Les processus généraux / par A. Chantemesse et W.W. Podwyssotsky.
- André Chantemesse
- Date:
- 1905
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Credit: Les processus généraux / par A. Chantemesse et W.W. Podwyssotsky. Source: Wellcome Collection.
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![ÉVOLUTION Une cellule morte, une région nécrosée, se comportent, à l'égard du tissu vivant environnant, comme des corps étrangers. Substances albu- minoïdes, elles constituent une excellente matière nutritive pour les cellules vivantes qui les entourent. En vertu du principe de la lutte des différentes parties entre elles, lutte qui est Fessence même de l'activité de tout organisme pluricellulaire, la réaction du (issu viçant conti-e les cellules mortes n'est qu'un processus d'utilisation des substances nutritives que ces dernières renferment. Ce qui se passe à la limite des parties mortes et vivantes n'est que la mise en œuvre de ce phénomène. L'alimen- tation surabondante des régions vivantes, voisines de la lésion, a pour résultat leur accroissement excessif et, en fin de compte, le remplace- ment de la substance morte par des éléments vivants néoformés. A la limite du mort et du vif se forme peu à peu une zone de réaction inflam- matoire, connue sous le nom de zone de séparation ou de démarcation. Si le foyer de mortification est petit, constitué j)ar quelques cellules et non infecté, la ligne de démarcation fait défaut; au contraire, s'il a de grandes dimensions, elle devient très large. La présence de bactéries dans le foyer de gangrène détermine l'augmentation des dimensions de la région limitante*, ce qui s'observe surtout avec les bactériespijogènes et septiques. Dans la zone de séparation se déroulent des actes qui tra- duisent la réaction du tissu vi<,'unt contre la substance morte. C'est d'aljord un processus inflammatoire, c'est-à-dire une hyperémie locale, une exsudation et une émigration plus ou moins considérable de cellules, la multiplication des éléments du parenchyme, surtout de l'eudothélium des capillaires et d'une manière générale de tous les éléments du tissu conjonctif ; enfin, dans quelques cas, on constate la formation, aux dépens de ces derniers, de cellules géantes autour des cellules mortes. Ces énormes formations embryonnaires possèdent un pouvoir p/iagoci/taire et détruisent peu à peu le protoplasma des cellules mortes. La proli- fération des éléments conjonctifs jeunes forme avec les leucocytes venus par diapédèse la substance qu'on nomme //.s-.s-// de granulation ; celui-ci est une formation passagère, instable, état tra/tsitoirc entre la nécrose et le tissu conjonctif fxc ou la cicatrice. La destruction des régions mortifiées parles cellules géantes mérite, au point de vue biologique général, une attention particulière. Elle s'exerce grâce à la sécrétion, dans le protoplasma de ces cellules, d'un ferment protéolytique spécial, analogue à la trypsine. On observe une série de stades successifs de la liquéfaction et de la disparition des masses cellulaires privées de vie, dans le sein du proto])lasma des cel- lules géantes. Les observations les plus démonstratives à ce sujet sont fournies par l'étude des lésions expérimentales de mortification provo-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2150779x_0421.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


