Traité des maladies de la moelle épinière / par J. Dejerine et André Thomas.
- Joseph Jules Dejerine
- Date:
- 1902
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Credit: Traité des maladies de la moelle épinière / par J. Dejerine et André Thomas. Source: Wellcome Collection.
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![de la périphérie vers le centre: les orteils d'abord, puis le pied, la jambe, enfin la cuisse recouvrent leur motilité et leur sensibilité, et en quelques jours l'état normal est revenu. En somme, la commotion n'est que la suppression momentanée de toutes les fonctions médullaires. On la produit facilement chez la grenouille en percutant le rachis un certain nombre de fois. L'animal présente alors pendant quelques secondes une résolution complète des membres. Formes. — Suivant l'intensité du traumatisme, suivant son point d'application, la commotion médullaire est généralisée ou localisée. Localisée, elle ne frappe que les membres supérieurs, ou les membres inférieurs et les sphincters. Généralisée, elle s'étend à tout le domaine innervé par les nerfs spinaux. ÉVOLUTION, PRONOSTIC. — Le plus souvent, les phénomènes de commotion médullaire sont bénins. Mais parfois ils peuvent entraîner la mort rapide et en quelques heures. Enfin, il faut tenir compte de la possibilité de l'évolution ultérieure d'une maladie organique du névraxe. DIAGNOSTIC.— La commotion médullaire a singulièrement perdu du terrain depuis que Charcot et ses élèves ont montré que beaucoup de faits considérés jadis comme commotion médullaire, en particu- lier les maladies consécutives aux accidents de chemin de fer [railway-spine)^ appartiennent à Thystéro-traumatisme. Il faudra donc toujours songer à la possibilité d'une hystérie simulatrice, et recher- cher systématiquement les stigmates de la névrose, surtout en pré- sence de paralysies, de contractures post-traumatiques. ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — On peut reconnaître plusieurs groupes de faits. Parfois l'autopsie faite avec le plus grand soin ne révèle aucune lésion, ni à l'œil nu ni au microscope. Avec les pro- cédés actuels d'investigation, ces faits deviennent cependant de plus en plus rares. Les ruptures vasculaires, les extravasats sanguins sont des plus fréquents d'après Gussenbauer, Wagner et Stolfer; la rupture des gros vaisseaux serait exceptionnelle. Parfois il s'agit de foyers d'hémorragie assez étendus (un demi-pouce [Savory]), parfois d'hé- morragies capillaires, d'une véritable inondation du tissu nerveux par les globules sanguins exlravasés (Gull, Bastian, White, Chipault). Schmaus insiste sur la nécrose des cylindraxes, fait le plus fréquent et le plus important, tandis que la myéline resterait intacte; Bickeles, par contre, voit dans le processus une névrite traumalique, dégéné- rativc. Kirchgasser a décelé, par la méthode de Nissl, dans les cellules ganglionnaires de la substance grise, une raréfaction des](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21174970_0074.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)