Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccine : précédées d'un Essai sur la méthode statistique appliquée à l'étude de l'homme / par le dr. Bertillon.
- Bertillon, L. A. (Louis Adolphe), 1821-1883.
- Date:
- 1857
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Credit: Conclusions statistiques contre les détracteurs de la vaccine : précédées d'un Essai sur la méthode statistique appliquée à l'étude de l'homme / par le dr. Bertillon. Source: Wellcome Collection.
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![autres, et ces autres étaient le grand nombre, la mass- i de Fhumanité. D’un autre côté, la vie barbare du rest ï de l’espèce humaine n’était pas un élément de force phyy I sique, comme on le croit communément. 11 a été souveru 3 reconnu par nos navigateurs que le sauvage est moiniitfj fort que le matelot ; de sorte que, sans vouloir assurer qu ] ceux de nos hommes qui fréquentent les gymnases l’emt i portassent sur les citoyens de Lacédémone, il n’est guère 3 douteux qu’un paysan français ne soit plus robuste qu’un i ilote ou qu’un esclave romain, qui, d’après Caton, recet ! vait pour toute nourriture, kilog. 1,3 de pain (Gaspard] i t. III) (1). Si donc la supériorité physique, à une époque j de déification delà force, peut être contestée, par quel autre i point l’antiquité pourrait-elle être comparée aux temps modernes? Je vois bien qu’à l’aide de l’esclavage certaines cités ont pu s’élever en quelques siècles à un degré qu eût exigé huit ou dix fois plus de temps pour développei au même point de grandes nations. Mais il n’y a là aucune conclusion à tirer contre l’idée du progrès incessant de l’humanité dans son ensemble. Pourtant l’histoire est presque impuissante à résoudre cette question ; car sa muse, étourdie par le bruit des combats, éblouie par le luxe des monarques, a omis de (1) Si ce document est exact, il nous permet d'affirmer que l’es¬ clave romain était un être malingre et chétif. On sait en effet par mainte expérience que la force de l’ouvrier ou le travail qu’on en obtient est, dans une certaine mesure, proportionné à la quantité de nourriture consommée et à sa qualité. On sait que cette loi a été de nouveau constatée à propos des travaux du chemin de fer de Houen. Que doit-on penser dès lors de l’esclave romain qui ne reçoit que kilogr. 1,3 de pain pour toute nourriture, tandis que nos paysans consomment au moins cette quantité de pain, augmentée de légumes, de fromage, de beurre, de lait et d’un peu de viande, de cidre ou de vin, etc. Ainsi, d’après les chiffres que donne M. Payen {Des sub¬ stances alimentaires), on peut dire que le laboureur du département du Nord consomme le double de l’esclave romain.](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b2930992x_0052.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


