Volume 1
Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others].
- Date:
- 1837
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Credit: Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others]. Source: Wellcome Collection.
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![autres il ne restait que des connaissances exactes et positives, disse'mine'es et peu nombreuses, sur l'organisme; mais les me'de- cins s'e'taient famiilarise's avec les diverses me'thodes philosophi- ques; ils commençaient à re'fle'chir sur les manières varie'es dont les fonctions peuvent être e'tudie'es. Le ne'ant de tant d'hypothèses accumule'es ne tarda pas h frapper les praticiens les plus judicieux, et la me'thode expe'rimentale pre'valut enfin. Tous les regards s'at- tachèrent sur les organes, toutes les opinions vinrent puiser leurs autorite's dans l'observation de la nature; et si toutes les erreurs ne purent être évitées, si les the'ories demeurèrent imparfaites, du moins put-on trouver dans le sujet même qu'on examinait, les argumens favorables ou contraires aux doctrines e'tablies, qu'on allait autrefois puiser dans les e'crits tant de fois interpre'te's des anciens. Toutes les parties de la science et de l'art furent dès-lors suc- cessivement examine'es selon cette me'thode, dont le ge'nie de Bacon avait de'montre depuis long-temps les avantages. Hoff- mann, CuUen, StoU, Brown, envisagèrent successivement l'orga- nisme sous divers points de vue , et contribuèrent à le faire mieux connaître. Brown, il est vrai, fit abstraction du siège et presque des causes des maladies, pour ne tenir compte que de l'excès de force, ou de l'affaiblissement extérieur, qui les accompagne; mais l'observation des malades, la considération toute-puissante des re'sultats de'plorables fournis parle traitement incendiaire du plus grand nombre des le'sions des organes, les ouvertures des cada- vres, et l'influence d'une physiologie dont les progrès depuis Haller ne se i-alentissaient pas , détruisirent cette erreur. Après de longues he'sitations, il ne resta du système du me'decin e'cossais que des propositiojis fondamentales très-exactes sur les condi- tions de la vie , et des conside'rations utiles sur la ne'cessite de tenir compte de l'e'tat ge'ne'ral des forces des sujets, dans l'appli- cation des moyens curatifs de'hilltans, dont la nature mieux con- nue des inflammations visce'rales re'clame l'emploi. Maître de Brown , et e'tendant les ide'es organiques d'Hoffmann, Cullen e'tabllt sur la the'orie du spasme et de l'atonie des tissus, une docti-ine où l'appareil nerveux jouait le principal rôle. Ses travaux , prece'de's de ceux de Willis, et suivis des recherches de Bordeu, de Barthez et de Bichat, pre'parèrent les esprits à se faire enfin cette question importante : Quel est le sie'ge organique de cette puissance , appele'e nature , âme , arche'e , principe vital, qui excite et re'gularise tous les mouvemens de l'e'conomie vivante? Alors s'ouvrit une carrière nouvelle d'investigations expérimen- tales , qui eurent pour re'sultat de faire mieux connaître l'organi- sation, la texture et les fonctions de l'appareil nerveux ce're'bro- spinal ; carrière dans laquelle se pre'eipitèrent à la suite des Willis, des Winslow , des Lapeyronnie , des Vicq-d'Azyr, les Legallois , les Gall, les Cbaussier, les Georget, et beaucoup d'autres anatomistes et expérimentateurs vivans, non moins laborieux. Les principales questions e'tant résolues, les me'decins, occupe's de l'étude du sys- tème nerveux, s'efforcèrent de de'terminer les fonctions spécia- lement de'parties aux nombreuses divisions du cerveau, du cerve- let, de la moelle e'pinière, et même des divers troncs nerveux; ils pre'parèrent ainsi au diagnostic d'un grand nombre de maladies ce're'brales ou nerveuses des bases plus assure'es. Sous un autre point de vue , les travaux physiologiques de cette e'cole re'pandi- rent de vives lumière^ sur la the'orie de nos pense'es, de nos pen- chans , de nos affections; ils firent mieux connaître la nature, les causes et le traitement des alic'natlons mentales, et ramenèrent enfin la me'taphysique dans le domaine de la me'decine. Entrevue par les anciens, cultivée avec une ai'deur toujours croissante depuis les quinzième et seizième siècles , à mesure que les ouvertures des corps purent être faites avec plus de facilite', l'anatomie pathologique atteignit enfin au plus haut degré' de splendeur , et exerça sur la médecine entière la plus puissante in- fluence. J. G. Schenck , Bonet et Morgagni marquent, chez les mo- dernes, les pe'riodes principales de cette science. Après s'être bo^ne'e à exposer la nature et la gravite' de le'sions des organes , à la suite des diverses maladies, elle s'efforça de dominer la me'de- cine tout entière, et de fournir à ses classifications des bases plus solides que celles dont elle s'e'tait servie jusque là. De là les mala-1 dies vitales , me'caniques et organiques, à l'aide desquelles un no-' sographe vivant crut pouvoir reconstruire l'édifice entier de lai pathologie. Cette prétention exagérée fut vivement combattue. Oa, fit voir que les altérations matérielles des organes ne sont, comme| les désordres extérieurs et symptomatiques , ou- fonctionnels, quGi des effets, des résultats, de'terminés par la lésion des mouvemens: organiques des tissus malades. Il devenait évident dès lors qu,e' ce qu'on observait sur les cadavres, ne pouvait pas plus que ca qu'on avait noté au-dehors, chez le sujet vivant, servir de base exclusive à la classification des maladies. Au lieu de considérer] d'ailleurs les transformations de texture des organes comme des changemens qui se succèdent graduellement, en passant d'un état à d'autres, les anatomistes, livrés à l'étude des altérations cadavé-j riques, établirent souvent entre elles des distinctions arbitraires fondées seulement sur les aspects variés qu'elles présentent aux di-: verses périodes de leur durée. Hs décrivirent les productions orga-| niques à la manière des minéralogistes , lorsqu'ils traitent des^ aggrégations métalliques ou autres. Cette vue erronée qui tendait à; écarter les médecins de la considération des désordres organiques,: sous l'influence desquels s'altèrent, et la trame des tissus, et le jeu; fonctionnel des organes, produisit cependant cet avantage de por-| ter à mieux étudier les caractères anatomiques nouveaux des! parties vivantes altérées, de les soumettre à des dissections plusi attentives, à des procédés d'analyse plus exacts , en un mot de lesi faire mieux connaître. L'anatomie pathologique fit dans cette voiei d'immenses progrès ; et lorsque , ramenée à une direction plu.^ judicieuse , elle reprit sa véritable place , ses déductions furent; plus assurées, ses procédés intervinrent avec plus de certitude' dans la solution des questions pathologiques, et elle fournit enfin à! toutes les parties de la médecine des éclaircissemens plus utiles. i La chirurgie, aussi ancienne que la médecine interne , déjà] cultivée avec succès dans plusieurs parties par Hippocrate, et sur! laquelle Celse nous a transmis un si grand nombre de préceptes^ judicieux ; la chirurgie , dis-je, prit chez les modernes un essor, de plus en plus hardi. Fondée sur l'anatomie et sur l'anatomie pa-i thologique , ses progrès furent en raison de l'avancement successifi de ces deux branches des sciences médicales. Enrichie par les tra-' vaux de Paré, de Guillemeau, de Wiseman , de Marchettis, dej Rousset, de Dionis, de Petit, et enfin de l'Académie royale dej chirurgie. ses travaux contribuèrent graduellement à éclairer laj science tout entière. On s'aperçut que les organes vivans se com-j portent à l'extérieur comme dans les cavités splanchniques, et obéis-j sent, sous l'influence de tous les stimulans, à l'autorité des mêmeS] lois. L'unité de la science et de l'art contribua à la perfection de l'une i et de l'autre , et jeta sur la théorie, aussi bien que sur la théra-j peutique des lésions de tous les genres, les plus vives lumières.i Les Italiens, qu'avaient illustrés les premiers efforts tentés enj faveur de la renaissance des lettres , chez lesquels l'anatomie avait] été cultivée avec tant de succès, et qui, en compensation du tortj d'avoir proclamé les erreurs de l'iatro-mathématisme, avaientpro-| duit Lancisi, BaglÎA'i, Ramazzini, et surtout l'immortel Morgagni ;| les Italiens , si long-temps placés au premier rang, dans la carrièrei de l'observation et de l'expérience , après s'être reposés, en adop-j tant les principes funestes du brownisme , se livrèrent enfin à desj considérations plus judicieuses sur la nature et le traitement des ; maladies. Thomassini etRasori devinrent les chefs d'une école nou-' velle qui étendit au loin son influence , et substitua à la théorie de] Brown des principes avoués par la saine physiologie, concernant! les inflammations. Les Anelais se maintinrent dans les voies de l'empirisme, et semblèrent oublier Sydenham. L'Espagne médicale, ; trop peu connue au-dehors, n'ajouta presque rien aux connais-! sauces répandues en Europe ; et l'Allemagne , plus occupée de i recherches anatomiques et de travaux d'érudition, que de théo-j ries médicales, vient seulement d'apporter son contingent h cel-i le-ci, en donnant naissance au système d'Hanemann , encore trop i imparfaitement développé pour qu'on puisse porter un jugementj assuré sur .sa valeur et sur ses conséquences pratiques. Malgré tous ces travaux, entrepris sur tous les points de l'Eu-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21298634_0001_0010.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


