Les processus généraux / par A. Chantemesse et W.W. Podwyssotsky.
- André Chantemesse
- Date:
- 1905
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Credit: Les processus généraux / par A. Chantemesse et W.W. Podwyssotsky. Source: Wellcome Collection.
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![quelques-uns prennent Taspect de cellules géantes, entourant les cris- taux uratiques. Quand les phénomènes inflammatoires atteignent un certain degré d'intensité, ils contribuent à l'apparition des déformations articulaires. La surface diarthrodiale se détruit dans les parties centrales du cartilage, tandis qu'à la périphérie la prolifération des éléments du tissu aboutit à une néoformation cartilagineuse. Au niveau du rebord, à Tendroit où la synoviale tapisse encore la surface articulaire, une végé- tation abondante de cellules cartilagineuses se produit, tandis que la substance fondamentale devient cassante, (issurce, et prend l'apparence velvétique. Au centre de la surface articulaire cartilagineuse, oii le revê- tement synovial manque, les cellules en prolifération se vident dans l'in- térieur de la jointure; il en résulte une atrophie et une usure du cartilage, (jui peuvent al)Outir à de véritaljles ulcérations mettant à nu le dépôt ura- tique et allant même jusqu'à la surface osseuse. C'est dans ces cas qu'on trouve dans la jointure une bouillie puriforme ou plâtreuse, colorée quel- (juefois par la présence d'une petite quantité de sang extravasé. Ces lésions anatomiques des grandes arthrites goutteuses siègent de préférence dans les jointures du genou ou du cou-de-pied; elles ne sont j)as sans analogie avec les altérations de l'arthrite déformante rhumatis- male, mais, dans cette dernière, si les ecchondroses et les ulcérations cartilagineuses existent, les dépôts crayeux manquent. Le mode d'i/ic/ii.stn/io/i sndi(j/(e des cartilages a été dé('rit, dès i863, par Charcot et Corml. Les dépôts crayeux qui se dirigent plus ou moins profondément vers le tissu osseux commencent à apparaître dans l'épais- seur du cartilage diarthrodial, à une petite distance de la surface lil^re. L'examen du centre du dépôt donne l'impression d'une masse opaque indistincte, mais la périphérie laisse reconnaître nettement une accunui- lation de cristaux d'urate de soude en aiguilles dirigées en tous sens. L'acide acétique, agissant sur ces masses opaques, les dissout peu à ])eu. Les dépôts caractéristiques que l'urate de soude détermine dans les tissus périarticulaires ou dans certains points des téguments ])rennent le nom de tophus. Ceux-ci peuvent se rencontrer au voisinage des arti- culations des mains et des pieds, dans les ligaments et tissus fibreux pé- riarticulaires, dans les gaines tendineuses des fléchisseurs des doigts et des orteils, dans les bourses séreuses qui siègent au niveau des tubéio- sités osseuses préai'ticulaires. L'inflammation suppurative de ces bourses donne lieu à des écoulements de pus et de boue crayeuse. Les incrusta- lions du tissu sous-cutané peuvent aljoutir aux ulcérations de la peau. On trouve dans le pavillon de l'oreille de petits tophus (Scudamore, Cruveilhier, Garrod, Charcot) qui ont pour le clinicien une valeur diagnostique importante. Ces tophus se dissolvent sous l'action de l'a-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2150779x_0346.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


