Traité des maladies infectieuses : maladies des marais : fièvre jaune : maladies typhoïdes, fièvre pétéchiale ou typhus des armées, fièvre typhoïde, fièvre récurrente ou à rechutes, typhoïde bilieuse, peste; choléra / par W. Griesinger ; tr. d'après la 2. éd. allemande et annoté par G. Lemattre.
- Wilhelm Griesinger
- Date:
- 1868
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Credit: Traité des maladies infectieuses : maladies des marais : fièvre jaune : maladies typhoïdes, fièvre pétéchiale ou typhus des armées, fièvre typhoïde, fièvre récurrente ou à rechutes, typhoïde bilieuse, peste; choléra / par W. Griesinger ; tr. d'après la 2. éd. allemande et annoté par G. Lemattre. Source: Wellcome Collection.
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![ment sont encore plus obscures ; nous rapporterons cependant à la même cause cette fièvre dite des montagnes, que l'on observe dans les contrées élevées de l'Espagne (1), sur quelques sommets incultes du Pérou [Tschu'li], ainsi que dans les Indes occidentales; on peut supposer que ces lieux, qui reposent sur des hauteurs assez élevées et abruptes, ont un fond essentiellement poreux et humide et tant que l'on n'a point fait de recher- ches particulières au sujet d'une quelconque de ces localités, on n'est pas en droit de conclure à l'absence des conditions ordinaires qui engendrent le miasme de la fièvre : il semble résulter que dans ces circonstances la maladie se développe en grande partie sous l'influence de l'humidité du sol, des pluies antérieures, d'une abondante rosée, aprèsles forteschaleurs,^ développe sous l'influence de la chaleur des miasmes qui ont une origine semblable à ceux des marais découverts, et qui produisent les mômes maladies. « Ces marais souterrains dont il décrit la formation, les conditions d'existence de no- cuité, les moyens de les détruire, de les atténuer, ont été constatés en Algérie, en Italie ^ eu France, dans les Landes et la Sologne, etc. « Leur introduction dans la science permet de ramener l'invasion des fièvres intermit- tentes à une cause unique, le miasme palustre; elle explique l'insalubrité du pays où on ne voit pas de marais à la surface du sol; elle ruine les théories qui nient le miasme et ne font dépendre les pyrexies périodiques que des seules influences météoriques ou clima- tériques. » G. L. (1) Dans l'intéressant compte rendu qu'il nous a laissé de son voyage au Guadarrama^ le docteur Valéry Meunier a parfaitement étudié les conditions au milieu desquelles se développaient ces fièvres des montagnes, conditions qu'il a très-bien ramenées aux causes particulières qui donnent naissance au miasme paludéen : « On serait tenté, dit-il, de croire que des terrains composés essentiellement de roches dures, imperméables, ne pourraient donner lieu à des évaporations ou à des exhalaisons considérables ; mais c'est précisément le contraire, et il n'y en a peat-ôtre pas où tous ces phénomènes se produisent avec plus d'intensité. D'abord, la plus grande partie de ces masses granitiques n'est pas homogène ; des feldspaths décomposés, des schistes micacés et argileux, alternent souvent avec les noyaux les plus durs; puis leur surface tour- mentée et anfractueuse est ordinairement recouverte d'une couche terreuse, d'épaisseur variable, provenant de la décomposition du granit lui-même ou des schistes altérés et friables. Il en résulte que les eaux qui tombent pendant la saison des pluies sont absor- bées en grande quantité; rencontrant une couche dure et imperméable, elles sont retenues stagnantes dans les anfractuosités, et constituent pour la saison des chaleurs une rése/ve presque inépuisable d'évaporations. » Cette influence d'un sol granitique et schisteux fut surtout appréciable dans les cir- constances suivantes : « De Madrid à l'Escurial il y avait une section exploitée de 50 kilomètres ; elle avait son personnel d'agents : sur la première moitié de la section, il n'y eut que peu ou point de malades; dans la seconde, au contraire, depuis Torrelodones jusqu'à l'Escurial, la fièvre frappa tout le personnel, à peu d'exceptions près. Toutes les conditions tenant au personnel et au service étaient analogues; les phénomènes météorologiques l'étaient aussi : même exposition, môme température; ce qui différait, c'était la constitution du sol, diluvien et sablonneux jusqu'à Torrelodones, mais qui, à partir de là, devient grani- tique et schisteux; la ligne de démarcation a été aussi nette au point de vue sanitaire^ qu'elle l'est au point de vue géologique. Il n'est pas possible d'imaginer une disposition expérimentale plus probante que celle-là. » Valéry Meunier, Compte rendu d'une mission médicale au Guadarrama, Paris, 1863. G. L.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21055373_0020.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)