Histoire de la chirurgie en Occident depuis le VIe jusqu'au XVIe siècle et histoire de la vie et des travaux d'Ambroise Paré.
- Joseph-François Malgaigne
- Date:
- [1870]
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Credit: Histoire de la chirurgie en Occident depuis le VIe jusqu'au XVIe siècle et histoire de la vie et des travaux d'Ambroise Paré. Source: Wellcome Collection.
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![' ordre ce qu'il a appris, soit par les leçons, soit par les écrits d'un maître, qu'il appelle noster doctor, egregius doctor ; et comme ce livre a été écrit pour ses compagnons et ses élèves , il est probable qu'il avait pro- fessé à Salerne '. Quant à son excellent docteur, nous ne savons rien ni de son nom ni de ses écrits ; je remarquerai 'seulement que on ne sau- rait citer un autre exemple du titre de docteur donné dans des temps aussi reculés. Ce premier monument de la chirurgie moderne fit loi pendant long- temps dans toute l'Italie. » Il est notoire, dit Roland, son commentateur, que presque tous les savants se dirigent d'après ce livre ; » et Théo- doric, qui déclare mauvaise et stupide la pratique qui y est enseignée, avoue qu'elle est suivie par la plupart des chirurgiens\ Enlin il eut l'honneur, inouï pour un écrivain moderne , de servir de texte à deux commentaires : celui de Roland, déjà nommé, et celui des quatre maîtres. Maître Roland était de Parme. Un manuscrit du xv' siècle , conservé à ] la R. bibliothèque de Parme, lui donne le nom de Roland Capelluti, qui appartient également à un autre médecin de Parme qui écrivait en 1468. Quanta notre chirurgien, le même manuscrit indique qu'il avait composé sa chirurgie en 1264, à Bologne, où il était professeur3. Nous savons du moins qu'il exerça dans cette ville. Il raconte, en effet, qu'il fut appelé pour un homme de Bologne qui, à la suite d'une plaie de poitrine, avait depuis six jours une portion du poumon sortie au-dehors, etdéjà mortifiée et remplie devers; les plus habiles chirurgiens de Bologne l'avaient laissé pour mort. 11 enleva la peau autour de la plaie, de la largeur d'un ongle, réséqua la portion de poumon herniée, et le malade guérit . Quelques traits ajoutés à cette histoire nous montrent à quel prix les chirurgiens de cet âge se permettaient de semblables témérités. Roland demanda la per- 1 Quœcumque ah egregio doctorc communitcr et priratim rccepi et de cjus scriplis habere talui, nrdine in Scriplis redi'gere.... decreiii.— Prol, du second livre; voyez aussi celui du troisième. EnOn on lit dans le prologue du livre premier : Sociorum nostrorum ci illus- Irium virorum.... M operuri consuevimus, in scriplis redigere deliberala ralione consuevimus, vi curant quam a nobis reciperënt rciincrc valeùnt, — Quesnay a écrit, p. 34 des Bcchcrches sur l'orig. de la chirurgie, que Roger avait partout copié Albucasis : c'est une assertion tout- à-fait hasardée. 3 Cum pêne omnes sapienteshoc egisse noscantur. Rulundi chir. coll. cit. fol. 200, verso. — Voyez aussi Théodoric , lib. II. cap. 11. 5 Suivant Tirabosclii dont je tire celte citation, Je manuscrit, qui est du xv siècle, yorte : mille CC; après quoi on a effacé le reste de la date, qui parait avoir été ainsi mar- qué LX quarto; et on a mis en place, d'une autre écriture, 71. La date de 12Gi me pa- raît la plus probable; voyez plus bas l'article sur Théodoric. * Rolandiçhirwgia, lib.ni, cap. 25.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21014553_0036.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)