Les oeuvres de Pierre-François-Bénézet Pamard, chirugien et oculiste, 1728-1793; un contemporain de Daviel / éditées pour la première fois d'après ses manuscrits par son arrière-petit-fils Alfred Pamard et P. Pansier.
- Pierre-François-Bénézet Pamard
- Date:
- 1900
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Credit: Les oeuvres de Pierre-François-Bénézet Pamard, chirugien et oculiste, 1728-1793; un contemporain de Daviel / éditées pour la première fois d'après ses manuscrits par son arrière-petit-fils Alfred Pamard et P. Pansier. Source: Wellcome Collection.
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![Son (ir-sintoresscmcnt connu no contribua pas moins cà la dis- tinction (fii'il reçut de la part do l’Administration, que sa con- diiite envers les liabitans. Jamais les tribunaux n’eurent à juger aucune aifaire d’intérêt entre lui et ceux qu’il avoit servis. Il é])ronvoit même une peine cpi’il ne put jamais surmonter en ri'cevant le j)rix que les riches mettoient à ses services ; aussi ])lusieurs d’entre eux, profitant des dispositions de son cœur, la Ini é])argnèrent volontiers. Il n’en fut pas moins poli et empressé à leur égard, car ce (pi’il aimait le plus dans son état, c’étoit moins les émolnmens qu’il en retiroit, (jue le bien qu’il le mettoit dans le cas do faire. « Ne ressemblons point, disoit-il, ?» ces « liomnu's avares et durs, dont l’argent seul est le mobile, rpii « semblent l’avoir mis à la place de leur cœur, et rpii, froids « comme ce A il métal, ne comptent leurs services c[ue par les <( sommes (pi’ils en ont retirées : s’ils donnent la santé d’une « iuain, de l’antre ils abrègent la durée de la vie, en arrachant « aux juallieureux les moyens de la soutenir. » Je n’ai encore parlé que défaits dont la notoriété est publique ; eu \ oici (pii, pour être moins connus, ne méritent pafe moins de trouver ici leur place. Combien d’hommes se croient dégagés de tout (piand ils ont rempli certains devoirs extérieurs, ejuand ils ont satisfait ti (pielques obligations de leur état, et qui se livrent ensuite îi leurs amusements, ;i leurs plaisirs, pour se dédom- mager de leurs fatigues. Celui dont je parle ne fut point de ce nombre ; est-il de retour chez lui, il ne s’y dérobe îi personne, tous ceux qui ont besoin do lui ])euvent se présenter, jamais il no se croit c[uitte de son ministère. On le trouve au dedans ce (pi’on l’a vu au dehors. Qui jmt jamais s’apercevoir d’aucune humeur, d’aucun signe d’impatience ? ;i quel malade refusa- t-il scs secours et ses consolations? ;i qui ne permit-il pas de lui dire les choses nécessaires et celles (|ui ne l’étoient pas ? il faut pourtant en convenir, rien n’est plus propre :i fatiguer les gens d’étude. Pour lui, il écoute avec politesse, avec intérêt même, les consultans les plus discoureurs ; il se complaisoit même dans ces scènes cjui eussent été fastidieuses et accablantes pour tout autre, parce (|ue, disoit-il, « j’ai souvent mieux surpris, « deviné la nature dans l’exposé simple et fidelle d’un malade, « que dans de longs mémoires ;i consulter, faits par des gens « qui, cpuoiipie habiles d’ailleurs, étouifent ({uobpiefois la vérité « et la font disparoître sous leurs jiréventions ou sous le voile de <( mots dont ils croient devoir la l'cvêtir. » En elîet, rien n’égaloit sa pénétration et sa sagacité ; il avoit ce ([u’on appelle le coup d’œil d’une justesse et d’une promptitude singulières. Une étin-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28039129_0430.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


