Volume 1
Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others].
- Date:
- 1837
Licence: Public Domain Mark
Credit: Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques / par Messieurs Andral [and others]. Source: Wellcome Collection.
Provider: This material has been provided by King’s College London. The original may be consulted at King’s College London.
883/910 page 889
![petit lait ou tles eaux distillées aromatiques : les éphélides s'effacent aux appro- ches de l'hiver. S II. Éphélide hépatique ( Alibert ) ; vitiligo hepatica {Samages) ] macula hepatica (Seunet) -ylielisfuLvescens (Swédiaur) ; taches hépatiques ( chloasma, J. Frank) : altération de la peau caractérisée à son début et dans son état par une ou plusieurs taches , accidentelles , sèches, indolentes ou prurigineuses, d'un jaune pâle ou brun , développées sans causes extérieures appréciables , et dont la surlace est quelquefois turturacee. Les taches dites hèpaticjucs peuvent .se montrer sur toutes les régions du corps , mais apparaissent le plus ordinaire- ment, à la nuque , à la poitrine , sur les seins , sur l'abdomen , aux aines et a la partie interne et supérieure des cuisses. On ne les voit ordinairement à la figure que chez les femmes enceintes. La couleur des taches du chloasma, tantôt comparable au jaune-pâle des feuilles mortes de certains arbres, est quelquefois d'un jaune aussi prononcé que celui de la rhubarbe et du soufre ; chez les femmes brunes , leur teinte est toujours plus foncée. Les dimensions de ces taches sont très-variables; les unes ont plusieurs pouces de diamètre , les autres à peine quelques lignes. D'abord isolées, assez régulièrement arrondies , elles se multiplient, s'élargissent ou se réunissent en groupes plus ou moins nombreux. Alors elles forment de larges plaques irrégulières qui occupent quelquefois des surfaces si étendues , qu'au premier coup-d'œil les parties saines de la peau pourraient sembler le siège d'une décoloration morbide. Elles ne s'élèvent pas ordinairement au dessus du niveau des tégumens qui les entourent , surtout lorsqu'elles se développent sur une peau blanche et fine. Quelquefois, cependant, les points maculés parais- sent au toucher légèrement proéminens ; leur surface devient le siège d'une démangeaison qui augmente par la chaleur et l'exercice , par l'usage des liqueurs fortes. Elle est ordinairement plus vive chez les femmes et les jeunes filles aux approches de la menstruation ; elle est excitée par des impressions morales et par la chaleur du lit. Lorsque les malades ne savent pas résister au besoin de se gratter, les démangeaisons deviennent quelquefois insupportables et occasionnent des insomnies fatigantes. Quelquefois l'épiderme se fendille à la surface des taches et se ilétache en petites lamelles furfuracées ( chloasma pseudo-poi'figo , J Frank ; pityriasis versicolor, Willan) ; parfois même, pen- dant l'élé , au commencement du printemps , on voit les taches jaunes du chloasma s'étendre, devenir plus prurigineuses et prendre une teinte rouge. J'ai observé cette transformation chez des femmes qui porlaient une ou plu- sieurs taches de chloasma entre les seins. Les taches dites hépatiques ne sont accompagnées d'aucun trouble des principales fonctions, lorsqu'elles existent indépendamment de toute complication. La durée des taches du chloasma est très-variable. Je ne pense pas , toute- fois , comme M. Biett, qu'elles puissent disparaître en quelques heures ; mais, d'un autre côté, je ne leur ai jamais vu prendre un caractère très-alarmant , comme M. Alibert dit l'avoir observé. Le plus ordinairement ces taches dites hépatiques se développent sans causes connues et persistent pendant plusieurs années, si elles ne sont point combattues par des moyens appropriés. Les hommes prennent rarement ce soin , à moins qu'elles ne soient prurigineuses ou qu'elles n'éveillent dans leur esprit la crainte d'une maladie du foie. La peau des femmes y est plus exposée que celle des hommes, surtout celle des femmes blondes dont la peau est fine et délicate; on les observe rarement chez les enfans. On a vu des femmes en être atteintes pendant quelques jours seule- ment, aux époques menstruelles. Ces taches naissent et disparaissent alors sans desquammation de l'épiderme. Plusieurs pulhologistes ont désigné sous les noms de chloasma gravidarum et de chloasma amenorrhicum de semblables taches dont l'apparition avait coïncidé avec la grossesse ou avec la suppression des menstrues. On les observe aussi chez les malades atteints d'inflammations chroniques de l'estomac ou des poumons; mais non dans une proportion qui tende à établir un rapport dans leur développement. Malgré l'opinion du vul- gaire qui voit souvent dans ces taches l'indice d'une maladie de foie, il est cer- tain qu'elles coïncident bien rarement avec les affections de cet organe. En les désignant sous le nom d'éphélides hépatiques , on a créé une dénomination que repoussent a la fois la sévérité du langage et l'observation clinique ; car cette altération du pigment de la peau se développe le plus souvent chez des indi- vidus dont toutes les principales fonctions sont régulières. Plusieurs lambeaux de peau, présentant des taches de chloasma, ont été traitées par la putréfaction k l'air libre et par la macération. Sur les premiers, l'épiderme enlevé n'a pas emporté avec lui la matière colorante , qui est restée à la face externe du derme, sous la forme d'une couche brune, noirâtre ou grisâtre, facile à détacher avec le dos du scalpel; sur les autres, la matière colorante s'est partagée entre l'épiderme et le derme, à la surface duquel elle s'est présentée sous la forme d'une matière liquide, noirâtre ou grisâtre, déposée sur le sommet des papilles en couches d'une inégale épaisseur. A la surface du derme, on remarquait, en outre , une bande de couleur brunâtre que l'instru- ment ne pouvait enlever sans intéresser son tissu. Dans une autre circonstance j'ai constaté que l'épiderme, qu'on pouvait facilement enlever avec l'ongle, en petits lambeaux, était lui-même coloré en jaune sale , ou jaune terreux. On observe des taches jaunes plus ou moins analogues à celles du chloasma à la partie interne des cuisses , chez les femmes qui se servent habituellement de chaufferettes. Il reste souvent pendant plusieurs semaines des taches d'un jaune brun sur les régions delà peau pourvues de follicules, après l'application des vésicatoires ; sur les points antérieurement occupés par des plaques syphi- litiques de lèpre ou de psoriasis , par des croûtes d'impétigo, de variole, par des taches de purpura. Dans cette dernière affection la résorption du sang déposé dans le tissu de la peau explique seule les teintes variées qu'elle pré- DiCT. DE Mbdecime et de Chirurgie pratiques, sente ; dans le chloasma elles sont dues à une sécrétion plus abondante du pig- ment; la cause delà coloration des taches consécutives aux plaques syphilitiques et de psoriasis est plus complexe. Les taches hépatiques ne peuvent être confondues avec aucune autre colora- tion morbide de la peau. L'éphélide en diffère par sa teinte et par sa cause ; le lentigo,par sa forme et sa couleur rousse, coïncidant ordinairement avec une semblable coloration des cheveux. Les nœi'i, couleur café au lait, se rappro- chent singulièrement des taches du chloasma par leur teinte ; mais ils en ditiè- rent en ce qu'ils sont congéniaux et incurables : leur surface n'est jamais furfuracée ni prurigineuse, comme l'est quelquefois celle du chloasma. L'ab- sence de la teinte jaune qui le caractérise suffit pour le distinguer du pityriasis dont il se rapproche , lorsque les points affectés se couvrent de furfures. On a dit que le pityriasis ne s'accompagnait jamais de démangeaisons , et qu'elles existaient toujours dans les éphélides : c'est une double erreur. Les taches du chloasma qui se manifestent chez les femmes, peu de jours après la conception, disparaissent q lelquefois à la fin du premier mois de la grossesse avec d'autres accidens qui l'ont annoncée : mais on les a vues persister pendant toute sa durée et même après l'accouchement. Toutes les fois que ces taches existent indépendamment de toute autre alté- ration, il faut les attaquer par les bains sulfureux. Ce moyen est bien préfé- rable aux lotions émulsives , aux linimens chargés de camphre ou de borate de soude, aux pommades avec le laurier-cerise, etc. De toutes les maladies de la peau, les taches hépatiques sont peut-être celles dans lesquelles l'action salu- taire des eaux sulfureuses est le plus remarquable. Une douzaine de bains sulfureux artificiels à 3 r. , d'une heure , répétés de deux jours l'un , font quel- quefois complètement disparaître de larges taches de chloasma développées sur la peau depuis plusieurs années. On retire le même avantage des eaux sulfu- reuses naturelles; mais rien ne prouve que, dans ce cas, elles soient préféra- bles. Aux sources , on fait co'incider leur usage , à l'intérieur , avec l'action des bains, qui, seuls, amènent toujours une guérison rapide. J'ai quelquelois prescrit les extraits de douce-amère et d'aconit à faible dose pour calmer l'ima- gination inquiète des malades sur les conséquences que pourrait entraîner une aussi prompte disparition de ces taches : des considérations du même ordre doivent quelquefois engager à respecter ces dépôts pigmentaires , lorsqu'ils coïncident avec une maladie chronique de l'estomac, de l'intestin, de l'uté- rus , etc. §111. Éphélide LEMTiFORME ( Alibert ) ; cphelis lentigo; lenticula, yvi[gz\re- vaent taches de rousseur ; \eD.Ws,o (Lorry). Cet état de la peau est caractérisé par de petites taches pigmentaires, non proéminentes , d'un jaune fauve , len- ticulaires, disséminées sur la face, la poitrine, les membres thoraciques, souvent congéniales ou apparues dès l'enfance sans causes appréciables. Les taches qui le caractérisent, d'une couleur analogue à celles des poils, dimi- nuent ordinairement à l'époque de la puberté , persistent quelqnefois jusqu'à un âge avancé, et ne sont point accompagnées de démangeai.soii. Elles diffèrent des éphélides, en ce que ces dernières, développées pendant l'été sur les mains, sur le visage et d'autres parties du corps habituellement découvertes, dispa- raissent pendant l'hiver. Les premières sont accidentelles; les secondes sont persistantes , et presque exclusives aux individus dont les cheveux sont roux , les yeux d'un bleu pâle , et dont la peau des aisselles, des aines et des oreilles exhale une odeur insupportable. Après avoir soumis à la macération plusieurs lambeaux de peau tachetée de lentigo, jai constaté que la matière colorante restait presque toujours fortement adhérente au derme , lorsqu'on en détachait l'épiderme. Le lentigo n'est point une maladie. Son étude, comme celle des pigmens , rentre dans les attribu- tions de î'anatomiste. § IV. Éphélide lentiforme igkéale ( Alibert) ; ephelis ah igne ( Sauvages) ; cphelis spuria (J. P. Franck). Variété de la brûlure ; caractérisée par des taches qui se développent principalement sur la partie interne des jambes et des cuisses de femmes qui ont l'habitude , durant le froid de l'hiver, de placer sous leurs pieds des vases de terre contenant de la braise ou du charbon ardent. ( Foyez Crull're. ) § V. Éphélide scorbutique ( Alibert) ; ephelis scorbutica (Sauvages ). Taches rouges ou brunes, d une grande grande étendue , produites par le sang déposé dans la peau et quelquefois dans le tissu cellulaire sous-cutané. Ces taches in- dépendantes de violences extérieures, se montrent dans le scorbut et dans le pourpre. ( Voyez Méladermie , Purpura, Scorbut. ) ( P. Rater.) ENTROPION, s. m.; introversio palpebrarum ; de ev , en dedans , et de T^.'mu, je tourne; renversement du bord libre des paupières vers le globe de l'œil. Cette affection, ordinairement étendue à tout le bord de la paupière, n'est dans quelques cas , que partielle , et, alors , elle occupe plus spécialement la partie de ce bord qui avoisine la commissure externe; elle peut être l'effet de plusieurs causes. Elle accompagne souvent les ophthalmies compliquées de photophobie et de sécrétion de larmes acres et brûlantes, et celles qui se développent chez les individus que leur profession contraint à examiner sans cesse des objets très- petits, et qui clignent des yeux habituellement. Dans ces cas, en effet, le muscle orbiculaire des paupières irrité se contracte presque involontairement et con- vulsivement; la paupière inférieure passe au-dessous de la supérieure, et bientôt se renverse de manière à appliquer les cils dont son bord est garni à la surface de l'œil, et produire une augmentation considérable de l'irritation. Ce phénomène se fait aussi remarquer assez souvent lorsque l'œil s'enflamme à la suite de l'opération de la cataracte. 223](https://iiif.wellcomecollection.org/image/b21298634_0001_0885.jp2/full/800%2C/0/default.jpg)


