Traité des maladies infectieuses : maladies des marais : fièvre jaune : maladies typhoïdes, fièvre pétéchiale ou typhus des armées, fièvre typhoïde, fièvre récurrente ou à rechutes, typhoïde bilieuse, peste; choléra / par W. Griesinger ; tr. d'après la 2. éd. allemande et annoté par G. Lemattre.
- Wilhelm Griesinger
- Date:
- 1868
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traité des maladies infectieuses : maladies des marais : fièvre jaune : maladies typhoïdes, fièvre pétéchiale ou typhus des armées, fièvre typhoïde, fièvre récurrente ou à rechutes, typhoïde bilieuse, peste; choléra / par W. Griesinger ; tr. d'après la 2. éd. allemande et annoté par G. Lemattre. Source: Wellcome Collection.
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![l'on retrouve des eaux minérales composées de sulfates et de chlorures (Savi). Peut-on attribuer l'action nuisible de ce limon fangeux à la putré- faction des êtres organiques de l'eau douce, putréfaction qui a lieu lorsque cette eau subit le mélange d'une eau salée qui provient du sol lui-même riche en sels? Le miasme infectieux se développe d'autant plus facilement que le limon des marais est riche en matières organiques, et surtout en matières organiques végétales; là oii elles sont en petite quan- tité, l'action paraît toujours modérée. On ne saurait dire exactement quel est le rôle joué par les matières organiques de provenance animale dans la production du miasme , mais on peut faire remarquer que les maladies développées sous l'influence de la putréfaction des matières organiques uni- quement animales n'offrent pas la plus légère ressemblance avec les maladies des marais. On a dit que quelques matières putrides développaient beaucoup d'ozone et que ces matières précisément ne donnaient point lieu au déve- loppement de la fièvre [Clémens] ; si le fait était exact, on pourrait dans l'état actuel de nos connaissances expliquer la destruction des émanations putrides au moyen de l'ozone, se rendre ainsi compte de l'innocuité de cer- taines effluves et en tirer peut-être des conséquences pratiques. 3° Le développement du miasme dépend aussi en grande partie de la température. Les matières putrides soumises à une basse température ne développent jamais la fièvre, la chaleur produit un effet tout à fait con- traire, en aidant sans doute la fermentation, en favorisant l'évaporation. Les influences des climats, des saisons, des variations de température [§ 13], doivent être en grande partie rapportées à cette cause. ■4° C'est dans les environs des lieux où le miasme palustre s'est développé que son influence s'exerce avec le phis d'intensité, et elle diminue, en s'éloignant, non-seulement dans une direction horizontale, mais surtout dans une direction verticale. Cependant on remarque souvent que, sur certaines hauteurs d'une élévation moyenne, la fièvre règne avec plus d'in- tensité que dans la plaine, et que le miasme exerce même son action sur le versant opposé ; il faut dans ces circonstances faire jouer un grand rôle la surface comme à l'intérieur du sol a été considéré comme la cause principale du dé- veloppement du miasme spécifique : « Toutes les fois, dit Dutroulau, que, dans les marais salés, on est arrivé à dédoubler les eaux en détournant les cours d'eau douce, ou en opposant une barrière à l'envahisse- ment de l'eau salée, on a vu les fièvres s'arrêter ; on les a fait renaître à volonté en opé- rant de nouveau le mélange. Quand l'eau de mer domine beaucoup dans les eaux ainsi mélangées, les fièvres ne sévissent pas, mais, dès que la proportion des eaux se balance, elles prennent une grande violence et ne diminuent que quand on ne constate plus d'eau salée. Le mélange d'eau salée et d'eau douce peut donc être considéré comme la cause de l'intensité des fojers palustres dans nos colonies insalubres des tropiques, car partout il se fait à découvert ou s'opère profondément par la présence des alluvions marines, par- tout aussi où il existe en suffisante proportion, le palétuvier végète et devient caractéris- tique de la salure et de l'insalubrité du sol. Sur les terrains élevés des îles volcaniques, c'est encore l'alluvion marine qui couimunique probablement aux eaux pluviales la pro- priété de faire naître des miasmes fébrigènes. » G. L.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21055373_0018.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)