Volume 1
Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others].
- Date:
- 1837
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Credit: Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others]. Source: Wellcome Collection.
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![duquel ils s'agitaient depuis le renouvellement des e'tudes, et , imprimer à la plupart des sciences une forme syste'matique et re'gulière. La me'decine, entre'e une des dernières dans cette voie, y marche enfin d'un pas assuré, et, si elle doit subir encore quel- ques changemens, du moins n'est-il plus à craindre qu'elle re'tro- grade, et qu'elle oublie les règles qui doivent, dans toutes les circonstances, pre'sider à la recherche ainsi qu'à la de'monstra- tion de la ve'rite'. En portant les regards sur cette longue succession d'hypothèses, de doctrines et de systèmes qui jalonnent pour ainsi dire l'his- toire de la me'decine, depuis qu'airache'e aux. temples de la Grèce elle entra dans le domaine commun des sciences naturelles et philosophiques, un fait très-important frappe l'historien. Il consiste en ce que le plus grand nombre des the'ories , qui se sont succe'de' depuis cette époque jusqu'à nous, ont eu pour base quelques vérités plus ou moins générales , dont la démonstration devint un acheminement vers le perfectionnement de la science et de l'art. L'erreur principale des auteurs de ces théories fut con- stamment de placer en première ligne , et de considérer comme s'appliquant à tous les cas, des propositions fondées seulement sur l'étude de phénomènes secondaires, subordonnés eux-mêmes à des faits plus généraux, encore ignorés. Ne connaissant avec assez d'exactitude ni la structure des organes, ni le mécanisme de leurs mouvemens, ils crurent, tour à tour, avoir découvert com- plètement le secret de la nature vivante, alors qu'ils n'avaient qu'à peine soulevé le voile dont ses opérations sont enveloppées. Doués d'ailleurs de portées d'esprit différentes, et ne partant pas toujours, dans un sujet aussi compliqué, de la considération des mêmes faits, les médecins ont dû envisager la science sous des points de vue très-variés, et lui imprimer, à diverses époques, des formes et des directions spéciales. Mais, en dépit de ces fluc- tuations et de ces mouvemens quelquefois rétrogrades, la méde- cine a toujours été en avançant; les faits qui la concernent se sont graduellement multipliés, ont été mieux connus, et sont venus , par des elTorts successifs , prendre , dans le système général qu'ils doivent constituer, la place qui leur appartient. Les maté- riaux de théories , de plus en plus simples, générales et fécon- des, se sont ainsi accumulés, durant le cours des siècles, entre les mains de tous ceux qui ont essayé de les mettre en œuvre. C'est avec cet esprit de bienveillance que doit être étudiée l'histoire de toutes les sciences, et en particidier celle de la médecine. Chaque siècle a, pour ainsi dire, empreint cette der- nière de son caractère philosophique, et a contribué, autant qu'il était en lui, à ses progrès. Toutes les écoles , en découvrant l'imperfection des connaissances acquises avant elles, ont com- battu, ont détruit quelques-unes des erréurs adoptées jusque là; et si, en croyant donner du problème de la vie une solution plus exacte que celles qu'on possédait, elles ont embrassé de nou- velles hypothèses, on leur doit aussi cette justice de dire qu'elles ont apporté au trésor commun leur tribut de vérités nouvelles. Gloire soit donc rendue aux auteurs de tous ces travaux! ils ont, par de pénibles elforts , aplani la carrière que nous parcourons avec une rapidité toujours croissante, et, quelque défectueux que nous paraissent les systèmes qu'ils ont établis , qu'ils soient cepen- dant l'objet de nos hommages; car sans eux les obstacles qui les arrêtèrent existeraient encore, et nous ne serions pas ce que nous sommes. Comme celle de tous les peuples arrivés h la secondé période de leur civilisation, la médecine pratique des Grecs fut d'abord empirique et théologique. Mais, renfermée dans les temples, et confiée à des familles qui en transmirent, par une succession inàmédiate , l'exercice à leurs descendans, elle se perfectionna bientôt. L'observation des phénomènes morbides fut l'objet permanent de l'attention de ces premiers médecins, et les maté- riaux qu'ils rassemblèrent, coordonnés par Hippocratc, servirent ensuite de base primordiale aux travaux de ce grand homme. Dé- crire avec exactitude , clarté et concision , les cliangcmcns succes- sifs qui constituent le cours des maladies; signaler les sympiômcs qui annoncent l'approche des e'vacuations critiques, et qui peu- vent faire prévoir la mort prochaine ou la guérison des sujets; \ tel est le but que la médecine pratique s'efforçait alors d'at- 1 teindre. L'art du pronostic était spécialement tenu à honneur. 1 Dans l'impuissance oii ils étaient fréquemment d'arrêter la marche \ des accidens, les praticiens voulaient au moins montrer qu'ils en i connaissaient la gravité, et que, dans les cas d'insuccès, on : devait accuser, non leur ignorance, mais l'intensité insurmon- ' table du mal. j Une théorie imparfaite vint graduellement étayer ces premiers ] résultats de l'observation et servir de guide à la thérapeutique. \ A l'époque d'Hippocrate, on croyait que l'homme est animé d'une ! force intérieure, active, conservatrice, qui lutte contre les i causes matérielles des maladies, et les déti'uit, ou succombe j vaincue par leur puissance et leur ténacité. Les humeurs mor- \ bifiques avaient, selon cette opinion, besoin d'être d'abord éia- j borées , et ensuite expulsées de l'organisme. De là la division de ! la durée des maladies en périodes de crudité, de coction et de ; crise ; de là le respect profond des asclépiades pour les efforts de ' la nature, et leur crainte extrême de les troubler ; de là, enfin, 1 la thérapeutique peu active qu'ils employaient, et qui avait pour ; objet, si l'humeur raorbifiqae n'avait pu être évacuée durant les j premiers jours des maladies, de ménager les forces des sujets, i d'attendre la manifestation spontanée des crises , et de favoriser, i selon les cas, à l'aide des purgatifs, des sudorifiques ou des diu- j rétiques, les évacuations qui devaient les constituer. La saignée, : et les autres médications évacuatives ou révulsives, n'étaient guère \ employées qu'afin de remédier à la violence excessive de quel- ' ques symptômes, ou à des complications dangereuses, suscep- i tibles d'entraver le cours régulier des affections morbides , que, | dans les cas ordinaires, on abandonnait à elles-mêmes. j Bornés à des observations extérieures, et par conséquent super- ; ficielles et incomplètes, soit pendant la santé, soit durant les ] maladies, les premiers observateurs ne pouvaient qu'épier les J mouvemens de l'organisme , et s'efforcer de favoriser ou de com- i battre leurs résultats , selon qu'ils semblaient devoir être heureux ! ou funestes. La médecine des symptômes était la seule qui fût à i leur portée. La timidité thérapeutique, dont on accuse les asclé- j piades et Hippocrate, était justifiée par la crainte de nuire; et, ' dans des maladies dont ils ignoraient la cause organique aussi ; bien que la nature intime, la prudence leur imposait l'obliga- , tion de réprimer incessamment cette ardeur qui nous porte à ! prescrire, afin d'abréger les maux dont nous sommes les témoins, \ les remèdes les plus actifs. | Moins circonspects, sans être plus éclairés, les membres de j l'école de Cnide suivaient des erremens opposés. Les médicamens j les plus énergiques, et surtout les drastiques, étaient fréquem- 1 ment employés par eux avec une telle hardiesse , que l'antiquité | leur reprochait déjà de brusquer le cours des maladies, de trou- ^ hier les mouvemens salutaires de la nature, et de multiplier \es j victimes par leur témérité, en voulant opérer de vive force des guérisons qui auraient eu lieu plus sûrement s'ils avaient laissé à ^ des crises heureuses le temps de se manifester. j Mais cet empirisme prudent des uns, et hasardeux des autres, \ ne pouvait satisfaire les philosophes qui s'emparèrent alors, d'une \ manière de plus en plus exclusive, de l'enseignement et de la \ pratique de la médecine. Les axiomes d'Hippocrate, relativement à l'importance des jours impairs, à la succession des périodes mor- ' bides, à la détermination des époques critiques, se trouvaient j sans doute fréquemment démentis, sous rinfluence de traifemens ' autres que ceux dont le père de la médecine avait établi les i bases, et qui commencèrent successivement à se répandre. La j théorie des causes niorb'fiques humorales était trop simple, trop J restreinte, trop imparfaite, pour pouvoir servir de guide dans | l'étude de la science et dans la pratique de l'art. Elle n'était ij pas d ailleurs en harmonie avec les hypothèses qui agitaient les j esprits , relativement à l'organisation de l'univers, à la composition des corps, aussi bien qu'au principe caché de l'infatigable acti- vité de la nature. Ce fut alors qu'à défaut d'élémens puisés dans l'anatomie noi*-](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21298634_0001_0006.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


