Les oeuvres de Pierre-François-Bénézet Pamard, chirugien et oculiste, 1728-1793; un contemporain de Daviel / éditées pour la première fois d'après ses manuscrits par son arrière-petit-fils Alfred Pamard et P. Pansier.
- Pierre-François-Bénézet Pamard
- Date:
- 1900
Licence: In copyright
Credit: Les oeuvres de Pierre-François-Bénézet Pamard, chirugien et oculiste, 1728-1793; un contemporain de Daviel / éditées pour la première fois d'après ses manuscrits par son arrière-petit-fils Alfred Pamard et P. Pansier. Source: Wellcome Collection.
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![la déférence d'un enfant. Ses sentiments pour lui étoient aussi délicats c[ue vifs. Je no me rappelle jamais sans attendrissement une scène dont j'aime à retracer le souvenir. Mon grand-père, accablé par les ans, alloit terminer sa carrière ; sa fin étoit colle dii sage, son air étoit calme, son lit de mort n’inspiroit d’autres sentiments (jue le regret que nous avions tous de le perdre ; assis au milieu de nous, i)artageant nos soins et notre tristesse, mon père prend ses crayons, ses pinceaux, il trace rapidement le portrait du mourant, et semble vouloir ainsi s’efforcer de le disputer à la mort. La sensibilité du peintre on doubla le talent, jamais on ne vit de portrait plus fidèle. Cette ébauche existe encore. Je la conserve comme un double monument de tendresse et de piété tiliale (1). 11 fournit de plus une preuve do l’aptitude de M. Pamard pour les arts. 11 étoit fait pour les connoitro tous, il se fi'it distingué éga- lement dans tous, mais il sacrifia tout à son état. Ce ne fut (]ue par occasion qu’il fit quelques pièces de vers de société. La grâce, le naturel, la vivacité qui y régnent attestent qu’il pouvoit asjû- ror à ])lus d’un genre de gloire. Doué d’un cœur sensible et de beaucoup d’esprit, il devoit na- turellement être aimable. Sa conversation étoit animée, variée, agréable, elle rendoit sa société aussi intéressante que sa i>er- sonno étoit estimable. Sa franchise, sa loyauté lui firent des amis ([u’il paya du i)lus sincère retour. Fidèle envers eux, il ne l’étoit ])as moins envers Dieu : il le chercha do bonne foi, le trouva et l’aima dans toute la sincéiàté de son âme. Lu génie heureux, des talons distingués dans son art, l’usage ([u’il eu sut faire, des connoissauces variées, une sensibilité tou- cbante, un ardent amour pour la vérité, des ([ualités aimables, tels furent les titres sur lesquels M. Pamard fonda sa réputation et la célébrité dont il jouit. Pour faire aux hommes tout le bien (ju’il leur souhaitoit, il lui inamqia du loisir et une plus longue vie. Peu content do les avoir servis de toutes ses facultés, il Aouloit encore leur être utile après sa mort. 11 avoit ramassé une foule d’observations intéressantes ([u’il se proposait de publier un jour. Pendant les dix dernières années de sa vie, il s’occupa sans relâche d’un ouvrage qu’il aiu'oit pu finir s’il avoit pu s’as- treindre à aucune règle ; mais son esprit, fécondé par le souvenir de sa longue prati([uo, par ses méditations, ses veilles, par son amour pour riuunanité, lui fournissoit des idées en telle abon- dance, qu’il perdit de vue le terme où il devoit s’arrêter. 11 avoit projetté d’écrire un seul volume et déjà il avoit assez de matériaux (1) Son arrière petit-fils la conserve de même.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b28039129_0436.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)