Traité théorique et pratique de la ligature des artères / [P.J. Manec].
- Pierre Joseph Manec
- Date:
- 1832
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traité théorique et pratique de la ligature des artères / [P.J. Manec]. Source: Wellcome Collection.
32/100 page 22
No text description is available for this image
No text description is available for this image
No text description is available for this image![l’artère et du caillot, comme nous venons, d’en voir quelques exemples, mais bien une sorte d inflammation corrosive qui usait à la fois l’artère et le caillot. Il est facile de se convaincre, en jetant les yeux sur la meme pièce ouverte, fig. 13, que si l’usure s’était encore continuée pendant quelque tems, une hémorrhagie serait immanquablement survenue. Ce dernier fait prouve la nécessité du conseil que donnent tous es auteurs, d’enlever les ligatures aussitôt qu’elles sont mobiles, sans toutefois exercer aucune violence sur elles. _ - i _1. ' 1. s] n pnto rl n r’CPïir. _partie assez considérable de rartere opérée, par ? la suppuration forte qui survient toujours, en détruit encore une plus grande étendue que lorsqu’on a fait usage d’un corps peu volumineux pour lier le vaisseau. Les conséquences de ces faits sont que les he'morrhagies doivent être plus fréquentes à la suite de l’emploi des grosses ligatures, qu après celui des petites; attendu que ce terrible accident est presque toujours produit par le defaut d espace suffisant pour qu’il puisse se former un caillot entre le point où l’artere est obîiteree et la naissance d une grosse collaterale; que cet espace manque de prime-abord, parce que l’on aurait pose la ligature trop près de la naissance d’une branche voisine ; ou bien qu’il se trouve réduit par la suppuration au-dessous de la dimension necessaire pour que le caillot puisse s’opposer à la sortie du sang : les résultats sont les memes. Bien plus> dans cette dernière circonstance, la suppuration, en même temps qu’elle détruit les membranes de 1 artère et la substance du caillot, se propage au loin sur la tunique celluleuse, et isole ainsi le vaisseau d avec les parties qui l’entourent, quelquefois dans une étendue de dix à quinze lignes; en sorte que ce qui peut rester du caillot ne conserve plus alors une adhérence assez forte avec la membrane interne pour résister a l’impulsion du sang; tandis que lorsque le vaisseau opéré conserve toutes ses connexions, et, par conséquent, lorsqu’il jouit de toute sa vitalité, son union avec le caillot est si forte, que les plus petits restes de celui-ci suffisent le plus souvent pour s’opposer à l’hémorrhagie (1). x4fin de prévenir les accidents que nous venons de signaler, Scarpa conseille actuellement d’enlever la ligature et le sparadrap trois ou quatre jours après leur application sur le vaisseau. Je considère ce précepte comme une amélioration bien grande de sa méthode opératoire. Certainement l’inflammation et la suppuration qui la suit, sont moins redoutables lorsqu’on enlève les pièces du petit appareil compressif peu de jours après l’opération, que lorsqu’on en abandonne l’expulsion aux efforts de la nature; mais il ne résulte pas de là que cette modification doive faire préférer la méthode de Scarpci à celle du docteur Jolies; car, au moment de l’extraction de la ligature, l’inflammation est déjà plus forte dans le fond de la plaie qu’elle ne le sera jamais si l’on n’a fait usage que d’un seul fil (2); de plus, les mouvements et les tiraillements inévitables que l’on fait éprouver aux bouts de l’artère durant cette seconde opération, qui est presque aussi douloureuse que la première, lorsque le vaisseau est placé profondément , doivent contribuer à l’augmenter encore. Il ne serait pas impossible non plus que cette manœuvre faite peu de jours après la suspension du passage du sang dans l’artère, lorsque la caillot est encore peu adhérent à ses parois, il ne serait pas impossible, dis-je, qu’elle ne déterminât une hémorrhagie immédiate, sur-tout lorsqu’on opère sur les vieillards, chez lesquels les tuniques des artères sont très friables. En conséquence de ce qui vient d’être dit, je pense qu’en général (3) les petites ligatures doivent être préférées aux grosses,quelles que soient les modifications que l’on fasse subir à l’application de ces dernières. Je n’ignore pas cependant que des chirurgiens du plus grand mérite, tels quePalletat^ Monoir, et plusieurs autres, ont obtenu des succès avec la méthode de Scarpa modifiée, comme d’autres, M. Roux, par exemple, en obtiennent tous les jours sans ces modifications. Je crois que dans ces cas le succès aurait été bien plus certain si ces praticiens avaient fait usage d’une petite ligature. Torsion des artères. Dans ces dernières années, on a proposé d’arrêter la marche du sang dans les artères, parla torsion de ces vaisseaux, et sans laisser à demeure aucun corps étranger, soit dans la plaie, soit sur le vaisseau. Nous ne nous occuperons pas à rechercher ici à qui appartient la découverte ou bien la nouvelle préconisation de ce procédé : c’est à ceux que cette question intéresse personnellement à faire connaître leurs droits, et au public à juger; nous dirons seulement que cette manière d’opérer fut proposée presque en même temps par MM. Amussat, Vdpeau et Thierry, et que ces trois chirurgiens l’exécutent chacun d’une manière particulière. Les deux premiers n’en ont jamais conseillé l’emploi que pour arrêter les hémorrhagies qui suivent les grandes opérations, ou bien celles qui arrivent à la suite d’une blessure i * • J ; i (1) On en voit un exemple (Pl. Ire, fg. 12. ) (2) A moins, toutefois, que quelque circonstance particulière, indépendante de la ligature , ne vienne l’augmenter, comme nous en avons 1 _ ... p.„! 1 : ^ a— ' j. ' f t>i Tre _\ VU un exemple sur l’animal qui a fourni la pièce représentée ( Pl. Ire , Jig. 7.) (3) Je dis en général, parce que, comme nous le verrons bientôt, lorsque les parois des artères sont malades, les ligatures larges, ou même appareil de Scarpa , sont préférables aux petites ligatures.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b30452260_0033.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)