Dictionnaire de diagnostic médical : comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région / E.J. Woillez.
- Eugène Woillez
- Date:
- 1870
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Credit: Dictionnaire de diagnostic médical : comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région / E.J. Woillez. Source: Wellcome Collection.
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![collection humorale qui donne lieu à la fluctuation peut ne pas être du pus. Pour admettre qu’il y a réellement abcès, il faut donc rencontrer, comme phénomènes concomitants, ceux que l’on donne comme annonçant la suppuration ; frissons irréguliers, rémission des accidents inflammatoires, sentiment de pesanteur qui succède cà la douleur pulsative. Or, les difficultés du diagnostic viennent précisé- ment de ce que ces phénomènes font souvent défaut. La palpation ne peut d’ail- leurs s’exercer que sur un petit nombre d’organes des cavités splancliniques. Ce n’est que sur les organes abdominaux qu’elle est pratiquable; et encore tous ceux de cette cavité ne sont-ils pas accessibles à l’emploi de ce moyen. Ceux qui sont comme cachés sous le rebord des côtes (foie, rate), dans la profondeur du bassin (ovaires, utérus), ou bien entre le paquet intestinal en avant et les masses musculaires des lombes en arrière (reins), doivent augmenter de volume et se rapprocher des parois antérieures ou latérales de l’abdomen, pour que la palpa- tion, aidée de la percussion, puisse avoir une réelle utilité. On a conseillé comme moyen de diagnostic une ponction avec un trocart capillaire, qui donne issue à du pus si la tumeur ponctionnée est un abcès; mais c’est un moyen qu’on ne saurait conseiller que dans des cas exceptionnels. Il résulte de ce qui précède que c’est seulement par exception et lorsque l’on peut s’appuyer sur un ensemble rare de données diagnostiques favorables, qu’il est possible de reconnaître directement l’existence d’un abcès profond. B. Abcès superficiels. — Je comprends sous cette dénomination, pour éta- blir leurs différences, toutes les collections purulentes qui se forment ou qui viennent se montrer au niveau des téguments. Ainsi compris, les abcès superfi- ciels ou devenus tels, sont dus à une cause traumatique ou externe, ou bien à une cause interne, générale ou locale. Je mets de côté les abcès traumatiques lorsqu’ils sont localisés Irors des cavités spjanchniques, leur diagnostic étant ex- clusivement chirurgical. Je ne m’occuperai pas non plus ici d’une manière spé- ciale des abcès uniques ou multiples qui sont dus actes affections générales dont j’ai traité dans des articles particuliers. Tels sont les abcès produits par la scro- fule, la syphilis, la morve, les fièvres graves dans leur cours ou sur leur déclin, la résorption purulente et l’état général encore mal défini que l’on a dénommé diathèse purulente. Les antécédents et les symptômes concomitants suffisent or- dinairement, dans ces différents cas, pour en indiquer l’origine. On ne doit faire exception que pour la pyémie et surtout pour la morve aiguë, et le farcin chro- nique, dans lequel les abcès sous-cutanés peuvent être le seul signe de la mala- die. C’est un point de pratique cju’il ne faut pas perdre de vue, ces maladies étant de celles auxquelles on ne songe pas toujours, vu leur rareté (Vo?/. FxVrcin, Fiè- vres, Morve, Pyémie, Scrofule, Syphilis). Je ne fais que citer ces différentes conditions pathologiques; et cela me paraît suffire, car il ne faut parfois que pen- ser à une maladie pour être bientôt sur la voie de son diagnostic. On s’est appuyé sur un cerlain nombre de signes pour établir l’origine patho- logique des abcès qui font saillie sous les téguments. On a voulu distinguer ceux qui ont leur source dans les organes profonds de ceux qui occupent seulement l’épaisseur des parois des cavités splanchniques. Comme signes les plus caracté- ristiques des abcès intra-splancbniques devenus sous-cutanés, on a cité les sui- vants : 1° le reflux momentané, à rintéricur, du liquide de la collection puru- lente extérieure par la compression; 2 l’écoulement, après l’ouverture spontanée ou chirurgicale de l’abcès, d’une quanlUé de ]ms beaucoup plus considérable que la tuméfaction extérieure ne pourrait le faire supposer; iF la présence dans le pus de corps étrangers ou iVéléme)its anatomiques, visibles à l’œil nu ou armé du microscope, et provenant nécessairement d’un organe par cela même](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24991922_0012.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


