Déclaration des abuz et tromperies que font les apoticaires : fort utile et nécessaire à ung chacun studieux et curieux de sa santé / composée par maistre Lisset Benancio (Sébastien Colin).
- Sébastien Colin
- Date:
- 1901
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Credit: Déclaration des abuz et tromperies que font les apoticaires : fort utile et nécessaire à ung chacun studieux et curieux de sa santé / composée par maistre Lisset Benancio (Sébastien Colin). Source: Wellcome Collection.
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![dedans laquelle composition est demandé folium indum 1), autrement appelle malobathrum (2), au lieu duquel ilz nous substituent et mettent une foeille de feaud (3) ou de quelque au- tre arbre, laquelle foeille (4) est sans odeur et goust, suffisante à pervertir et gaster toute la composition et la réduire à telle qualité que, au lieu de conforter les membres et parties (5) du cœur, il les dissouldroit et rendroit imbecilles. Je trouve une grande folie régner entre plusieurs malades et autres, qui se fient seullement aux apoticaires sans pre- mièrement estre asseurez par les doctes médecins si les com- positions lesquelles les apoticaires tiennent préparées en leurs boutiques, ont esté (6) préparées et faictes en la presence des médecins eruditz et savantz en la cognoissance des médica- ments simples et composés (7) ; autrement les apoticaires ven- dront leurs compositions toutes corrumpues de qui pro quo (8) pour bonnes, et ne font conscience de malheureusement piller et voiler les malades, sachantz bien que ce qu’ilz met- tent en leurs compositions sont choses viles(9) et de nul pris, lesquelles portent grand dommage au corps, comme sont deux racines appellées ben et behen (10), au lieu desquelles ilz met- tent en ceste dicte composition deux racines qui viennent par les champs, et les autres à l enteur des eaux, lesquelles raci- nes subvertissent et gastentles parties nobles de tout le corps. Parquoy, veu que ces racines ben et behen ne s’apportent pas du pays d’Arménie, comme elles souloient au temps passé, les doctes médecins sont d’advis qu’on mette au lieu d’icelles la îacine de eringium (11), veu que les autres sont incogneues. (1) Feuille aromatique employée par les anciens en médecine et en cui- sine et produite par certains canneliers. Dans un autre de ses livres (L onVesme livre d'Alexandre Trallian, p. 78), Sébastien Colin, parle du folium en ces termes : « Folium simplement, en médecine, c’est ce qu’on appelle malabathvum, et croît dedans les marests d’Indie : au lieu duquel, selon Aegmette, nous usons de canelle aromatique, ou de nardus indicus comme veut Galien ». (2) MaXàj3a6pov de Dioscoride, malobathron de Pline (3) Hêtre. (4) Ed. 1, foeille. (5) Ed. 1, partie. (6) Ed. ], estees. (7) Ed. 1, composées. (8) Ed. 1, çpuili pro quo. (9) Ed. 1, villes. (10) Béhen blanc et B. rouge (V. VAntidutaire Nicolas, p. 4« arl Bffn) Ces deux racines entraient dans 1 electuaire diamoschon. ' '](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b24862666_0105.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)