Histoire de la chirurgie en Occident depuis le VIe jusqu'au XVIe siècle et histoire de la vie et des travaux d'Ambroise Paré.
- Joseph-François Malgaigne
- Date:
- [1870]
Licence: Public Domain Mark
Credit: Histoire de la chirurgie en Occident depuis le VIe jusqu'au XVIe siècle et histoire de la vie et des travaux d'Ambroise Paré. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by the Harvey Cushing/John Hay Whitney Medical Library at Yale University, through the Medical Heritage Library. The original may be consulted at the Harvey Cushing/John Hay Whitney Medical Library at Yale University.
342/358
![de signaler toujours le rapport des anciennes éditions entre elles et avec la mienne. § XXI. — ]>e l'orthographe d'Ambroise Paré. Il ne s'agit pas'ici de l'orthographe que notre chirurgien pouvait mettre à son écriture ; d'abord c'est en vain qu'on en chercherait quelque manus- crit dans les bibliothèques de Paris ; et ensuite la question serait d'une bien maigre importance. Mais ce qui est plus essentiel, c'est de savoir de quelle manière s'écrivait la langue française à son époque ; et en effet il fallait bien nous faire à nous-même une série de règles, une sorte de gram- f maire, pour assurer le texte et l'orthographe de notre édition. Au premier abord la difficulté semblait facile à vaincre; prendre une édi- tion du temps, la copier exactement, dût-on imiter çà et là jusqu'à ses fautes d'impression, c'était un secret fort simple. Mais à quelle édition arrêter son choix? Et si celle-là par hasard présentait une orthographe moins heu- reuse qu'une autre à certains égards, bien que plus satisfaisante sous d'autres rapports , ne resterait-il pas des regrets ? Je voulais reproduire exactement le texte de Paré ; mais en présence des nombreuses variétés d'orthographes que je rencontrais dans les treize éditions originales, je voyais un avantage réel pour le lecteur à adopter celle qui se rapprocherait le plus de la nôtre. Je fus bien étonné d'apprendre que nul de nos gram- mairiens n'avait songé seulement à un pareil travail, et qu'il me restait tout entier à faire. On comprend que je n'ai point l'intention de traiter ici ex professo de la matière; je me bornerai à exposer les points les plus im- portants. Dans la première moitié du xvie siècle, l'orthographe française, excessi- vement irrégulière, avait cependant pour caractères généraux de conserver les consonnes les plus dures des langues dont elle tirait ses dérivés, et d'en ajouter môme au mépris de l'étymologie. On écrivait escripre, pourtraict, susdict, vng, dont le féminin est vue. Il y avait peu ou point d'apostro- phes; peu ou point de traits d'union; pour toute ponctuation le point (.) et la barre oblique (/) tenant lieu de virgule ; pas d'accents ; enfin, dans les livres imprimés, on affectait au français les caractères gothique et italique. Par exemple , l'édition latine de Charles Estienne, publiée en 1545, était imprimée en caractères romains, avec points, deux points et virgules ; l'é- dition française fut publiée un an après, chez le môme imprimeur, en italique, sans virgules et sans deux points. Cependant, dès 1536, certaines améliorations commençaient déjà à s'introduire, mais seulement comme essais, et toujours à titre d'exceptions.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21014553_0342.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)