque fois qu'il y allait, il visitait les infirmes, les consolait dans leurs peines, leur donnait tous les secours qui dépendaient de lui : aussi la bénédiction des pauvres, cette seule récompense digne de l'homme chari- table et sensible, l'a-t-elle suivi jusqu'après sa mort, et les larmes qu'ont versées les pauvres de laSalpêtrière, eu recevant les restes inanimés de leur ami, honorent mieux sa mémoire que ne le ferait l'éloge académique le plus brillant. (2) Louis fut boa et excellent maître. Deux domestiques, une fille et un](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21778292_0534.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)