Contribution à l'étude du caféisme : thèse présentée et publiquement soutenue à la Faculté de médecine de Montpellier le 30 juillet 1904 / par Robert Omont.
- Omont, Robert, 1879-
- Date:
- 1904
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Credit: Contribution à l'étude du caféisme : thèse présentée et publiquement soutenue à la Faculté de médecine de Montpellier le 30 juillet 1904 / par Robert Omont. Source: Wellcome Collection.
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![Jeanne D... a 16 ans lorsque nous la voyons. De taille petite, elle inesui’e environ 1 mètre 50; légèrement cour- bée, elle marche lentement, comme involontairement, mais d’une façon saccadée. Les membres supérieurs pen- dent, les mains ouvertes, à ses côtés ; ils paraissent lui sembler lourds. La face est sans exj)ression ; le front est couid, élroit ; les yeux atones, les lèvres entr’ouvertes Les malaires et le menton saillants donnent au visage un as|ject désagréable. De temps à autre, une contraclion rapide et passagère secoue d’im brusque mouvement toute la face, comme le ferait une étincelle électi‘i(pi('. Des mou- vements brusipies, ii-i*élléchis, ne répondant à aucun be- soi::,trav(!rsent tout le corps.Soigneusement couverte, elh', nous dit .pi’elle a pres(|ue toujours froid et qu’elle ressent IVéqnemment des frissons. F]lle répond avec peine à nos (pu'slions. Sa voix est ludte, mais sa pai'ole, quelquefois rapide, mal articidée, est plus souvent lente, comme si .leanne D... ('piamvait de la répulsion ou de la paresse à s’exprinn'r. Nous la prions de se déviMir pour j)rocédei‘ à son exa- iiM'ii. Pendant c(‘ temps, sa mère nous indnjue qu’à l’usine ses compagnes ne l’aiment gjière. l’outes, nous dit-elle, s’emj)ortent facilemeni. Mais aucune n’a décolères d’une aussi grande violence, suivies de tremblements, que Jeanne.Elle serait alors incai)able de faii'e (|Uoi (|ue ce soit pendant plusieurs heures; La moindre observation provoquerait chez elle un mé- contentement extrême, alors que le plus souvent elle se- rait indifférente à tous les reproches. Chez elle, elle ne voudrait point prendre part aux soins du ménage. Son apathie serait telle qu’elle ne ferait son lit que rarement et ne nettoierait jamais sa chambre.» 11 lui sullisait autre- fois, ajoute la mère, de la remonter avec un peu de bon](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22406268_0036.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


