Les processus généraux / par A. Chantemesse et W.W. Podwyssotsky.
- André Chantemesse
- Date:
- 1905
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Credit: Les processus généraux / par A. Chantemesse et W.W. Podwyssotsky. Source: Wellcome Collection.
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![OU du derme tout entier. A un degré plus avancé, on a affaire à une mortification des parties molles, sur une profondeur plus ou moins grande, et même à la carbonisation de tout un membre. Les brûlures produites par l'inhalation de gaz surchauffés sont particulièrement dangereuses, à cause de leur étendue et des lésions qu'elles provoquent dans les muqueuses. L'un de nous (Ghanïemksse) a constaté, à l'autopsie de personnes qui avaient péri dans l'incendie du théâtre de l'Opéra- Gomique à Paris (1886), pour avoir inhalé de l'air surchauffé, une coa- gulation du sang, non seulement dans les capillaires du poumon, mais encore dans les troncs des artères pulmonaire et aorte. Ces gros vais- seaux, remplis de sang coagulé, rappelaient étroitement l'apparence du boudin grillé. Nous venons de passer en revue les trois causes principales, troubles circulatoires, actions chimiques, influences mécaniques et physiques, qui provoquent la nécrose des tissus. On fait encore intervenir, pour expliquer l'origine de la mortification et de la gangrène des éléments, Vinfinence du système nerçeiix et celle des microbes. A vrai dire, ces dernières conditions étiologiques, pour puissantes qu'elles soient, entrent elles-mêmes dans le cadre des causes précédemment signa- lées. Ce n'est pas, par exemple, les microbes en tant que corps étran- gers qui produisent la gangrène, mais l^ien les j)roduits solubles qu'ils sécrètent, c'est-à-dire les substances chimiques. Pour le système nerveux, la gangrène des orteils, provoquée chez le coljaye par la section du sciatique (Buowx-Séquaud), ne se produit plus si on protège la patte contre l'action des germes extérieurs : les escarres consécutives à des lésions nerveuses se rattachent ainsi de très près à des trou])les circulatoires provoqués par influence vaso-nujtricc. Cependant, si, à un point de vue théorique, on peut rattacher aux trois ordres de causes que nous avons signalés en premier lieu les gangrènes d'origine neuropathique et niicro])ienne, ces dernières ont des allures cliniques et une physionomie si spéciales qu'elles méritent une étude particulière. Il n'est pas rare de voir survenir des gangrènes à marche rapide dans les affections du système nerveux central et en particulier dans les myé- lites aiguës. Dans les cas d'hémorragie et de ramollissement du cer- veau, des escarres se développent rapi(h'ment du coté paralysé. Les altérations du système nerveux provo(juent des Irouljles trophiques, et surtout des modifications de la vaso-nu)tricité c[ui influencent la vigueur des éléments et les emj)èchent de résister à l'invasion des agents ChaNTEMESSK t't l'ODWYSSOTSKY. PrOCCiSUS gL'In'lIUX. J 0'](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2150779x_0395.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


