Traité de la radesyge (syphilis tertiaire) / par W. Boeck.
- Carl Wilhelm Boeck
- Date:
- 1860
Licence: Public Domain Mark
Credit: Traité de la radesyge (syphilis tertiaire) / par W. Boeck. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by The Royal College of Surgeons of England. The original may be consulted at The Royal College of Surgeons of England.
6/56 page 2
![port de mer près de Stavanger. A bord de ce vaisseau il s’etait trouvé des hommes débauchés appartenant à l’équipage qui cherchaieut à établir des relations avec les femmes norvégiennes de ce port et des environs. Pendant la fête de Noël cet équipage fut admis dans les réunions des Norvégiens, et plus tard les femmes norvégiennes allèrent quelquefois à bord pour rendre visite aux Russes, et par suite de ces réunonis il s’est établi des relations intimes et il est à présumer que les Russes ont communiqué leur mal vénérien aux femmes norvégiennes, car peu de temps après le départ du vaisseau plusieurs de ces femmes qui avaient cherché la société des Russes, tombèrent malades tout en cachant leur mal vénérien. Elles cherchèrent à s’éloigner du pays afin de pouvoir consulter des médecins dans des lieux où elles n’étaient point connues. Chez quelques-unes d’entre elles le mal s’était tellement invétéré que les parties génitales s’ulcéraient au point de les empêcher de marcher et en même temps la gorge et d’autres parties furent si fortement attaquées qu’elles mouraient misérablement. Les paysans voyant sette maladie extraoixlinaire et étrange lui donnèrent le nom de Rade-Syge, maladie immonde, sale, maligne, vilaine^, de l’adjetif „Rada,“ mauvais, misérable, prin- cipalement usité parmi les paysans de l’amt de la sous-préfecture de Lister). R ont parlé de la maladie rada et les personnes qui n’ont pas connu le dialecte de la province en ont formé le mot „Radesygen.“ (Voyez le dictionnaire d’Ivar Aasen). En outre des vieillards racontent qu’à la même époque à peu près un navire danois faisant le voyage des Indes-Orientales a relâché près d’Egersund d’où la maladie s’est répandue de la même manière que du vaisseau russe. Elle y fut appelée la maladie d’Egersund du nom de la ville. Dans un rapport de l’année 1776 le médecin Deegen mentionne également le vaisseau arrivé à Egersund, mais il ajoute: „On fixe, il est vrai, la première invasion de la Radesyge à cette epoque parceque c’est alors que la maladie prit tout d’un coup un grand développement et prit un caractère tranché aux yeux des habitants, mais des renseignements authentiques attestent qu’à cette époque la maladie en question était connue et qu’elle s’était communiquée aux gens du peuple depuis bien des années et principalement par l’intermédiaire des personnes qui faisaient tous les ans le vo,yage de Norvège en Hollande où elles contractaient quelquefois des affections vénériennes. Après en avoir été mal guéries en Hollande où ailleurs ces mêmes personnes apportè- rent assez de virus dans le pays ])Our en communiquer quelque chose à leurs femmes, à leurs enfants et aux autres personnes avec lesquelles elles avaient des rapports intimes.“ De ces premiers renseignements résultent deu.x faits principaux: le premier, c’est que la maladie a été introduite dans le pays par des marins; le second, c’est qu’elle fut considérée avec certitude comme une maladie vénérienne. Maintenant il s’agit de prouver que le diagnostic de ces médecins était juste. A cet effet je citerai d’abord ce que Bonnevie nous communique sur la symptomatologie. „En examinant ces malades je trouvais ordinairement chez la plupart que les parties glanduleuses de la gorge s’ulcéraient; chez quelques-uns les os du nez et du palais (ossa nasi et palatina) se trouvaient corrodés, et les extrémités supérieures et inférieuses étaient couvertes de](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b22415415_0008.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


