Les processus généraux / par A. Chantemesse et W.W. Podwyssotsky.
- André Chantemesse
- Date:
- 1905
Licence: In copyright
Credit: Les processus généraux / par A. Chantemesse et W.W. Podwyssotsky. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by The University of Leeds Library. The original may be consulted at The University of Leeds Library.
349/446 page 335
![difficilement y érhaj)per, même en se prémuiiissanl nvee soin contie tout excès. Chez les ascendants des goutteux, on liouve la podagre presque dans la moitié des cas. Depuis des temps reculés on avait allrihui' la gcnille à la vicialion des Immeurs, et les accidents articulaires à la |)énétration, dans la join- ture, d'une humeur peccante dont le tophus représentait le produit île solidification. La découverte de Turate de soude dans ces concrétions (FouRCROY et Wollâsïon), celle de l'acide uricpie dans l'urine, fournirent à cette idée une base chimique, et ])ienti)t toutes les hypothèses sur la nature de la goutte ^lîrent devant la tliéorie uricémique de cette maladie, théorie dont G.vrrod fut le promoteur (1861 ). Pendant l'accès de goutte, affirmait ce savant, il y avait diminution de l'acide urique dans l'urine et augnxentation de cet acide dans le sang, par le fait d'une imperméabilité rénale qui s'exagérait, d'une façon |)aroxystique, avant les crises. La pré- sence de l'acide urique en quantité anormale était le fait constant et ca- ractéristique de l'altération du sang chez les goutteux. Cette accumula- tion, Garrod la démontrait par un très petit nombre d'analyses directes du sang et surtout par le fameux procédé du (il. 11 recueillait sur des bouts de fil des cristaux d'acide urique déplacé du sérum sanguin des goutteux par l'addition à ce sérum de (pielques gouttes d'acide acé- tique : l'excès d'urate dans le sang amenait sa précipitation dans les jointures. Toute la conception de la théorie de Garrod repose donc sur ces trois faits : uricémie, diminution de l'acide uri([ue dans l'urine, dépôt d'urates dans certains tissus. Si l'existence de ces trois faits est bien démontrée, et si la goutte est la seule maladie oii ils se trouvent réunis et concordants, on ne pourra méconnaître que la théorie de Garrod représente un édifice solidement construit, qui défie la critique. Avant d'en arriver aux critiques des auteurs qui attaquent la théo- rie de Garrod en visant sa base même, par la négation de la pré- sence de l'urate de soude en excès dans le sang, citons les expériences qui peuvent être considérées comme des points d'appui de la doctrine anglaise. Likhaïcheff, pratiquant chez les poules la ligature des ure- tères, a provoqué la précipitation d'urate de soude dans des tissus nor- maux, et dans ces tissus le sel sodique se dépose sans produire une altération bien manifeste. Déjà Zalesski, Chroxczevski, Colosaxti, liant les uretères chez les oiseaux et les serpents, avaient vu s'accu- muler dans les fentes du tissu conjonctif des cristaux d'urate de soude. En répétant la môme opération, Ebsteix a produit chez la poule un processus morbide très analogue à celui de la goutte humaine : en divers points, il a fait apparaître des foyers de nécrose où se déposaient des grains et des cristaux d'urate de soude, provoquant plus tard](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2150779x_0349.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


