Gymnastique de l'opposant : uniquement fondée sur l'anatomie et la physiologie de l'homme / par J.-L Pichery.
- Pichery, J.-L. (Jules-Léandre), 1811-
- Date:
- [1870]
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Credit: Gymnastique de l'opposant : uniquement fondée sur l'anatomie et la physiologie de l'homme / par J.-L Pichery. Source: Wellcome Collection.
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![Après avoir rendu à celte méthode thérapeutique la justice qui lui est due, nous devons signaler les dangers et les inconvé- nients de l’eau froide. Manié sans circonspection et sans adresse, cet agent cesse d’être innocent. 11 cause des inflammations di- verses, des bronchites, des pneumonies, des] rhumatismes, etc. Il amène une hyposthénisation profonde qui peut aller jusqu’à la mort immédiate, comme on en connaît quelques exemples et comme il en existe sans doute quelques autres qui ont été pru- demment dissimulés. Ces catastrophes trop réelles n’ont rien qui doive surprendre ni décourager. Les forces de la nature sont aveugles; elles créent ou anéantissent au gré de l’intelligence; le projectile est innocent de la direction que l’arme lui imprime; la vapeur et l’électricité sont, ou les dociles servantes de l’indus- trie ou d’incomparables agents de destruction, suivant le degré de sagesse qui préside à leur mise en jeu. Et l’effet nuisible ou favorable est toujours, bien entendu, en raison directe de la puissance de l’instrument. Il en est ainsi de l’eau froide. Arrière donc les mains inhabiles; on ne joue pas impunément avec ce moyen. 11 y a dans la pratique de l’hydrothérapie un autre écueil. Si l’on a bien saisi le mécanisme de son action sur l’économie, on sait quhl en résulte des effets excitants et toniques, un surcroît de vitalité que suit un inexprimable bien-être. Cet excès d’é- nergie organique et fonctionnelle, comparable, jusqu’à un certain point, à celui que produisent l’alcool et les excitants diffusibles, appelle facilement l’abus comme ces derniers. Personne n’ignore que l’ivrogne, dans ses libations, obéit moins à la gourmandise qu’à un besoin interne, à un vague sentiment de défaillance, à un état de prostration morale et physique dont l’alcool est à la fois la cause et le remède. L’habitude;, en un mot, a fait de l’al- cool l’excitant indispensable de son organisation engourdie. Quelque chose d’analogue a lieu relativement à l’hydrothé- rapie. Celui qui abuse de ce moyen d’excitation se condamne fatalement à vivre désormais d’artifice et à en exagérer gra- duellement la dose jusqu’à l’impossible. Tous ceux qui ont fré- quenté la population fidèle à l’hydrothérapie ont pu rencontrer des fanatiques qui ne trouvent jamais d’eau assez froide ni de douche assez puissante. Le docteur Fleury raconte l’histoire plaisante d’un de ces enthousiastes de la douche : « Je me sou- viens, dit-il, de l’insistance avec laquelle, au nom de sa dignité](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28717697_0244.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)